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lundi 15 juillet 2019

Au Musée Dauphinois, se tenait du 29 mars au 29 juin l'exposition "L'ivresse des Sommets" consacrée aux eaux-de-vie, liqueurs et autres breuvages des Alpes !

"Chartreuse, génépi, absinthe, gentiane, Cherry et tant d’autres, tous ces spiritueux dont la renommée dépasse largement nos frontières, sont nés sur ce territoire et résultent d’une alchimie de la flore alpine et de savoirs ethnobotaniques hérités de longue date. Les systèmes productifs - monastiques, domestiques, artisanaux ou industriels - appartiennent à notre patrimoine agro-alimentaire alpin. Mais un patrimoine bien vivant puisque aujourd’hui, relancées par les sports d’hiver et le tourisme de montagne, les distilleries en Dauphiné et en Savoie constituent l’un des fleurons de l’économie régionale."


Une exposition riche et illustrée de nombreux objets de collection, vieilles bouteilles et publicités anciennes, dans une scénographie variée et colorée, illustrant le constat que "les liqueurs ont donné naissance à une riche culture iconographique et matérielle".
 
Par construction la part belle est faite à la liqueur des Pères Chartreux avec d'anciens flacons et documents promotionnels et des références à la liqueur cartusienne dans la culture populaire... "Grâce aux collections rassemblées exceptionnellement  et à la collaboration des entreprises et de spécialistes, l’exposition approfondit la connaissance de la culture des alcools, les innovations résultant de l’histoire du goût et l’évolution des modes de consommation au cours des siècles".

C'est notamment l'occasion d'en savoir davantage sur le processus de fabrication des étuis en bois de l'élixir végétal :
 
Les différentes étapes de la fabrication des étuis d'élixir
 
... et sur la datation des étuis dits "bûche de bois" pour l'emballage de liqueur de chartreuse jaune ou verte (1976).

Enfin une exposition attenante dédiée aux Jeux Olympiques de Grenoble de 1968 faisait également référence à la chartreuse via les mignonnettes spécialement conçues pour l'occasion et désormais objet de collection, plus abordables que les cuvées de VEP...
 
 
Voir aussi :



dimanche 12 janvier 2014

Les chartreuses de la Tour d’Argent

La revue Vigneron du printemps dernier consacre un article à David Ridgeway, maître sommelier du célèbre restaurant de La Tour d’Argent, et si nous le mentionnons ici c’est bien entendu qu’il y est question de chartreuse et pas des moindres !

Une table prestigieuse, d’ancestrales bouteilles
La Tour d’Argent, un des plus anciens restaurants d’Europe, ouvert en 1582, est un haut lieu du patrimoine gastronomique français. Si l’établissement est fameux pour son canard au sang, il l’est également pour la richesse de sa cave exceptionnelle.
Dans une sélection de 8 bouteilles provenant de cette dernière, parmi grands crus et anciens vintage port, David Ridgeway a choisi une très vieille chartreuse, une verte du 19ème siècle.
“Nous avons une si belle collection de spiritueux, des chartreuses de 1885, des armagnacs de 1875. Toutes ces eaux-de-vie ont gardé une minéralité incroyable, un gras, une onctuosité…”
Sur l’étiquette on peut lire :
“CHARTREUSE VERTE ANCIENNE - 1885 - Caves de la Tour d’Argent”.
Cette chartreuse verte, a minima ré-étiquetée par l’établissement, se distingue donc de la présentation traditionnelle de la chartreuse et fait mention du millésime.
 
Un peu d’histoire
L'article nous en apprend davantage sur ces bouteilles :
“Ces chartreuses ont été rentrées spécialement pour le ‘café anglais’, elles font partie de notre héritage, de notre ADN. La Tour d’Argent a toujours été attachées aux chartreuses bien avant que cela ne devienne la mode.”

Le café anglais est un lieu qui comme le millésime de ces liqueurs vertes renvoie au 19ème siècle et à son histoire, à Paris et sa vie littéraire... Lieu couru et distingué, réputé pour sa cuisine, et où les milieux artistiques côtoyaient les chefs d’états (Le dîner des 3 empereurs), le café anglais ferme en 1913 et sa cave ira enrichir celle de la Tour d'Argent.
[Merci à Philippe pour le tuyau !]

lundi 30 juillet 2012

Le Brandy CAR

Parmi les produits anciennement fabriqués par les Pères Chartreux figure le brandy CAR.

Brandy CAR, La Tarragonesa
Ce brandy est une sorte de cognac, comparable à l’eau-de-vie chartreuse commercialisée en France. CAR pour chartreux en espagnol et en catalan ; il est produit à la distillerie de Tarragone en Espagne de 1944 à 1965.
Titrant à 43,5°, il s’agirait d’eau-de-vie de vin à laquelle on ajoute du caramel et que l’on laisse vieillir deux ans. “Destilado con los mejores vinos de Espana” précise l’étiquette. On retrouve dessus le sigle CAR, comme sur les vieilles chartreuses catalanes.


Une demande bien particulière
Durant la deuxième Guerre Mondiale, l’Union Agricola, société exploitant la chartreuse à Tarragone, entre en contact avec un homme d’affaires qui émet la demande d’un spiritueux adapté au goût des consommateurs anglo-saxons. Il était question d’un brandy destiné aux soldats alliés et qui ne nécessiterait pas de sucre pour sa fabrication, du fait des pénuries.
Pour répondre à cette requête, un nouveau produit est mis au point et malgré le désistement de la commande initiale, il sera tout de même commercialisé. Breveté sous le nom de “Brandy La Tarragonense”, il devient ensuite Brandy Car.
Après le conflit, il aurait fait l’objet d’échanges avec Cuba contre des approvisionnements en sucre.

La bouteille de brandy CAR
Le bouchon est en liège, bandeau “extra” à la base du goulot.

Peres Chartreux Tarragona

[Merci à Gabriel pour ses photos !]

lundi 20 juin 2011

Eau-de-vie Chartreuse

Eh oui, certains d'entre vous ne le savent peut-être pas mais une eau-de-vie de Chartreuse conditionnée en bouteille a vue le jour en 1941 du temps où, avant Chartreuse Diffusion, la Compagnie Française de la Grande Chartreuse exploitait ces liqueurs.

Fabriquée à Aigues-vives (Gard) par Vignal et utilisée pour servir de base aux liqueurs, cette eau-de-vie n'a apparemment pas été commercialisée à grande échelle à l'époque (cf. dépliant : «La vente (dans toutes les bonnes maisons d'alimentation) est momentanément limitée.»), les Chartreux craignant d'être assimilés à des négociants d'alcool. Elle n'a finalement été mise sur le marché que vers 1990 (Cf. Chartreuse Histoire d'une liqueur – Guide de l'amateur de Michel Steinmetz chez Glénat).
Voilà ce que l'on sait sur cette fameuse eau-de-vie Chartreuse, qui reste pleine de mystère et pose pas mal de questions :
  • Pour commencer, elle a été vieillie en fût, mais combien de temps et dans quelles conditions avant d'être mise en bouteille en 1941 ?
  • Ensuite on peut se demander combien de litres ont été mis en bouteilles, et donc combien de bouteilles ont été mise sur le marché à partir des années 1990 ?
  • Et son goût...et bien cela ressemble à un vieux cognac ou un vieux marc, mais nous vous en dirons plus après une dégustation digne de ce nom !
Autres informations à signaler : en 1944 le Brandy CAR est créé par les chartreux à Tarragone qui est un équivalent de l'eau-de-vie. Signalons également la commercialisation d'une eau-de-vie de poire Williams (fruit entier) toujours en vente actuellement.
Pour finir, près de 60 ans après leur conditionnement, les dernières bouteilles présentent un bouchon détérioré et une évaporation du précieux breuvage, d'où la décision de Chartreuse Diffusion de reconditionner la fin de leur stock et de le remettre en vente avec un certificat d'authenticité.
[Article de Rodolphe, merci à lui !]