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vendredi 21 février 2020

Chartreuse, the liqueur

Parution aux Etats-Unis
Dans la suite de sa publication l’été dernier en France (nous y reviendrons au travers d’un article dédié), le très riche livre officiel “Chartreuse, la liqueur” a été traduit en anglais (mais aussi en espagnol). Cela répond ainsi à la demande de nombreux amateurs américains de documenter leur connaissance en la matière.


Pour rappel, la chartreuse jouit d’une popularité croissante outre-Atlantique, nourrie par les tendances autour des produits traditionnels et de qualité et l’intérêt pour la mixologie et les vieux flacons… Les réseaux sociaux illustrent bien cet état de fait.

Évènements de lancement
Cette parution fut donc l’occasion de plusieurs événements promotionnels en divers lieux et en association avec Frederick Wildman, l’importateur américain de la liqueur des Chartreux.

Sur la côte Ouest, une manifestation se tint au Musée américain de la reliure à San Francisco : présentation de l’ouvrage, intervention d’Emmanuel Delafon, dédicaces et rafraichissements cartusiens…


A New-York, on servit pour l’occasion un cocktail dénommé Zone de silence, en clin d’œil au panneau signalétique à proximité du monastère de la Grande-Chartreuse.
Zone de silence
1 1/2 oz Chartreuse Verte
1 1/2 oz Tisane des Moines (infusion froide de verveine, menthe et tilleul)
3 oz Tonic Fever-tree concombre
3/4 oz Jus de citron vert
1 trait de bitter of safran
via @theladybossy
Par ailleurs, le lancement canadien du livre se tenait ce mardi 18 février à Montréal, voir l'affiche.

Voir aussi :

mercredi 3 février 2016

La Chartreuse fait son cinéma (2)

Après le cinéma français, la chartreuse dans des films anglo-saxons.

Tarantino, of course
C’est le nom qui vient tout de suite à l’esprit lorsque l’on évoque le sujet et il en fut déjà question sur le blog ("Chartreuse in the USA"). En effet il y a ce fameux passage autour de la liqueur dans son film Boulevard de la mort en 2007, où Tarantino se met lui-même en scène et déclame “Chartreuse, the only liqueur so good they named a color after it.”
Pour l’anecdote, lors du tournage les shooters étaient bel et bien remplis de verte et l’une des jeunes actrices qui n’était guère habituée à ce genre de breuvage s’en trouva toute chamboulée…
On voit également une bouteille apparaître dans Inglorious basterds lors de la scène de la fusillade dans la taverne, avec une étonnante présentation puisqu'il s'agit d'une ancienne publicité pour l’élixir en lieu et place d’étiquette… En préparation des ses films le réalisateur s’était rapproché de la chartreuse, notamment afin de demander des éléments de décors pour les prises de vue.

Une femme disparaît (The Lady Vanishes) - Hitchcock - 1938
Il est bel et bien question de Chartreuse dans un film d’Alfred Hitchcock ! La scène se trouve dans Une femme disparaît réalisé en 1938. La liqueur des Chartreux n'apparaît pas à l’écran mais on la commande dans le wagon restaurant - bar du train.
A noter que dans la version doublée en français ci-dessous,  il y a juste le mot “chartreuse” et alors que dans la V.O. on entend “green chartreuse”.


[Merci à Rodolphe]
Voir aussi :

jeudi 26 février 2015

Vieilles bouteilles de VEP (1)

Les V.E.P., jaunes et vertes, tiennent une place toute particulière dans la gamme Chartreuse : de part leur Vieillissement Exceptionnellement Prolongé elles en constituent le fleuron. Leur présentation jusqu’à dans le conditionnement traduit cela, mais lancées en 1963, comme celle des autres liqueurs elle a évolué. Cet article donne des précisions pour affiner cela, en illustrant le propos de photos de flacons. Il ne sera pas ici spécifiquement question des cuvées commémoratives qui constituent encore un cas à part (et sont par nature datées).

Précision quant aux éléments de datation d’anciennes VEP

L'évolution dans la présentation de ces vieilles bouteilles se traduit par des changements des mentions sur l'étiquette, de son design mais aussi, et c'est ce qui les caractérise, par les pratiques de datation sur la contre-étiquette. On distingue plusieurs périodes...

1963 / 1975 - Mise en bouteille en l'an...
Les VEP sont lancées commercialement en 1963, l’étiquette est alors d’un design épuré et les mentions y sont réduites à leur strict minimum : "LIQUEUR FABRIQUEE A LA GDE CHARTREUSE" et la signature de Dom Garnier.
Lors de cette période, on date les liqueurs selon leur année de mise en bouteille (cf. ci-dessous) et comme par la suite il n'est pas fait mention explicitement de la durée de vieillissement.
Plus tard, vont apparaître les mentions du tirage alcoolique et le "D" sur l'étiquette. On les retrouve sur celle de la cuvée réalisée pour les Jeux Olympiques de Grenoble en 1968 (mais ce n'est pas systématique pour le "D" !). Parfois elles figurent en sur-ajout, de couleur rouge ou noire.

Les VEP sont numérotées... la plupart du temps !

Avec la création de Chartreuse Diffusion en 1970, disparaît la mention à la Compagnie française de la Grande-Chartreuse...
Bref, lors de cette première période, comme aujourd'hui c'est l'année de mise en bouteille qui apparaît sur le flacon, mais par la suite cela va changer et ainsi compliquer un peu les choses…
(A suivre…)

dimanche 8 février 2015

The drunken botanist

“Le botaniste ivre” est comme son sous-titre l’indique consacré aux plantes qui entrent dans la recette de boissons alcoolisées du monde entier. La démarche se veut didactique, à la croisée de la botanique et du savoir-vivre.
 
L’auteur, Amy Stewart, y fait preuve d’érudition en décrivant une longue série de plantes, herbes et épices divers, énumérant leurs propriétés et leur usage appliqué au domaine du bar et des préparations alcoolisées.
 
Bien entendu il y est question de chartreuse, mais pouvait-il en être autrement dans un tel ouvrage ? La liqueur des Chartreux est évoquée à multiples reprises, via l’énumération de certaines espèces végétales mais également au travers de recettes. Elle est mentionnée aux entrées correspondant aux plantes suivantes :
Mais un plus grand nombre d’espèces sont décrites comme entrant dans la composition des liqueurs à base de plantes. Un ouvrage instructif et bien présenté, mixant culture et boisson.

Voir aussi :

dimanche 25 janvier 2015

La Chartreuse fait son cinéma

Si on a déjà vu la Chartreuse dans le cinéma américain via Tarantino, elle n'en apparaît pas moins dans le 7ème Art made in France.

Razzia sur la chnouf - 1955
Dans ce film réalisé par Henri Decoin avec Jean Gabin et Lino Ventura, une Chartreuse est commandée dans un bistrot. On y aperçoit, furtivement une bouteille derrière le serveur.
 

Cet obscur objet du désir - 1977
Dans ce film de Luis Buñuel avec Fernando Rey, Carole Bouquet et Angela Molia, la Chartreuse est apprécié pour son côté “stimulant et aphrodisiaque”, dixit le major d’homme. On y voit très bien la bouteille mais ce n’est visiblement pas de la Chartreuse qui se trouve à l’intérieur.

Ma vie est un enfer - 1991
Dans ce film de et avec Josiane Balasko et Daniel Auteuil c’est le côté “fait par des moines” qui est mis en avant quand le diable en boit sans le savoir dans un cocktail et que la chartreuse lui procure un effet quelque peu indésirable... Et ici, pas de bouteille à l’écran.
 
[Article de Rodolphe, merci à lui]
Voir aussi :

mardi 30 décembre 2014

La distillerie Chartreuse va déménager

La question nourrissait les discussions en pays dauphinois depuis quelques mois, Chartreuse Diffusion vient d’annoncer l’emplacement de la nouvelle distillerie de sa fameuse liqueur.

Les raisons d’un changement
Les évolutions de la réglementation sur la production d'alcool vont contraindre les Chartreux à déménager leurs activités de distillations et de vieillissement de liqueur actuellement effectuées à Voiron et ce depuis 1935.
Étaient notamment en question les quantités des stocks liés au vieillissement et la mise en conformité du site de Voiron eut été trop coûteuse. Il n’est pas exclu de faire d’une contrainte une opportunité pour améliorer la fabrication en s’affranchissant des limites de la configuration des actuels locaux.


Une nouvelle distillerie à Aiguenoire
Aussi il est prévu de réaliser la production et le vieillissement des liqueurs dans un nouveau site, “La Grange des Chartreux” à Aiguenoire, un hameau situé sur la commune d’Entre-Deux-Guiers. Localisé à moins de 15 kilomètres du monastère de la Grande Chartreuse, le lieu accueille une grange étable des Chartreux datant du 17ème qui servait à l'approvisionnement en nourriture des moines. Il y a aussi deux étangs à l’origine utilisés par les Chartreux pour l’élevage de poissons.
A noter également que cette 5ème distillerie des Pères Chartreux se situera à quelques kilomètres seulement de l’ancien site de Fourvoirie.


Perspectives
Le site actuel de Voiron ne sera bien entendu pas abandonné pour autant : le musée, l’administration, l’embouteillage et l’expédition y resteront installés.
Les démarches liées au déménagement vont prendre du temps et la production sur le nouveau site ne commencerait pas avant 2018. Dans le récent reportage sur France 3, Dom Benoît évoque aussi le fait que ce changement sera l’occasion de moderniser les moyens de fabrication des liqueurs.

Voir aussi :

lundi 1 décembre 2014

Reportage "L'histoire secrète de la Chartreuse"

Vendredi dernier dans Enquêtes de régions Rhones-Alpes, France 3 consacrait un beau documentaire à la Chartreuse. 24 minutes sur la liqueur, son histoire et ses spécificités...
 
 
 
L'émission peut être visionnée en ligne via le lien suivant (à partir de 20 min 53) :
http://france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/emissions/enquetes-de-regions-rhone-alpes


Outre un reportage sur le lieu de production, des échanges avec les moines liquoristes, le documentaire illustre le monde des amateurs de la liqueur, l'occasion à partir de 39 min 37 de retrouver les images tournées lors de la dernière dégustation des Fous de Chartreuse en octobre dernier !

lundi 14 juillet 2014

Elixir et produits pharmaceutiques à Tarragone

Lorsque les chartreux reprennent la production de leur liqueur lors en exil à Tarragone, ils y produisent également le fameux élixir végétal. Dans leur laboratoire pharmaceutique ils fabriquèrent également d'autres produits hygiéniques et médicinaux, qu'ils exportaient également en France.

Elixir végétal fabriqué à Tarragone par les Pères Chartreux

Son histoire suit celle de la liqueur, après l'expulsion des Chartreux sa production reprend à Tarragone sous une nouvelle présentation tandis qu'en France l'appelation commerciale continue d'être exploitée par les liquidateurs. Par la suite la double-étiquette sera d'usage jusqu'au début des années 1940.

Photographie de la pharmacie de la distillerie de Tarragone, détruite par un bombradement en 1938

Autres produits hygiéniques et médicinaux

Planche de l'exposition "400 ans d'histoire"
Outre l'élixir, les plus connus sont le dentifrice de la Grande Charteuse, à 80 degrés et la boule d'acier (ou minérale) composé d'un "mélange de fer et de substances gommeuses et balsamiques". La boule pouvait être utilisée en usage externe ou en infusion, "constituant ainsi un remède tonifiant, apéritif et nullement corrosif dont les bons effets sont de plus en plus appréciés" (et nombreux à en croire les prospectus de l'époque).
Cette même pharmacie produisait "le plastron hygiénique efficace disait-on pour les maladies de la poitrine et de l'estomac ; les pastilles pectorales ; la toile souveraine, efficace pour rétablir la circulation sanguine ; la teinture anti-rhumatisante ; la pierre chartreuse ou "sel de Saturne", aux grandes propriétés curatives, tant pour les maladies des yeux comme pour les plaies de cicatrisation difficile ; les pilules anti-bilieuses, en tant que purge, et, enfin les pommades suppurantes et résolutives".

La fin de la production
Celle-ci sera bien antérieure à celle des liqueurs puisque les derniers produits pharmaceutiques élaborés furent la boule d'acier et l'élixir végétal à 68 degrés qui cessèrent d'être fabriqués en 1964. Cela s'explique notamment par les évolutions règlementaires et administratives, qui se faisaient plus contraignantes, mais également par les évolutions du marché.

Voir aussi :

dimanche 29 juin 2014

Festivités aux caves de la chartreuse

Lundi 23 juin à Voiron on célébrait les 250 ans de la liqueur verte ; ce fût également le lancement des activités estivales aux caves de la chartreuse. La journée fut en effet festive, rythmée par de multiples animations et en présence de nombreux amateurs de la région et d'au-delà.

Les caves avaient été aménagées pour l'occasion et dès l'accueil le visiteur n'avait qu'à suivre le tapis vert, longer les futs de vieillissement pour regagner le hall, les expositions et la cours où se tenait la plupart des animations...

Aperçu de quelques moments de cette journée du 23 juin qui s'est tenue dans la bonne humer et sous un soleil radieux.


Des animations tout au long de la journée : buffet convivial le midi, gâteau d'anniversaire pour les 250 ans et discours pour l'occasion, spectacles et concerts, artistes à l'œuvre et quelques rafraichissements à base de chartreuse...

La liqueur verte était bien entendu à l'honneur. On pouvait la déguster on the rocks en écoutant la musique sous le chapiteau, au stand dessert avec chocolats, guimauve et barbe-à-papa à la verte ou encore en cocktails dans la salle de dégustation qui en proposait 6 recettes.

Au final un grand merci à Chartreuse Diffusion pour cette belle journée.

Retrouvez d'autres photos sur les comptes Pinterest et Twitter du blog !

dimanche 25 mai 2014

Elixir végétal du 19ème siècle

Ancien élixir végétal de la Grande Chartreuse, antérieur à 1903 et tel que commercialisé à la fin du 19ème siècle.


On retrouve la présentation déjà caractéristique de l'élixir avec son flacon en verre, son étui protecteur en bois dans lequel est inséré un feuillet vantant ses propriétés.
 
A cette époque l'élixir titre à 68° (contre 69° aujourd'hui) et existe en différents formats (8, 12, 16 et 20cl). Dans les années 1890 le flacon de 12cl est à 3 francs, selon la grille tarifaire d'alors.
 
Sur l'étui figure un étiquette Dubonnet en sur-ajout qui précise les adresses de quatre "maisons de ventes" de la marque à Paris. Dès cette époque ce distributeur entretenait des relations commerciales privilégiées avec les chartreux...

Au fond de la bouteille reste un reliquat fort épais et sirupeux. En dégageant précautionneusement le bouchon en liège du flacon, on découvre un nez de sirop végétal. Une douce odeur de sapin à laquelle se mêlent un bouquet d'herbes aromatiques, thym et serpolet, et un coté boisé... Cela embaume !
 
Le feuillet est intitulé "Vertus et usage de l'essence végétale ou L'élixir de la Grande Chartreuse". Il porte la signature de procureur du couvent de l'époque, F. Marcel Grézier et consiste en une énumération des propriétés bienfaisantes de l'élixir. Vus d'aujourd'hui certains passages paraissent un peu désuets mais le produit existe toujours !
A noter : le document est déjà à l'époque traduit en d'autres langues, avec des encarts en anglais, allemand, italien et espagnol, signe que le produit bénéficiait d'un rayonnement important.
Pour conclure un extrait :
"Il est encore à remarquer que l'alcool qui entre dans sa composition ayant perdu toute son âcreté par une préparation particulière, il n'est pas à craindre qu'on s'en trouve incommodé, pourvu que l'on en abuse pas."
Voir aussi :

dimanche 11 mai 2014

La Chartreuse Blanche

Aujourd'hui disparue, était commercialisée jusqu’à l’aube du 20ème siècle une Chartreuse Blanche dont peu de personnes soupçonnent l’existence de nos jours. Incolore, plus douce que ses deux homologues, elle complétait la gamme au 19ème siècle. Plus fabriquée depuis plus d’un siècle, elle fascine collectionneurs et amateurs.

Une des rares images de chartreuse blanche sur internet
1/2 litre - Collection de Claudie
La liqueur blanche des Pères Chartreux
En 1838, une nouvelle liqueur voit le jour : la "Mélisse", dont le nom deviendra Chartreuse Blanche.  Privée de l’étape de coloration lors de sa fabrication, on peut spéculer sur le fait qu’elle compte moins d’ingrédients que les autres chartreuses. Elle est également la moins coûteuse selon des bons de commandes de l'époque.
 
Deux périodes sont à distinguer quant à la liqueur blanche. Elle sera initialement produite de 1838 à 1880, titrant alors 43°. Sa fabrication est interrompue quelques années pour reprendre en 1886, cette fois-ci à 37°.

Les chartreux communiquent à ce sujet via un feuillet publicitaire :
"La liqueur blanche de la Grande Chartreuse à 43° alcoolique sera désormais remplacée par une nouvelle liqueur, blanche également, à 37° répondant aux nombreuses demandes faites d'une liqueur plus douce que la précédente. Les bouteilles contenant cette nouvelle liqueur seront munies d'une étiquette blanche rectangulaire, semblable à celle des autres couleurs. Le prix de cette liqueur sera le même que celui de la précédente, soit 4 francs le litre et 2 francs 25 le 1/2 litre."
Une chartreuse mythique
Un doute subsiste quant à la date exacte de l'arrêt définitif  de sa production : 1900 ou 1903 ? Toujours est-il qu'il n'en est plus question avec l'exil des Pères Chartreux à Tarragone en 1903. Il est même parfois dit que la recette de la chartreuse blanche aurait été alors perdue…
 
Inutile de préciser que cette mythique chartreuse blanche est extrêmement recherchée de nos jours ! Pour preuve cet exemplaire provenant de la cave des héritiers Nicolas ainsi décrite dans le catalogue de la vente aux enchères :
“Liqueur de la Grand Chartreuse L. Garnier - Fourvoirie - 1 litre (bouchon chevillé, niv. 10 cm. Étiquette fanée, de couleur beige, mention manuscrite "Blanche" au bas de l'étiquette. La couleur du liquide est très clair, translucide. Capsule cassée. Flacon portant un cartouche sablé, globe crucifère et 7 étoiles.”
Et le prix de la bouteille a littéralement explosé l’estimation de 2000 euro...

3 bouteilles de chartreuse du 19ème siècle dont une blanche
Voir aussi :
[merci à Claudie !]

vendredi 28 février 2014

Dégustation 8 mars 2014

A l'occasion des 250 ans de la liqueur verte et des célébrations associées, le blog de la chartreuse aura le plaisir de vous retrouver lors d’une dégustation le samedi 8 mars aux caves Bossetti, rue des archives à Paris.
 
Une dégustation comme toujours très prometteuse orchestrée par Philippe ! L’occasion de goûter la liqueur verte sous sa nouvelle présentation aux couleurs anniversaires.
Mais aussi une nouvelle cuvée des Fous de Chartreuse, qui viendra compléter une verticale d’épiscopales, de la Tarragone verte 1979 retour d’Argentine, un atelier dégustation à base de foie gras et d'autres joyeusetés…
 
 
 
En cette occasion, le blog vous donne rendez-vous pour La Foire à la Chartreuse.
“Un mélange de vide grenier, d'échange d'objets, d'idées et de fonds de bouteilles, une sorte d'auberge espagnole où tous les Fous de Chartreuse pourront se rencontrer.”

Retrouvez le programme détaillé des festivités sur le site des caves.
 
Rendez-vous le samedi 8 mars à partir de 10h et toute la journée !

dimanche 1 décembre 2013

Pâtisserie à base de chartreuse

Nous l'avons vu la chartreuse peut servir d’ingrédient dans bons nombres de recettes de cuisine et notamment pour l’élaboration de pâtisseries et autres gourmandises.

Pâtisserie et confiserie
Comme le dit une publicité ancienne : "Toutes les recettes de soufflés, de gâteaux à la liqueur peuvent être avantageusement utilisées avec la chartreuse".

Photos issues de Tarragona blog / les Mondaines / Flower & flour
Selon des cours de pâtisserie le rôle principal des liqueurs en ce domaine est d'apporter leurs arômes aux produits. Leurs applications sont nombreuses, que ce soit dans les crèmes ou "par les techniques de flambages, imbibâges, ganaches et préparations glacés".
Ici aussi c’est d’autant plus vrai pour la chartreuse de part ses qualités gustatives et aromatiques et, dans certains cas, sa couleur.

De la chartreuse pour la cuisine

Il existe des préparations spéciales de Chartreuse, Jaune et Verte, titrant toutes deux à 70° (!?), pour usages culinaires. L’étiquette précise "Non consommable en l'état".

Plus concentrées et moins sucrées, elles sont destinées aux artisans pâtissiers, confiseurs, chocolatiers, glaciers, etc.

Photos issues de Cabinet de curiosité chartreuse / Food Reporter / Cuisine & Vanity
 Des classiques : macarons, truffes, petits choux, chantilly, mousse... à la chartreuse.

Quelques recettes joliment illustrées
De bonnes choses et de bons souvenirs
[Merci à Rodolphe]
Voir aussi :
 

lundi 8 avril 2013

Le site de Fourvoirie - introduction

Plus largement que la production de leur liqueur qui s’y tint de 1860 à 1935, le site de Fourvoirie témoigne de l’activité économique des Pères Chartreux depuis des siècles. Ils y exercèrent tout d’abord une florissante activité de métallurgie du 14ème siècle à la Révolution. La production de chartreuse, fort prospère au 19ème siècle, sera transférée à Voiron suite à un éboulement de terrain qui va détruire en grande partie la distillerie de Fourvoirie en 1935.
Retour sur le site et son histoire à travers une série d’articles dédiés.
 
 
Fourvoirie
Le défilé de Fourvoirie se situe la route du désert de la Chartreuse, entre Saint-Laurent-du-Pont et Saint-Pierre-de-Chartreuse, l’un des accès au monastère de la Grande Chartreuse. Le nom du site viendrait de « forrata via », la voie percée par les chartreux pour y accéder. Entre les rocs escarpés se nichent les gorges étroites du Guiers-mort que la route contourne désormais par un tunnel. Les environs attestent de l’activité des chartreux en matière d’aménagement et par la même de patrimoine historique.

L'activité métallurgique
Lieu sauvage et inaccessible où les Chartreux décidèrent de fonder leur ordre sur les pas de Saint Bruno en 1084, le lieu n’a pas usurpé son qualificatif de désert, inhospitalier et coupé du monde. Comprenant quelles ressources cachent ses étendues boisées et l’environnement qui les entourent, les Chartreux entreprennent l’exploitation forestière et une activité métallurgique. Cette dernière est la principale source de revenu du monastère depuis le 12ème siècle, contribuant au développement économique du Dauphiné. Les fourneaux s’arrêteront définitivement en 1792 et la Révolution Française contraint les Chartreux à fuir, abandonnant le haut lieu de leur Ordre pour trouver refuge à l’étranger.
 

Les prémisses d’une industrie
La Chartreuse, mise au point par le frère Jérome Maubec sur la base du fameux manuscrit du Maréchal d’Estrée dans le courant du 18ème siècle va devenir au cours du siècle suivant la principale source de revenu de l’ordre et connaître un développement impressionnant. La production initialement artisanale, est tout d’abord cantonnée géographiquement et fort limitée. On la fabriquait alors dans la pharmacie du monastère et on la distribuait à proximité. Avec la diffusion commerciale de la liqueur à plus grande échelle, le lancement couronné de succès de la liqueur Jaune en 1838 et la hausse de la consommation et des ventes, la fabrication prend de l’ampleur et vient troubler la retraite des Chartreux.
L’installation à Fourvoirie est la conséquence directe de cet état de fait et va permettre l’industrialisation de la fabrication et la renommée mondiale de la “reine des liqueurs”.

A suivre...
[Merci à Vincent !]

mercredi 27 février 2013

Chartreuse in the USA, suite

La chartreuse et le marché US : une histoire partagée, suite !

V.E.P. bicentennial 1776-1976
A grandes occasions des cuvées spéciales d’exception ! Encore un exemple avec cette chartreuse V.E.P. commémorative qui n’est pas destinée à une tête couronnée mais en l'honneur du bicentenaire de l'indépendance des États-Unis. “Special limited edition to honour the 200th Anniversary of the American Independance” A very sought-after edition !

The Swampwater
Déjà mentionnée dans le cabinet de curiosité du blog, il s’agit d’une campagne publicitaire des années 1970’s autour d’un cocktail du même nom : chartreuse verte, jus d’ananas et citron vert. Le swampwater est illustré d’une figure de crocodile, servi dans un récipient particulier et fit l’objet d’une large diffusion. On dénombre de multiples publicités et produits dérivés. La campagne se traduisit par une forte hausse des ventes qui ne fut toutefois guère pérenne, le produit devant subir une certaine désaffection dans les années 1980.

Mister Tarantino & Co 
Véritable aubaine marketing, la séquence du film Le boulevard de la mort. Voir ! Une scène, une tirade “The only liquor so good they named a color after it” et des verres à shooter vidés d’un trait ! Pour l’anecdote il s’agissait bel et bien de chartreuse verte et certains figurants la sentirent passer ! Peu après rebelote avec les ZZ Top qui consacrent un titre à la liqueur dont ils sont tombés sous le charme. “Chartreuse, you got the color that turns me loose”. Anyway, sacrés coups de pouce en terme de visibilité grand public !

Cocktails and the bartending culture
Pourquoi un tel succès de la Chartreuse aux Etats-Unis ? Cela est en fait plutôt logique, les ingrédients de l’équation sont réunis : qualité du produit, riche histoire, présentation caractéristique... auxquels s’ajoutent aux USA la touche exotique (frenchy, monacal et ancestral !). Et enfin un contexte propice, une culture cocktail qui se démocratise via le web. Et ceci n’est pas fini !

Pour conclure, ne résistons pas au plaisir de citer à nouveau le mot d’esprit de frère Jean-Jacques qui eut cette réponse percutante lorsque quelque interlocuteur nord-américain lui demanda quels ingrédients entraient dans la recette secrète : «hamburger et fromage de chèvre» !

Voir aussi

lundi 11 février 2013

Chartreuse in the USA

En ce qui concerne la Chartreuse, les Etats-Unis ne sont pas un marché comme les autres !

The United States of America
Le pays compte parmi les premiers marchés au monde pour la chartreuse à l’export et la croissance des ventes y est depuis quelques années très marquée !
Seulement celle-ci est présente de longue date aux US : au XIXème siècle la liqueur y disposait déjà d’un importateur et déjà à l’époque on en faisait un ingrédient de cocktail ! J.P. Morgan en était un illustre amateur... La presse anglo-saxonne compte dès le début du XXème siècle de nombreuses publicités pour la liqueur des Chartreux. Fait notable le pays a connu la prohibition de 1920 à 1933, période durant laquelle la production, vente et consommation d’alcool étaient interdites !

Sole agents in the U.S.
Un certain nombre d’importateurs se sont succédés, on retrouve leurs noms sur de vieilles bouteilles : Jos F. Boll, Bätjer, Schenley Import Corporation, Schieffelin & Co, James C. Sussex, 21 Brands Inc... et désormais Friederick Wildman ! Cette liste n'est peut-être pas exhaustive, infos complémentaires bienvenues ! Ces sociétés étaient implantées à New-York, à l’exception de Sussex.
Voici ainsi retracée une partie de l'histoire de la liqueur des Chartreux outre-Atlantique :
Jos F. Boll au 19ème siècle
Bätjer (pré-prohibition) puis, à partir des années 1930, Schenley
 
Schieffelin, sur plusieurs décennies, puis Sussex
Cette multiplicité ce traduit par de nombreuses variantes de contre-étiquettes, de multiples mentions parfois rocambolesques (Artificial Color Added, imbroglio autour de Tarragone...), sans compter les stamp-tax de différents états ! Avis aux collectionneurs.

Enfin l’élixir végétal n'est pas distribué aux US car jamais sa recette ne fut transmise à l’administration concernée, vraisemblablement la FDA. Autant dire que ce n’est pas un oubli. So secret !

A suivre...
Voir aussi

dimanche 9 décembre 2012

La Chartreuse à l'international

La chartreuse est un produit qui possède une dimension mondiale. On en déguste sur tous les continents. Aux quatre coins du globe, on la trouve à la carte de bars, dans de grands restaurants, dans les aéroports, parmi les ingrédients de cocktails branchés, dans la culture populaire...

La Chartreuse s’exporte
La France est exportatrice de liqueurs, ses produits se voyant associer une image d’excellence et de tradition en la matière. Pour la chartreuse, sur le million de bouteilles produites, les exportations représentent environ 50 % du volume de ventes. Elle est commercialisée dans une soixantaine de pays, auxquels s’en rajoute une quarantaine d’autres, de façon plus ponctuelle.

Imported very, very, carefully
Les principaux marchés
L’Espagne et les États-Unis se disputent désormais la première place à l’export grâce à l’augmentation des ventes aux USA depuis 3 à 4 ans. Arrivent ensuite l’Australie, l’Allemagne et le Mexique, enfin un certain nombre de pays avec des volumes du même ordre de grandeur comme l’Italie, la Grande-Bretagne ou le Canada. On peut en acheter également en Australie ainsi quand Nouvelle-Zélande où les ventes sont en plein boom.

Les Etats-Unis
Au XIXème siècle la Chartreuse avait déjà un importateur aux États-Unis et aujourd’hui c’est un marché en forte progression (+30% en un an !). Comme en France la Verte y est plus courante !
Remise au goût du jour par le film Le Boulevard de la Mort de Quentin Tarantino, et plus récemment par les ZZ Top, elle est surtout de plus en plus utilisée là-bas pour la réalisation de cocktails ! Bartending culture, recettes rétro et mode des fameux mixologists.

Le marché espagnol
C'est un cas particulier puisque la liqueur y fut produite de 1904 à 1989, la fameuse Chartreuse de Tarragone ! Après avoir culminé jusqu’au début des années 70, les ventes ont diminué régulièrement jusqu’à la fermeture de l’usine en 1989. Depuis le réseau de distribution a été réorganisé et les ventes de la liqueur made in Voiron ont bien repris, portées notamment par les fêtes annuelles de la Santa Tecla ! La Chartreuse Jaune y est nettement plus appréciée que la Verte !
[Merci à Rodolphe !]

jeudi 21 juin 2012

Les boites de Chartreuse

Comme c’est le cas pour certains spiritueux, les bouteilles de Chartreuse sont parfois vendues dans une boite cartonnée, désormais argentée en ce qui concerne la Jaune et la Verte. Pour certains modèles, comme la M.O.F. ou la liqueur du 9ème centenaire , cela est systématique et avec un design spécifique. En terme de spiritueux, la présentation en boite est souvent synonyme de positionnement haut-de-gamme et de façon plus ponctuelle on trouve des boites métalliques.


Élément de packaging et moyen de différenciation dans les rayons des points de vente, il se décline aux couleurs du produit. Comme toujours il y a des variantes selon les pays et marchés concernés, sans parler de Tarragone ! A travers d’anciens modèles de Chartreuse c’est l’occasion de constater l’évolution de son graphisme au fil des époques...

En ce qui concerne la Chartreuse, on peut aussi y voir un moyen de protéger la liqueur en vue de sa conservation, celle-ci s’effectuant à l’abri de la lumière pour un meilleur vieillissement. Traduction de ce constat, les V.E.P. sont quant à elles vendues dans une caisse en bois unique, protectrice et apte à résister aux assauts du temps !

Voir aussi :

dimanche 20 novembre 2011

Les verres Chartreuse

Le verre joue un rôle primordial dans la dégustation de la liqueur et c'est particulièrement vrai en ce qui concerne celle des Pères Chartreux. Pour vous en rendre compte je vous invite à faire le test suivant : goûter une Chartreuse dans un shooter et ensuite dans un verre à dégustation, la différence est éloquente !
La meilleure façon de déguster la Chartreuse est donc de le faire dans un verre de type Cognac/Brandy, à col resserré pour concentrer l'arôme. Mais il existe bon nombre d'autres types de verres pour apprécier la Chartreuse, seule, ou en cocktail.

Au début des années 1980 le verre tulipe, ci-dessous, a été découvert dans le catalogue de la Verrerie Royal Leerdam en Hollande et adopté par Chartreuse Diffusion. Il a paru idéal pour déguster la liqueur fraîche, et non comme un cognac, en réchauffant le verre dans sa main. En effet le bulbe sous le verre empêche de faire ce geste.

Au début des années 1990 un grand sommelier a recommandé à Chartreuse diffusion l’utilisation d’un verre à liqueur de la prestigieuse maison Spielgelau car selon lui idéal pour la dégustation de la Chartreuse Jaune. Le but étant d'obtenir une confirmation mutuelle des sensations aromatiques au nez et à la bouche. Ce verre tulipe est devenu une référence pour les amateurs de Chartreuse. Récemment ce modèle a été repris pour le coffret MOF, personnalisé avec la gravure des 7 étoiles.
Évidemment les verres sont également un bon support publicitaire dans les bars et les restaurants mais nous en reparlerons dans un prochain article.

D’autres modèles de verres
Granity :
Utilisé pour les cocktails tel que le Chartreus’ito et le Chartreus’ina.
Contenance : 35cl
Swampwater :
Conçu pour un cocktail aux USA dans les années 1970 dans le cadre d'une campagne publicitaire dédiée. (Voir dans la galerie)
Recette :
1 part 1/2 de chartreuse verte, 6 parts de jus d'ananas, le 1/4 d'un citron vert et de la glace.

Shooters:
Pour conclure cet article il faut savoir qu’il y a bien sûr beaucoup d’autres verres Chartreuse, dont une flûte à champagne réalisée à l’occasion des jeux olympiques de Grenoble en 1968 et un verre de type whisky sorti dans les années 1970 qui apparaît sur les boîtes des Chartreuses Tarragone de l’époque.

Voir aussi:
[Article écrit par Rodolphe]

lundi 20 juin 2011

Eau-de-vie Chartreuse

Eh oui, certains d'entre vous ne le savent peut-être pas mais une eau-de-vie de Chartreuse conditionnée en bouteille a vue le jour en 1941 du temps où, avant Chartreuse Diffusion, la Compagnie Française de la Grande Chartreuse exploitait ces liqueurs.

Fabriquée à Aigues-vives (Gard) par Vignal et utilisée pour servir de base aux liqueurs, cette eau-de-vie n'a apparemment pas été commercialisée à grande échelle à l'époque (cf. dépliant : «La vente (dans toutes les bonnes maisons d'alimentation) est momentanément limitée.»), les Chartreux craignant d'être assimilés à des négociants d'alcool. Elle n'a finalement été mise sur le marché que vers 1990 (Cf. Chartreuse Histoire d'une liqueur – Guide de l'amateur de Michel Steinmetz chez Glénat).
Voilà ce que l'on sait sur cette fameuse eau-de-vie Chartreuse, qui reste pleine de mystère et pose pas mal de questions :
  • Pour commencer, elle a été vieillie en fût, mais combien de temps et dans quelles conditions avant d'être mise en bouteille en 1941 ?
  • Ensuite on peut se demander combien de litres ont été mis en bouteilles, et donc combien de bouteilles ont été mise sur le marché à partir des années 1990 ?
  • Et son goût...et bien cela ressemble à un vieux cognac ou un vieux marc, mais nous vous en dirons plus après une dégustation digne de ce nom !
Autres informations à signaler : en 1944 le Brandy CAR est créé par les chartreux à Tarragone qui est un équivalent de l'eau-de-vie. Signalons également la commercialisation d'une eau-de-vie de poire Williams (fruit entier) toujours en vente actuellement.
Pour finir, près de 60 ans après leur conditionnement, les dernières bouteilles présentent un bouchon détérioré et une évaporation du précieux breuvage, d'où la décision de Chartreuse Diffusion de reconditionner la fin de leur stock et de le remettre en vente avec un certificat d'authenticité.
[Article de Rodolphe, merci à lui !]