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dimanche 17 octobre 2021

"Marseille" 1921-2021

Cuvée est commémorative du centenaire de l’installation d’une distillerie des Chartreux à Marseille. Il s’agit d’une chartreuse verte qui y fut mise en vieillissement, à l'instar de la cuvée Santa Tecla 2004 qui le fut à Tarragone. 

La contre étiquette indique : 

“Le retour des Pères Chartreux en France s’effectue de manière discrète en 1921. Alors qu’ils distillent encore à Tarragone et ne peuvent se réinstaller officiellement en France à cette époque. Cette Chartreuse verte a prolongé son vieillissement à Marseille. Elle rend hommage à cette cinquième distillerie, longtemps restée dans l’ombre de l'histoire de la liqueur.” 

Cette cuvée commémorative "Marseille" 1921-2021 jouit d'une présentation spéciale et titre à 51,7°. La bouteille cachetée de cire blanche est en verre soufflé avec un goulot prononcé en référence aux anciens flacons, comme le fait que le bouchon de liège soit apparent. Elle est accompagnée d’une boîte et livret explicatif. 

Les 760 exemplaires sont numérotés et nominatifs, le nom de l’acquéreur figurant sur la contre étiquette. Une belle pièce de collection assurément.

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dimanche 8 septembre 2019

Formats peu communs d'élixir végétal

En matière d'élixir végétal l’insolite n’est jamais bien loin. Après les objets promotionnels, aperçu de présentations peu communes du fameux flacon des Pères Chartreux au travers des époques.

La taille du flacon varie
On connaît le format désormais classique de 10 centilitres, il en fut d’autres. On constate notamment des flacons de 8 centilitres pour le marché français dans les années 1960, puisque la mention Chartreuse Diffusion n'apparaît pas, et ultérieurement sur le marché italien, cf. photo ci-dessous. Il y avait également différentes contenances lors de la période Tarragone et plus anciennement, la gamme du début du vingtième siècle comptait une déclinaison en 8, 12, 16 et 20 centilitres aux tarifs de 2 à 5 francs. Enfin le produit fut décliné en de très petites fioles, vraisemblablement dans les années 1904-1920...



Format flask
Ce rare format de 20 centilitres fait référence aux contenants métalliques que l’on peut glisser dans une poche et ainsi aisément transporter.
Il est plus traditionnellement destiné aux liqueurs jaunes et vertes, si bien que l’on peut se questionner quant aux circonstances de production de cette version pour l'élixir...

"DIGESTIF", titrage 71° en rouge, "Cie Fermière de la Grande Chartreuse"
L’étui se décline
Si le conditionnement dans un étui caractéristique en bois est une constante dans la présentation de l'élixir depuis le dix-neuvième siècle, il y a comme chaque fois des exceptions à la règle… Du fait de pénuries et rationnements, durant la deuxième guerre mondiale, l’étui fut remplacé par un cylindre en carton. Plus tardivement, une série en étuis de polystyrène au design propre fut commercialisée  priori à destination des pharmacies, puis en 1979 et de façon provisoire, des étuis plus classiques mais en plastique...

Etui polystyrène, étiquette rouge, flacon 8cl marché italien et étui en plastique 1979 100ml

 
Outre les variantes dans les mentions des étiquettes et les différents livrets insérés avec les flacons des Pères Chartreux, il faudra encore s’intéresser aux slogans et arguments commerciaux mis en oeuvre pour promouvoir l’élixir au fils du temps...

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lundi 15 juillet 2019

Au Musée Dauphinois, se tenait du 29 mars au 29 juin l'exposition "L'ivresse des Sommets" consacrée aux eaux-de-vie, liqueurs et autres breuvages des Alpes !

"Chartreuse, génépi, absinthe, gentiane, Cherry et tant d’autres, tous ces spiritueux dont la renommée dépasse largement nos frontières, sont nés sur ce territoire et résultent d’une alchimie de la flore alpine et de savoirs ethnobotaniques hérités de longue date. Les systèmes productifs - monastiques, domestiques, artisanaux ou industriels - appartiennent à notre patrimoine agro-alimentaire alpin. Mais un patrimoine bien vivant puisque aujourd’hui, relancées par les sports d’hiver et le tourisme de montagne, les distilleries en Dauphiné et en Savoie constituent l’un des fleurons de l’économie régionale."


Une exposition riche et illustrée de nombreux objets de collection, vieilles bouteilles et publicités anciennes, dans une scénographie variée et colorée, illustrant le constat que "les liqueurs ont donné naissance à une riche culture iconographique et matérielle".
 
Par construction la part belle est faite à la liqueur des Pères Chartreux avec d'anciens flacons et documents promotionnels et des références à la liqueur cartusienne dans la culture populaire... "Grâce aux collections rassemblées exceptionnellement  et à la collaboration des entreprises et de spécialistes, l’exposition approfondit la connaissance de la culture des alcools, les innovations résultant de l’histoire du goût et l’évolution des modes de consommation au cours des siècles".

C'est notamment l'occasion d'en savoir davantage sur le processus de fabrication des étuis en bois de l'élixir végétal :
 
Les différentes étapes de la fabrication des étuis d'élixir
 
... et sur la datation des étuis dits "bûche de bois" pour l'emballage de liqueur de chartreuse jaune ou verte (1976).

Enfin une exposition attenante dédiée aux Jeux Olympiques de Grenoble de 1968 faisait également référence à la chartreuse via les mignonnettes spécialement conçues pour l'occasion et désormais objet de collection, plus abordables que les cuvées de VEP...
 
 
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dimanche 10 mars 2019

Ensemble promotionel à destination des cavistes (1960's)

Bel ensemble déniché par Alain, un collectionneur averti. Il s'agit d'un lot encore conditionné dans son carton d'origine intact  et qui présente le double intérêt d'être un ensemble complet de produits publicitaires usuellement rencontrés individuellement et, qui plus est, en état neuf.
 
On y trouve un assortiment d'objets promotionnels divers et de PLV - publicité sur le lieu de vente - à destination de cavistes et autres distributeurs professionnels :
  • Des bouteilles factices de liqueurs jaunes et vertes
  • Une PLV cartonnée pour mettre en valeur les bouteilles
  • Des cartons décoratifs à apposer sur les flacons "Chartreuse aux herbes des montages" et d'autres en forme de verres promouvant le dégustation  "... à la glace pilée"
  • Un livret publicitaire détaillant l'histoire des liqueurs de Pères Chartreux et des recettes de cocktails.
  • Une affiche reprenant une étiquette bicolore de la chartreuse
  • Des supports cartonnés pour afficher prix des différentes liqueurs
Ce lot illustre donc les moyens publicitaires mis en œuvre à une période donnée, en l'occurrence la période des années 1956-1964 au vu de la présentation des bouteilles.
On note la cohérence visuelle entre les différentes déclinaisons avec l'évocation de la Grande Chartreuse, de ses caves et montagnes et également la mise en avant de caractéristiques identitaires de la liqueur des Pères Chartreux et sa composition notamment son "long vieillissement" et ses "fines eaux-de-vie de vin" !
 
Remarque de la personne qui a ouvert le carton : "Les cavistes devaient « rendre » à Chartreuse les décors de vitrines après utilisation. C’était indiqué sur les notices." 
[ Merci à @alain.pras_ !]

mercredi 28 novembre 2018

Dégustation automne 2018

Ce samedi 6 octobre, jour de la Saint Bruno, on célébrait une fois encore la chartreuse aux Caves Bossetti ! Une formule en partie renouvelée mais toujours dans la bonne humeur et avec une forte affluence. Compte-rendu.
 

  • Les cuvées en dégustation : plus d’une dizaine et tout en jéroboams, s’il vous plaît. Des exemplaires uniques, Santa Tecla Jaune 2018 et une pièce sur-mesure la Beaudétale, jaune savoureuse en l’honneur du grand ordonnateur de la journée. Une édition très limitée de jaune en bouteille cuivrée, produite en l'occasion de l'inauguration de la distillerie d'Aiguenoire, ainsi qu'une Carbone 2018 verte. Trois cuvées des Fous de Chartreuse, 2016 (le dernier 3L), 2017 (idem) et 2018 une jaune de haute volée dans la lignée de la précédente. Et aussi : liqueur du 9ème Centenaire, M.O.F., Verte 1605 et Génépi !
  • Comme chaque année l’équipe des caves a réalisé une très belle vitrine, riche et joliment agencée.
  • Un atelier élixir, tisanes et herbes, le soin par les plantes en somme.
  • Un nouveau type de buffet, autour d'une meule de 30kg de Laguiole AOP, à partir duquel des restaurateurs partenaires ont composé des créations culinaires : chutney ananas ou mirabelles, duxelle de cèpes (coup de cœur), pickles, condiments fumés... On vous laisse deviner le dénominateur commun entre les plats.
  • Exit la pêche miraculeuse, place au jeu de l'oie du blog, conçu par un ami graphiste et non moins amateur de liqueur. Trois lancers pour cumuler des points et gagner des lots ! Aux manettes l’équipe du blog pour vous soumettre questions et défis, cadeaux à la clé.
  • Après la musique l’an dernier, place à la peinture au travers des natures mortes de l’artiste peintre Stéphane Capitrel qui exposait ses oeuvres sur le thème de la Chartreuse évidemment ! Belle rencontre.
  • Encore une fois les Fous de Chartreuse étaient au rendez-vous, l’occasion de beaux échanges autour de leur passion, des fêtes de la Santa Tecla et bien sûr de l’inauguration de la nouvelle distillerie. Il y avait également de nouveaux venus, en particulier des stéphanois et des auvergnats qui nous ont régalés de vieux flacons tarragonesques, merci !
  • Un petit tour dans quelques commerces à proximité pour découvrir les chocolats de la maison Mazet et les produits d’Un glacier à Paris, tous deux en association à la journée.
  • Rendez-vous l'an prochain :)
Un grand merci à Philippe, à l'équipe des caves  et Chartreuse Diffusion pour cette magnifique journée ! 


Retrouvez des photos dans la galerie Fous de Chartreuse et partagez les vôtres !

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mardi 5 juin 2018

Bouteille Chartreuse Jaune 1840-1869

Rarissime et très ancienne bouteille de chartreuse jaune, du plus ancien modèle de chartreuse référencé. On date cette présentation de la période 1840-1869, avec l’étiquette dans sa version originelle. C’est-à-dire que celle-ci est dépouillée au maximum avec les mentions “LIQUEUR FABRIQUÉE A LA GRANDE CHARTREUSE” et la signature “L. Garnier”.
 
 
Le niveau est en haut de l’étiquette, les anges ayant prélevé leur part du fait de la détérioration de la capsule protectrice du bouchon. La bouteille est en verre soufflé, de couleur relativement claire.
A noter que le goulot ne présente alors aucun élargissement, ce signe distinctif étant ajouté plus tard, comme les mentions de l’étiquette de 1869 qui correspond à une période de développement significatif de l’activité commerciale...
 
A noter que l’on peut admirer une bouteille similaire aux caves de la Chartreuse à Voiron, dans la salle de dégustation. Une liqueur de plus de 150 ans !
 
Voir aussi :

samedi 7 avril 2018

Les natures mortes à l’élixir végétal de Stéphane Capitrel

Nous avions déjà consacré un article à la représentation de la Chartreuse en peinture, sous la forme de natures mortes. Assurément nous ne connaissions pas Stéphane Capitrel qui s’en est fait une spécialité. Il suffit de consulter son site pour s’en rendre compte et ce plus largement que pour les vieux flacons de liqueur des Chartreux qu’il reproduit avec un sens certain du détail et de la composition… En lien avec sa démarche Stéphane a été invité à participer à une exposition sur le thème du silence au musée de la Grande Chartreuse, occasion pour laquelle il a composé des toiles évoquant une dimension plus spirituelle.
 
Il a accepté de nous présenter son parcours, son approche et de nous faire part de considérations personnelles quant à la chartreuse, ce dont nous le remercions.
 
« Stéphane Capitrel, né à Lyon le 7 août 1959. Peintre professionnel depuis 34 ans, après un passage aux beaux-arts de Lyon et un apprentissage en atelier.
Mes réalisations sont autant dues à ma formation (classique) qu’à un idéal basé sur la contemplation. J’aime peindre jusqu’aux imperfections pour les rendre encore plus vraies et séduisantes.
Lieux d’expositions: Genève, Biarritz, Pau, Megève, Mougins, Lyon, etc...
 
Mozart, Stéphane Capitrel
Les bouteilles de Chartreuse ont cette particularité qu’elles changent de couleur en fonction de leur âge mais aussi de leur flacon.
 
Ainsi c’est un cercle chromatique qui passe du jaune à un brun plus ou moins affirmé et du vert Véronèse au vert émeraude, presque noir comme si nous étions en présence d’un kaléidoscope végétal.
 
La Grande Chartreuse, Stéphane Capitrel
Voici donc deux exemples d’interprétation possible passant d’un sujet festif s’inspirant d’un fin de repas à un sujet plus austère représentant la solitude de la contemplation où l’on se perd dans les reflets et les couleurs, où le jaune et le vert se fondent, parfois jusqu’à l’illusion…
 
Mais je pense que mes toiles parlent mieux que moi…»

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lundi 2 octobre 2017

Collection de chartreuses de Tarragone

Joan Garcia est un collectionneur et un passionné de chartreuse et de son histoire, avec un intérêt particulier pour les liens qu’elle entretient avec Tarragone. Lecteur du blog, il a eu la gentillesse de partager avec nous les photos ci-après où il commente de beaux et vieux flacons de liqueur des Pères Chartreux.

 «Vieille et très rare bouteille d’un litre de Chartreuse jaune des premières années de production des pères Chartreux à Tarragone (1904-1930). Cette rareté a été achetée à un antiquaire de Barcelone, qui l’a trouvée cachée dans un ancien bar de la province de Gérone ; elle avait été oubliée au fond de la cave depuis le début du XXe siècle. Le bouchon est couvert par une cire brunâtre et la liqueur présente de beaux reflets cuivrés. Le niveau d'alcool est exceptionnellement élevé pour une bouteille de cette époque, avec la double étiquette sous laquelle est écrit en espagnol :
« AVIS : Provisoirement, et à cause des circonstances actuelles, nous présentons notre liqueur avec la bouteille normalement destinée à l’exportation ».

On peut donc s’interroger sur quelles étaient ces mystérieuses « circonstances ».



Vieille bouteille de Chartreuse fabriquée à Tarragone en 1945. Elle présente une contre-étiquette faisant la publicité des premières bouteilles de Brandy Car.
On peut lire écrit en espagnol :
« Essayez notre BRANDY-CAR « LA TARRAGONESA » fait avec les mêmes alcools utilisés pour notre CHARTREUSE. Il est un excellent digestif après les repas. Prenez le mélangé à l’eau de Seltz comme pour un whisky ».

Chartreuse jaune La Fabiola (1968-1973) avec une très rare contre-étiquette destinée au marché sud-américain, particulièrement à la République du Pérou.
On peut lire écrit en espagnol :
« BUREAU DES VINS ET SPIRITUEUX IMPORTÉS LIMA - Pérou CHARTREUSE, S.A.E. TARRAGONA (España) Importé par FRANCISCO MARTÍNEZ P.S.A. LIMA - Pérou ».  
On peut lire également au niveau du bouchon : « REPUBLICA PEROUANA - LICORES IMPORTADOS ».


Rares mignonettes de Chartreuse verte et jaune avec bouchon de liège (années 1940). La verte présente une étiquette "4 centimos" sur le bouchon.
 
[Clichés et notes de Joan Garcia, un grand merci !]

mercredi 27 septembre 2017

Dégustation le 7 octobre 2017

Le grand festival du club des Fous de Chartreuse se tient le 7 octobre prochain aux caves Bossetti à Paris. Philippe nous a comme à l'accoutumée concocté un très beau programme de dégustation. Venez nombreux !


 
Découvrez l'intégralité du programme de la journée sur le site des caves Bossetti.

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dimanche 19 février 2017

Anciens objets promotionnels pour l'élixir végétal

A produit très particulier, des objets publicitaires parfois spéciaux, voire insolites, d'autant plus qu'ils commencent à dater...

Série de scènes illustrées à découper
Il s'agit de planches en couleur à découper puis à plier et assembler pour reconstituer des petites scénettes évoquant l'élixir végétal des Chartreux. Peu commune de nos jours, ces publicités-découpages l'étaient davantage autrefois.
Pour l'élixir végétal, on en dénombre au moins cinq. Une première série illustre : le monastère de la Grande-Chartreuse, l'explorateur Stanley, frère Charles distribuant l'élixir à dos d'âne, l'épidémie de cholera de 1832.
 
Consultez les versions numérisées de deux de ces illustrations - le couvent de la Grande Chartreuse et frère Charles et son âne - et essayez de les reconstituer chez vous !
Nous avions déjà évoqué un autre découpage représentant trois personnages, flacon en main, en train de prendre du bon temps dans le massif de la Chartreuse, avec le monastère en arrière-plan.
Toutes mettent en avant les qualités et propriétés du fameux élixir des Chartreux.
 
Jeu du bon guide
Une approche ludique avec ce jeu dont les règles ne nous sont pas parvenues. Il s'agit vraisemblablement pour nos trois randonneurs de parvenir jusqu'au monastère de la Grande Chartreuse en suivant le bon chemin tout en évitant les embûches de la montagne.

Le visuel est l'œuvre de Louis Gougeon, illustrateur ayant réalisé de nombreuses publicités dans les années 1920-1930. Au verso figure un recueil de propos et de témoignages sur l'élixir si savoureux qu'il fera l'objet d'un article spécifique...
A noter ce commentaire didactique apposé en bas du plateau :  "En cas de malaise, demandez à vos parents un morceaux de sucre imbibé d'élixir végétal".
 
Puzzles
Plus classique, des pièces de puzzle à assembler qui illustrent deux scènes : une nouvelle fois les bâtiments de la Grande-Chartreuse et l'épisode de l'armée des Alpes avec la liqueur jaune, qu'ils contribuèrent à populariser.
A noter que dans les deux cas on retrouve des scènes et thématiques qui s'inscrivent dans l'imagerie de la campagne publicitaire autour du Secret de la Chartreuse.
 
Sur les flacons représentés dans cet article on retrouve la double-étiquette caractéristique de la période de l'entre-deux-guerres.
 (A suivre...)
Voir aussi :

mardi 10 janvier 2017

Entretien avec Enric Olivé-Serret (2/2)

Suite de l’entretien avec le professeur Enric Olivé-Serret autour de la chartreuse de Tarragone, sa distillerie, ses vieux flacons et son histoire...

Parlez-nous un peu de la distillerie de Tarragona.
Toutes les installations renvoyaient une image très frappante. L’extrême propreté, le rangement impeccable, la qualité des matériaux ... tout se référait à l'ordre des Chartreux. Le travail bien fait et les ouvriers qui travaillaient plus au sein d’une famille que dans une simple entreprise. Cela était évident lors de la sanglante guerre civile espagnole, lorsque les révolutionnaires ont tenté de saisir l'usine et que les ouvriers les en ont empêché, affirmant qu'elle était en territoire français (sic). En contrepartie, ils ont promis d'envoyer de la Chartreuse à l'avant pour les combattants !!!

Des anecdotes ou souvenirs de dégustation particuliers ?
Dans les années soixante-dix du siècle dernier, les visiteurs se régalaient avec le fameux cocktail « Episcopal » avec de la chartreuse et du « cava » (vin mousseux AOC catalan). Evidemment tout le monde en sortait heureux. C’est d’ailleurs ce cocktail qui souhaitait la bienvenue aux visiteurs de l’exposition sur la Chartreuse qui fut réalisé au musée d’Histoire de Tarragone en 1994. Exposition et musée dont j’étais moi-même le responsable.

L'ouvrage est richement illustré avec notamment un ensemble de documents et de clichés de la distillerie.

 
Connaissez-vous des collections de vieilles bouteilles et objets anciens en Espagne ?
Depuis que la communauté des Chartreux s’est installée à Tarragone et élaborait ses distillats (pas seulement la Chartreuse), la liqueur se consommait tous les jours à Tarragone. Cette consommation a baissé à partir de 1970 laissant place à de nouveaux goûts importés d'Amérique. A partir du moment où les Chartreux ont cessé de produire à Tarragone, la passion des collectionneurs et les consommateurs s’est ravivée et s’est transformée en une authentique obsession pour beaucoup. A Tarragone, il y a des dizaines de collectionneurs et de grandes réserves dans les mains d’amateurs anonymes.

Comment voyez-vous le lien entre la Chartreuse et Tarragone aujourd'hui ?
Malheureusement, l'intérêt pour la Chartreuse, ses produits et les vestiges industriels sont arrivés bien trop tard à Tarragone, de sorte que la dépossession subie par le magnifique patrimoine industriel a empêché la création d'un centre d'informations sur la Chartreuse. Une fois de plus, nous étions en retard pour protéger le patrimoine collectif.
Enric Olivé-Serret
Tarragona, novembre 2016


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lundi 5 décembre 2016

Dégustation automne 2016

Cette fois encore Phillipe et les caves Bossetti ont organisé dans les règles de l’art leur dégustation annuelle dédiée à la liqueur des Pères Chartreux. Comme d’habitude tous les éléments étaient réunis pour faire de cette journée un franc succès : un programme riche et complet, une affluence record et au final de très bons moments partagés…

Bref plein de bonnes choses, de la convivialité et des nouveautés pour cette édition 2016 : 
  • En dégustation, les cuvées de Fous de Chartreuse étaient à l’honneur avec pas moins de 4 mises différentes au format jéroboam. De quoi mener une comparaison affinée et prendre la mesure de leurs différences et subtilités. A noter que l’on savourait le dernier flacon de 3 litres de la très belle et verdoyante cuvée 2009.
  • Santa Tecla : pour découvrir l'édition 2016 des liqueurs jaunes et vertes, quoi de mieux que deux jéroboams en mise unique ?
  • Du côté du buffet, un menu toujours aussi alléchant avec de multiples mets à base de liqueur : gaspacho aux écrevisses, la grosse terrine de frère Tuck, les croques-chartreuses poilânes, les guimauves et chocolats cartusiens du Pain de Sucre... Mention spéciale au foie gras "Nacérazade et les 1001 nuits", excellent.
  • Une autre nouveauté, l’hilarante soucoupe du procureur général, l’occasion de mettre en avant l’élixir végétal dans ce genre d'événement et de le faire découvrir au plus grand nombre !
  • Laurent Bidot l’auteur de la récente bande dessinée Le Secret de la Chartreuse aux éditions Glénat présentait son ouvrage aux visiteurs et leur proposait de belles dédicaces illustrées. Merci à lui pour sa disponibilité.
  • Sur le stand du blog, échanges entre passionnés avant tout et sur la base d’un programme similaire à l’an dernier fondé sur des dégustations informelles autours des apports d’amateurs… Plusieurs bouteilles complémentaires au programme de la journée avec une mention spéciale à Alain P. qui gratifiât les amateurs d’une succulente Tarragone Jaune 1970's de sa collection. Merci Alain !
Un grand merci à Philippe, aux Caves Bossetti et à Chartreuse ! 

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dimanche 26 juin 2016

Nature morte à la Chartreuse

Ce sujet nous renvoie au dix-neuvième siècle, la Chartreuse alors Reine des liqueurs y jouit d'une renommée sans pareilles et elle figure sur de nombreuses tables, y compris les meilleures. C'est un digestif de référence, et à ce titre on la retrouve sur certaines représentations d'époque, y compris des peintures.
 
Les deux toiles ci-dessous mettent en scène, dans des registres différents, des bouteilles de Chartreuse. On y reconnaît la présentation caractéristique des anciens flacons d'alors et la fameuse étiquette traditionnelle. C'est l'art de la table et ses bons moments qui sont évoqués.

Nature morte aux cerises et à la bouteille de Chartreuse Jaune, Clothilde Danteuil, 1885


Huile sur toile, signée, datée et située à « Versailles », 38 x 45,5 cm.
Une petite touche impressionniste à cette scénette colorée avec la bouteille de liqueur jaune au centre de la composition.

Nature morte aux bouteilles de Chartreuse, A. Plet.


Huile sur toile signée A. Plet, non datée.
D'une exécution plus classique. Voici venu le moment des digestifs, Chartreuses jaunes et vertes apparaissent côte-à-côte avec un joli verre à liqueur...

Voir aussi :

samedi 28 mai 2016

Entretien avec Michel Steinmetz (3)

Collectionnez-vous bouteilles et objets en rapport à la liqueur ?
Evidemment, comment écrire un livre sans être passionné par le sujet? J'ai glané des bouteilles au cours de mes recherches pour me faire une idée du goût des différentes bouteilles. J'ai eu de nombreuses occasions de faire des dégustations avec d'autres chartreusophiles et d'ailleurs je suis bien incapable de boire seul dans mon coin car il me manquerait alors la dimension du partage et la possibilité d'échanger nos impressions.
J'ai une belle série de menus, de cendriers, de porte clefs, etc... mais le clou de ma collection est une paire de bouteilles de la période 1904 de Tarragone: une jaune et une verte. Cette verte 1904 est arrivée chez moi presque par hasard après la publication du livre par une dame qui m'a demandé une estimation de ce qu'elle croyait être une Tarragone jaune, puis elle m'a proposé de me la vendre... Elle venait de ses grands parents qui l'avait achetée à la pharmacie Villard à Grenoble, le premier dépositaire des produits des pères Chartreux à Tarragone. Mais en comparaison de mon ami Marc, ma collection est très limitée...
 
Meilleurs souvenirs de dégustation, une ou plusieurs bouteilles mémorables ?

Une étonnante bouteille graduée
Je dirais que cela tient d'une certaine conjonction qui ne pourrait plus avoir lieu: cela s'est passé au bar de l'Albert 1er à Chamonix en compagnie de Marc et Sylvie B. et du sommelier des lieux, le talentueux Christian Martray. En fin de repas, pour nous régaler, il a sorti une demi bouteille de verte 1910 récemment ouverte et nous avons communié avec ce nectar en prenant le temps de savourer l'évolution des arômes et des goûts au fur et à mesure de l'aération de la liqueur. Une super bouteille partagée avec des supers amis, que rêver de mieux? 

Ce que j'aime bien aussi, c'est éduquer progressivement des amis aux subtilités de la Chartreuse en montant progressivement en gamme et tenter de leur faire apprécier toutes les subtilités des vieux flacons. C'est un peu mon "Festin de Babette" et je me régale de leurs mines réjouies au fil des dégustations.
Je ne peux pas oublier non plus le bonheur d'avoir pu goûter une Chartreuse blanche avec Emmanuel Renaud, une Chartreuse Cusenier avec l'ami Marco et des Tarragones avec des amis Tarragonais... Il est bien difficile d'établir une hiérarchie; une chose est sûre, cette liqueur sait créer des bons moments où le temps s'arrête et où l'on part en voyage dans ses souvenirs d'arômes, d'épices, d'herbes diverses...
Dernièrement, j'ai eu la chance de recevoir en cadeau une bouteille de "Une Chartreuse" jaune qui à mon sens contient "l'essence" de la Chartreuse jaune parfaite; j'avais les larmes aux yeux tellement elle était équilibrée et raffinée...

Un souvenir en particulier ou une anecdote associé à la chartreuse ?
Le souvenir est double et concerne l'ancienne distillerie de Tarragona. J'y suis allé 3 fois, les deux premières en contrebande avec la peur de croiser un squatteur patibulaire ou la Guardia Civil, où j'ai fait mes premiers clichés et récupéré quelques souvenirs. La troisième fois, c'était de façon officielle avec un employé municipal qui nous a ouvert les portes et accompagné. C'est un lieu magique chargé d'histoire avec un mélange de distillerie et de monastère. On passe ainsi des cellules à l'église puis à la salle des alambics... En sortant de là avec l'ami Marcel, un passionné espagnol de la Chartreuse, nous sommes allé manger au Restaurant "Barquet" et pour le dessert, j'ai pris des boules de glace Chartreuse jaune avec de la liqueur... J'ai un record à 18 boules ce jour là, ce qui est bien mieux que celui de Dom Benoit qui est aussi friand de ce genre de dessert... En sortant, nous chantions à tue -tête dans la rue, à l'heure de la sacro-sainte sieste catalane...
Pour moi, et cela se sent bien dans le livre, l'histoire des liqueurs de Chartreuse est indissociable de celle des Chartreux. On le ressent très fortement au Monastère de la Grande Chartreuse, à Fourvoirie ou à Tarragone avant la transformation des bâtiments. J'ai eu cette chance de visiter l'ancienne obédience de la distillerie du Monastère où se trouvait encore la cellule du frère distillateur, la joie de participer avec les amis "oeuvriers de Chartreuse" à la réhabilitation du site de Fourvoirie, le bonheur de marcher sur les traces des Chartreux à Tarragone et dans chacun de ces lieux le spirituel et le spiritueux se rejoignait. C'est leur foi intense qui les poussent vers la perfection. Ils faisaient les meilleurs mâts de bateaux, ils ont inventé le meilleur acier, ils ont réalisé la meilleure liqueur du monde... Si vous leur donnez du lait, ils vous feront un fromage divin ! C'est un grand privilège d'avoir pu les côtoyer un peu et d'avoir pu partager l'intensité de leur engagement monacal. Difficile après ça d'envisager la Chartreuse comme un simple breuvage; elle est chargée de toute l'histoire des Chartreux.

La situation de la chartreuse a évolué ces dernières années, elle bénéficie aujourd'hui d'une plus grande reconnaissance, comment voyez-vous la chose ?

Certificat de connaisseur signé par les Frères distillateurs !
La question est pertinente, ma réponse pourrait être impertinente… Eugène Modelski, qui a travaillé un temps dans les années 60 comme comptable pour la Compagnie Française de la Grande Chartreuse, était très ami avec le frère distillateur Laurent Dahinden (celui qui pose à cette époque avec ses lunettes rondes et son bouc) et avec le procureur en charge de la distillerie. Ils descendaient parfois ensemble pour la campagne d’hiver de distillation à Tarragona (ils allaient préparer les moutures de plantes pour l’année suivante et donner des consignes aux ouvriers) et avaient du temps pour discuter. Le père distillateur lui a dit un jour qu’il avait fait une demande au ministère de la santé pour que l’élixir soit vendu en pharmacie. On lui a dit que pour étudier le dossier il fallait donner la composition précise du breuvage et l’histoire s’est arrêtée là. Pour la liqueur, sa position était « en vendre juste assez pour faire vivre l’Ordre, mais surtout pas dans les bordels ni dans les boites de nuit ! ». Aujourd’hui, une immense part des ventes se fait dans les bars pour intégrer des cocktails. Alors ? Trahison ? Evolution inéluctable ? Pour ma part j’apprécie les cocktails à base de Chartreuse, même si je préfère déguster de vieux millésimes avec des amis.
Les Chartreuses récentes souffrent du remplacement de l’alcool vinique par de l’alcool de betterave qui est beaucoup trop neutre et ne possède pas les mêmes capacités d’extraction des substances odoriférantes et aromatiques des plantes, ni les mêmes aptitudes de restitution des subtilités des macérations. Un jour, on prendra mon avis en compte et les Chartreuses retrouveront plus de densité et de capacités de vieillissement. Mon autre remarque concerne le degré de la Chartreuse Jaune qui est redescendu en 1973 de 43° (degré optimal pour faire se fondre l’alcool et le sucre et ainsi faire vieillir la liqueur) à 40° pour des raisons de taxes. Il faudrait absolument remonter la Jaune à 43°, quitte à en augmenter le tarif. A 40°, elle est « molle du genou » et trop sirupeuse : inapte à vieillir. De nombreuses « séries limités » ont été faites ces dernières années, toutes à 42 ou 43° et c’est à chaque fois un bonheur.
Pour répondre à la question, je dirais que les grands flacons mythiques de Tarragona étaient des Chartreuses ordinaires à l’époque. Le temps et les conditions d’élevage leur ont donné un charme incroyable. Pour avoir laissé vieillir des bouteilles plus récentes (à compter des années 80), la plupart des connaisseurs s’accordent à dire qu’elles ne seront probablement pas des collectors pour nos enfants et petits enfants. Sans doute faudrait-il revenir au titre de 43° pour la jaune et renoncer à l’alcool de betterave pour retrouver un supplément d’âme et que les bouteilles d’aujourd’hui aient une reconnaissance demain. Après, pour faire des Chartreusitos, la question n’est plus la même…
Un dernier mot sur la « reconnaissance » : si elle devait se mesurer au prix que peuvent atteindre certains flacons de Chartreuse de Tarragona, cela serait bien désolant, d’autant que certains n’hésitent pas à spéculer plutôt que de déguster. Pour éviter cela, un caviste original du vieux Lyon casse la bague de la capsule en vendant une bouteille à un client : il ne lui reste plus qu’à la boire…
 
[Un grand merci à Michel !]
Voir aussi :

mercredi 6 avril 2016

Entretien avec Michel Steinmetz (1)

Il est l'auteur du livre de référence sur le sujet :  "Chartreuse : Histoire d'une liqueur - Guide de l'amateur" aux éditions Glénat. Ouvrage qui soit dit au passage, a non seulement constitué une importante source d'information pour ce blog, mais aussi qui n'y est pas pour rien dans son lancement.
Michel Steinmetz a eu la gentillesse de répondre à nos questions pour un entretien en trois parties au sujet de son livre et de sa démarche.
 
Pouvez-vous nous dire d'où provient votre intérêt pour la Chartreuse ?
En revenant de Tahiti où j'avais passé mon adolescence, je me suis inscrit à la fac de Médecine de Grenoble et j'ai eu la chance d'être accueilli par mon oncle qui avait la bonne habitude de clore les repas par une petite Chartreuse. Rapidement, j'ai découvert toute la gamme de liqueurs des Pères Chartreux en visitant souvent les caves de Voiron. J'ai assisté au lancement de la neuvième centenaire en 1984, que j'ai tout de suite adoptée comme rapport qualité-prix incroyable (j'étais étudiant et assez pauvre à l'époque). Durant mon internat, j'ai côtoyé Isabelle Paturle dont le père était au conseil d'administration de Chartreuse Diffusion. Pour me faire plaisir, elle m'a offert une cruche remplie de VEP : quel bonheur!
Au début des années 1990, en fréquentant les nouvelles Galeries à Grenoble, je vois une bouteille « d'Eau-de-vie Chartreuse » avec sa sublime capsule bleue : je l'achète environ 1000 F, content d'avoir déniché une perle rare. Quelques jours plus tard, lors d'une énième visite aux caves, je constate qu'elle est également en vente au prix de 400 F. Je vais donc au service commercial pour demander une explication et très gentiment, ils me proposent de m'offrir une "Tarragone" (ils venaient de faire revenir les stocks d'invendus et les proposaient pour la somme de 500 à 750 F). Je décide donc de prendre une Tarragone 1962 jaune (mon année de naissance) et là : émerveillement! La Chartreuse continue à vieillir dans la bouteille et exprime des parfum d'épices et d'herbes aromatiques qui évoluent au fil du temps passé dans le verre! C'est tout simplement "magique". Comme j'étais fauché, j'ai juste réussi à acheter une "verte 1968" avant que certains restaurateurs ne se constituent des réserves et tarissent cette source bénite...
En résumé, je suis tombé dedans étant petit, mais j'ai encore le droit d'en boire!

Et d'où est venue l'idée du livre chez Glénat ?
Vers 2001, j'ai cherché à dénicher un livre qui expliquerait l'histoire de cette liqueur d'exception et je n'ai trouvé que des articles épars. En me renseignant un peu plus, j'ai appris que le fromager caviste François Blanc Gonnet de la Laiterie Bayard avait un projet de livre sur le sujet avec un ami photographe, mais qu'hélas son comparse était décédé et que lui-même ne trouvait pas le temps de s'y mettre. Ma conclusion a été rapide: cette liqueur mérite un livre et je vais m'y atteler. J'ai eu la chance de pouvoir compter sur les relectures de Dom Benoit, le père Chartreux en charge de la distillerie, qui, tout en préservant jalousement le secret me donnait quelques renseignements pour préciser certains points au milieu d'une histoire tumultueuse. Car l'aventure du manuscrit est un véritable thriller, un roman policier truffé de rebondissements.
Au bout de deux ans de recherches, des archives départementales de l'Isère à celles de Marseille en passant par Tarragone et les archives nationales de Paris, je suis allé trouvé Jacques Glénat, déjà éditeurs de plusieurs ouvrages sur les Chartreux. Je voulais travailler avec lui et connaissait son amour pour les vins et le Chartreuse. En cinq minutes, l'affaire était conclue et il m'orientait vers une de ses collaboratrices pour mettre le livre en forme.
A suivre...

lundi 7 décembre 2015

La Chartreuse et la seconde guerre mondiale (2/2)

Après un article consacré aux événements à proximité de la Grande Chartreuse pendant le second conflit mondial, il est temps de s'intéresser plus spécifiquement à la liqueur durant cette période.
 
Retour à l’ancienne présentation
Un an après leur retour au Monastère de la Grande Chartreuse, pour célébrer ce premier anniversaire, la liqueur retrouve la présentation qui était la sienne au 19ème siècle et son étiquette d’alors, si caractéristique.
Voir l'article consacré à ce sujet.


La gamme de Chartreuse 1941 - 1951
Restrictions et pénuries
La guerre va influer sur la production de la liqueur du fait de restrictions impactant la fabrication. Pour faire face aux pénuries d’eau-de-vie de vins, celle-ci est remplacée  lorsque nécessaire par des alcools à base de betterave. Ceci impacta nécessairement son goût et des dégustateurs de vieux flacons sont formels, on peut le ressentir clairement en buvant des bouteilles de cette période.
 
Sur la contre-étiquette d'une bouteille de liqueur d'époque on peut toutefois lire :
"Malgré les difficultés de réapprovisionnement de certains produits, notre fabrication continue dans les meilleures conditions, avec les mêmes garanties de qualité pour les produits essentiels : alcools, plantes, sucre, à l’exception de toute saccharine." (janvier 1944)
Extrait d'un dépliant glissé avec un flacon d'élixir végétal :
 
Le conditionnement est également affecté du fait des difficulté à se procurer verre et bois. Conséquence l'étuis d'élixir est fabriqué en carton durant cette période et pour se procurer des produits des Chartreux, il faut préalablement restituer les précédentes bouteilles vides. Qui plus est, faute de plombs la couleur du verre des bouteilles est d'un vert plus foncé.

Cuvée commémorative de la Libération
Annonciatrice des cuvées de chartreuse VEP, cette liqueur commémore la Libération par le biais d'une production spéciale, vieillie durant 10 ans.


Sur la contre-étiquette on peut lire :
"La liqueur contenue dans cette bouteille provient de la fabrication faite en 1944, année de la Libération, et commémorant cet événement.
Et elle a été conservée 10 ans en foudres et possède de ce fait une qualité exceptionnelle.
Il a été préparé 800 bouteilles de chartreuse jaune seulement, dans ces conditions." (Février 1954)
Voir aussi :

samedi 21 novembre 2015

"Une Chartreuse"

Une nouvelle cuvée de liqueur des Pères Chartreux est un évènement plutôt rare et lorsqu’il s’agit d’un produit haut de gamme cela ne laisse pas professionnels et amateurs indifférents.

Une chartreuse
Chartreuse Diffusion a commercialisé dans le courant de cette année 2015 deux nouvelles cuvées très limitées de liqueurs jaunes et vertes. Il s'agit d'assemblages de chartreuse avec une base de liqueur vieillie plusieurs décennies en fût. Le titrage est de 40,6% pour la jaune et 52,9% pour la verte.
 
 
 Texte de la contre-étiquette :  
"Les Pères chartreux nous proposent pour la toute première fois cet assemblage unique, dont la base a vieilli plusieurs décennies dans des demi-muids en chêne. Par la suite, les moines prélèveront chaque année une très faible quantité de cet ensemble pour donner naissance à "Une Chartreuse". Ces mêmes demi-muids seront ensuite complétés avec les plus vieilles liqueurs dont ils disposent."
Ce mode de production n'est pas sans rappeler celui des solera, la part la plus ancienne élevant l'ensemble. Cela implique une récurrence de cuvées par nature différentes, dont les prélèvements annuels seront comblés par de nouveaux ajouts de liqueurs vieillies.
 
Présentation
La dénomination de la cuvée fait astucieusement référence à celle utilisée fut un temps pour la chartreuse de Tarragone qui avait été substantivée ("Une Tarragone" lisait-on sur les publicités et les bouteilles). Cela renvoie à la riche histoire de la chartreuse mais aussi au vieillissement important d’une partie de la liqueur entrant dans sa composition.
Un  nouveau modèle d’étiquette se décline en versions jaunes et vertes. Le design se veut épuré et fait référence à l’aspect rétro des anciens modèles. L'année de mise est inscrite en rouge sur l'étiquette et chaque exemplaire est numéroté.
Les bouteilles au cabochon chartreuse gravé sont en verre soufflé artisanalement. Elles sont rangées dans des étuis en bois de type VEP qui contient également une clé usb détaillant la fabrication des bouteilles. Un livret présentant la cuvée est également inclus.

Commercialisation et discussions
Non seulement les quantités produites sont très limitées (120 exemplaires de chaque tous les ans) mais la vente de ces liqueurs est exclusivement restreinte aux professionnels, restaurateurs et sommeliers.
On peut tout d’abord s’interroger sur la nature de cette base "vieillie plusieurs décennies dans des demi-muids en chêne". D'où proviennent ces stocks significatifs de vieilles liqueurs qui semblent distincts des futs mis en vieillissement pour la VEP ? S'agit-il de réserves très anciennes des caves de Voiron ou de stocks d'autres provenances ?
La principale question reste de savoir à quoi ressemble la dégustation de cette cuvée "Une Chartreuse" ? A quel type de vieilles chartreuses peuvent-elles se comparer ?
 
Voir aussi :

lundi 2 novembre 2015

Exceptionnelle vente aux enchères de Chartreuse

Importante vente aux enchères "Finest and Rarest Wines" chez Christie's à Genève, les 8 et 9 novembre prochain, présentant une incroyable collection de vieilles chartreuses.
 
Une vue d'ensemble éloquente... ©Christie’s, 2015

Le catalogue de la vente, richement illustré, est consultable en ligne et vaut le coup d’œil. Il précise : "La plus impressionnante collection de liqueurs de la Grande Chartreuse jamais mise en vente aux enchères, provenant d'une cave privée de la région des Alpes".

De très nombreux lots, dont des pièces uniques, rendent cette vente exceptionnelle. En effet la collection retrace l'histoire de la chartreuse et son évolution depuis le 19ème siècle. On y trouve des bouteilles de toutes les périodes, y compris les plus rares : une chartreuse blanche, une jaune 1869-1878 et des 1878-1903, d'autres Fourvoiries, divers cuvées exceptionnelles et de nombreuses Tarragones anciennes...
Aperçu en images :

Chartreuse 1878-1903 Verte, Blanche et Jaune 
©Christie’s, 2015
"Une Tarragone" ©Christie’s, 2015
Caisse bois de 6 flacons de Verte 1951-1956 ©Christie’s, 2015

dimanche 25 octobre 2015

Dégustation octobre 2015

Comme chaque année, se tenaient par un samedi de début octobre, les réjouissances annuelles autour de la Chartreuse aux caves Bossetti. Les Fous de Chartreuse s'y étaient donnés rendez-vous et cette fois encore, Philippe le grand ordonnateur de ces festivités n'avait pas fait les choses à moitié !


Aperçu de la journée :
  • Toujours l'ambiance chaleureuse et conviviale avec une forte affluence pour cette édition. Au programme : de fins mets, de belles rencontres, de très bonnes liqueurs et les "classiques" d'une journée chez les Fous de Chartreuse...
  • Dégustation avec notamment les cuvées Fous de Chartreuse 2015 et 2013, les Santa Tecla 2015 et une très fine et très appréciée Cuvée de Jaune 2003, commémorative du centenaire de l'installation à Tarragone.
  • Vive le buffet ! Voir le menu, bien entendu chaque plat est préparé avec de la chartreuse. Mention spéciale au foie gras comme un nougat, au gros jambon de Mr Cochon et au gaspacho vert.
  • Une nouveauté, le festival off du blog, d'après une bonne idée de Philippe. Il s'agissait d'une sorte de contre-dégustation collaborative où chacun était invité à venir partager une bouteille, un fond de flacon... Grand merci à tous les amateurs qui ont joué le jeu puisque l'on dégusta dans la bonne humeur les cuvées Fêtes Vertes et Or 2015, Reine des Liqueurs 2012, 1605 Jaune, Tecla Verte 2004, épiscopale du 3ème millénaire, Voiron 1996, Voiron Jaune et Verte 1970's, Tarragone Verte 1970...
  • L'écrivain Léo Henry était présent suite à la publication récente de Boire le temps sur le blog.  Merci à lui pour son beau texte et sa disponibilité.
  • Non loin dans la rue des Archives, dégustation de chocolats à la Chartreuse chez Mazet. De très bons produits accompagnés d'une petite Tecla Jaune 2006.
 

Un grand merci à Philippe, aux Caves Bossetti et à Chartreuse !

Voir aussi :