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dimanche 8 février 2015

The drunken botanist

“Le botaniste ivre” est comme son sous-titre l’indique consacré aux plantes qui entrent dans la recette de boissons alcoolisées du monde entier. La démarche se veut didactique, à la croisée de la botanique et du savoir-vivre.
 
L’auteur, Amy Stewart, y fait preuve d’érudition en décrivant une longue série de plantes, herbes et épices divers, énumérant leurs propriétés et leur usage appliqué au domaine du bar et des préparations alcoolisées.
 
Bien entendu il y est question de chartreuse, mais pouvait-il en être autrement dans un tel ouvrage ? La liqueur des Chartreux est évoquée à multiples reprises, via l’énumération de certaines espèces végétales mais également au travers de recettes. Elle est mentionnée aux entrées correspondant aux plantes suivantes :
Mais un plus grand nombre d’espèces sont décrites comme entrant dans la composition des liqueurs à base de plantes. Un ouvrage instructif et bien présenté, mixant culture et boisson.

Voir aussi :

lundi 14 juillet 2014

Elixir et produits pharmaceutiques à Tarragone

Lorsque les chartreux reprennent la production de leur liqueur lors en exil à Tarragone, ils y produisent également le fameux élixir végétal. Dans leur laboratoire pharmaceutique ils fabriquèrent également d'autres produits hygiéniques et médicinaux, qu'ils exportaient également en France.

Elixir végétal fabriqué à Tarragone par les Pères Chartreux

Son histoire suit celle de la liqueur, après l'expulsion des Chartreux sa production reprend à Tarragone sous une nouvelle présentation tandis qu'en France l'appelation commerciale continue d'être exploitée par les liquidateurs. Par la suite la double-étiquette sera d'usage jusqu'au début des années 1940.

Photographie de la pharmacie de la distillerie de Tarragone, détruite par un bombradement en 1938

Autres produits hygiéniques et médicinaux

Planche de l'exposition "400 ans d'histoire"
Outre l'élixir, les plus connus sont le dentifrice de la Grande Charteuse, à 80 degrés et la boule d'acier (ou minérale) composé d'un "mélange de fer et de substances gommeuses et balsamiques". La boule pouvait être utilisée en usage externe ou en infusion, "constituant ainsi un remède tonifiant, apéritif et nullement corrosif dont les bons effets sont de plus en plus appréciés" (et nombreux à en croire les prospectus de l'époque).
Cette même pharmacie produisait "le plastron hygiénique efficace disait-on pour les maladies de la poitrine et de l'estomac ; les pastilles pectorales ; la toile souveraine, efficace pour rétablir la circulation sanguine ; la teinture anti-rhumatisante ; la pierre chartreuse ou "sel de Saturne", aux grandes propriétés curatives, tant pour les maladies des yeux comme pour les plaies de cicatrisation difficile ; les pilules anti-bilieuses, en tant que purge, et, enfin les pommades suppurantes et résolutives".

La fin de la production
Celle-ci sera bien antérieure à celle des liqueurs puisque les derniers produits pharmaceutiques élaborés furent la boule d'acier et l'élixir végétal à 68 degrés qui cessèrent d'être fabriqués en 1964. Cela s'explique notamment par les évolutions règlementaires et administratives, qui se faisaient plus contraignantes, mais également par les évolutions du marché.

Voir aussi :

dimanche 25 mai 2014

Elixir végétal du 19ème siècle

Ancien élixir végétal de la Grande Chartreuse, antérieur à 1903 et tel que commercialisé à la fin du 19ème siècle.


On retrouve la présentation déjà caractéristique de l'élixir avec son flacon en verre, son étui protecteur en bois dans lequel est inséré un feuillet vantant ses propriétés.
 
A cette époque l'élixir titre à 68° (contre 69° aujourd'hui) et existe en différents formats (8, 12, 16 et 20cl). Dans les années 1890 le flacon de 12cl est à 3 francs, selon la grille tarifaire d'alors.
 
Sur l'étui figure un étiquette Dubonnet en sur-ajout qui précise les adresses de quatre "maisons de ventes" de la marque à Paris. Dès cette époque ce distributeur entretenait des relations commerciales privilégiées avec les chartreux...

Au fond de la bouteille reste un reliquat fort épais et sirupeux. En dégageant précautionneusement le bouchon en liège du flacon, on découvre un nez de sirop végétal. Une douce odeur de sapin à laquelle se mêlent un bouquet d'herbes aromatiques, thym et serpolet, et un coté boisé... Cela embaume !
 
Le feuillet est intitulé "Vertus et usage de l'essence végétale ou L'élixir de la Grande Chartreuse". Il porte la signature de procureur du couvent de l'époque, F. Marcel Grézier et consiste en une énumération des propriétés bienfaisantes de l'élixir. Vus d'aujourd'hui certains passages paraissent un peu désuets mais le produit existe toujours !
A noter : le document est déjà à l'époque traduit en d'autres langues, avec des encarts en anglais, allemand, italien et espagnol, signe que le produit bénéficiait d'un rayonnement important.
Pour conclure un extrait :
"Il est encore à remarquer que l'alcool qui entre dans sa composition ayant perdu toute son âcreté par une préparation particulière, il n'est pas à craindre qu'on s'en trouve incommodé, pourvu que l'on en abuse pas."
Voir aussi :

mardi 12 juin 2012

La symphonie des plantes

La Chartreuse et les plantes qui la composent se confondent, elles lui confèrent non seulement goût, arôme et couleur mais bien plus encore !

Plantes et herbes entrent dans la composition de la Chartreuse...
Combinées aux eaux-de-vie, elles constituent la base des liqueurs monastiques traditionnelles. Pour la chartreuse, c’est d’autant plus vrai avec sa composition secrète à base de plus de 130 ingrédients naturels, plantes aromatiques, herbes médicinales, mais également flore des montagnes des Alpes, épices exotiques...
Les espèces végétales sont sélectionnées, séchées, préparées et combinées, elles entrent dans les procédés de macération et de distillation successifs. Outre la couleur, elles confèrent leurs propriétés gustatives et odorantes ; les différences entre la Jaune et la Verte sont à ce titre éloquentes. Et comme le stipule ce livret publicitaire : “Ce secret transmis du Moyen Age est une merveille, car l'arôme de toutes les plantes est mêlé de façon si harmonieuse, qu'on ne peut en reconnaître aucune”.


… et contribuent à définir son image
De par son histoire la Chartreuse se retrouve associée aux herbes qui la composent : une origine mystérieuse, un parchemin renfermant un savoir ancien, la recette secrète d’un élixir de longue vie... Une composition complexe, intégralement naturelle, qui fut élaborée par un “habile apothicaire”, frère Jérome Maubec au terme de recherches laborieuses... Sont évoqués en filigrane la route des épices et le savoir de l’herboriste...
Il n’est ainsi guère étonnant que ces thèmes furent très utilisés dans la publicité pour caractériser la “reine des liqueurs” : outre les grands épisodes de l’histoire de la liqueur, citons la scène de la cueillette des plantes du massif de la Chartreuse par les moines, en Espagne la campagne sur la “Sinfonia des plantas”…

Les plantes et leurs vertus
La référence à l’herboristerie est présente, elle figure la connaissance des divers espèces végétales et l’étude de leurs propriétés car la tradition à chaque plante attribue un certain nombre de vertus. Cela renvoie aux traités médiévaux, aux planches de botanique mais également à des pratiques plus alchimiques... Qui plus est, la Chartreuse est une "liqueur hygiénique" et les slogans publicitaires pour l'élixir mettent bien en avant ces aspects !
Ainsi la recette exacte fait l’objet de spéculation, de la part des curieux mais également des contrefacteurs et des liquoristes “en herbes” tentant d’en reproduire la composition... Une photographie de la première page du manuscrit a livré une partie de ses secrets. Lors du récent Printemps des liqueurs, le visiteur pouvait toucher et humer un certain nombre de variétés : feuilles d’olivier, ginko biloba, centaurée, fleurs de genet, bétoine etc.
Mais en la matière les joies de la dégustation d’une chartreuse ne valent-elles pas une longue énumération ?

Voir aussi :

mardi 3 avril 2012

Le Printemps des liqueurs aux caves de la Chartreuse

Les samedi 31 mars et dimanche 1er avril Chartreuse Diffusion participait au Printemps des liqueurs, opération nationale associant une trentaine de liquoristes. L’occasion pour découvrir ou redécouvrir différentes liqueurs françaises dont la fameuse Chartreuse.
Cette manifestation coïncidait avec le coup d'envoi de la saison estivale de visites des Caves de la Chartreuse (ouverture les week-ends). Différentes animations avaient lieu en cette occasion : découverte de plantes, réalisation et dégustation de cocktails et également des démonstrations de danse, hip hop, écossaise et country, présentées par des associations locales.  

Découverte de plantes
Les visiteurs avaient l’occasion de découvrir des plantes aromatiques et odoriférantes parmi quelques-unes entrant dans la composition de la Chartreuse. Les plantes ou les graines étaient disposées dans des présentoirs et on pouvait y glisser les mains pour mieux apprécier leurs odeurs.

Réalisation et dégustation de cocktails
Les shots :
  • Hulk - Chartreuse Verte, Baileys.
  • Pick me up - Chartreuse Verte, Liqueur de Mûre des pères Chartreux.
Les traditionnels :
  • Chartreus’ito - Chartreuse Verte, citron vert, menthe, sucre cassonade, eau gazeuse.
  • Chartreuse Tropique - Chartreuse Verte, Vodka, jus d’ananas, jus de citron vert.
Les “Mixologists” :
  • The Last Word - Chartreuse Verte, Gin, Marasquin, jus de citron vert.
  • Bijou - Chartreuse Verte, Gin, Vermouth rouge, Bitter orange
Le Last Word et le Bijou sont des recettes créées dans les années 1920-1930 aux États-Unis, ce sont des cocktails haut de gamme que l’on peut retrouver dans des grands hôtels à travers le monde.
Pour ce qui est de la dégustation voici quelques impressions recueillies auprès de quelques visiteurs :  Chartreuse Tropique - fruité et sucré, petite ressemblance avec le punch. - Le Bijou - goût assez fort en alcool, sec mais agréable, le Vermouth et le Gin dominent, mais il y a un bel équilibre avec la Chartreuse verte. - The Last Word, très bon, frais avec le citron puis un petit goût de cerise qui vient après.

Il est à noter que pour l’occasion les caves contenant les précieux foudres étaient exceptionnellement en accès libre. Rendez-vous pour la prochaine édition, peut-être en direct de Voiron !
[Merci à Véronique, Jean et Marc-Antoine pour leur précieuse contribution]

jeudi 9 juin 2011

Les liqueurs d’origine monastique

Les liqueurs monastiques constituent un segment du marché des spiritueux en partie au moins assimilé à celui des liqueurs à base d’herbes et d’épices. La chartreuse aujourd’hui encore produite sous la supervision de moines en fait figure d’exemple-type tant par l’héritage lié à son histoire que par sa composition à base de plantes et son goût caractéristique.


Des origines...
Ces liqueurs sont très anciennes et avant d’être un produit d’agrément il s’agissait de concoctions de plantes fabriquées par des moines et destinées à soigner. Au Moyen Age ce sont les ordres religieux qui détiennent le savoir nécessaire, herboristerie et connaissance des procédés de production. Initialement d’une commercialisation locale et limitée, leur nombre est élevé et les variantes de compositions sont très nombreuses et diverses.
Le XIXème siècle voit triompher la chartreuse en terme de ventes et de renommée et selon Michel Steinmetz, auteur de l’ouvrage de référence à son sujet : “celle qui fut nommée "Reine des liqueurs" et qui régna sans partage sur le monde des digestifs entre 1840 et 1973 fut la Jaune... à 43°.” Ce type de produit est alors en phase avec les habitudes de consommation du public et le marché se développe fortement, le progrès technique et la révolution industrielle permettant une production bien plus importante qui sera aussi le fait d’industriels.

… au terme du XIXème siècle
Il n’est pas rare que ces derniers s’inspirent des compositions et présentations des produits monastiques et traditionnels afin de profiter de leur image de marque et de leur succès sur ce lucratif marché. Il est donc important de distinguer les liqueurs effectivement produites par les moines. En ce qui concerne la chartreuse cela donne lieu à de nombreuses contrefaçons et imitations et ainsi à une abondante chronique judiciaire aux prémices des réglementations en terme de propriété industrielle.
La prospérité du créneau des liqueurs à base de plantes va être mise à mal dans la première moitié du XXème du siècle du fait de l’évolution des goûts des consommateur et du développement d’autres créneaux dont celui des boissons à base de fruits que le progrès technique en matière de conservateurs rend possible.

Liqueurs d’origine monastique - exemples et éléments caractéristiques
La chartreuse en est l’illustration par excellence, aujourd’hui encore la fabrication est supervisée par des moines chartreux ce qui constitue un argument commercial (cf nombreuses publicités ou les contre-étiquettes ATC). De nos jours son positionnement entre tradition et modernité est intéressant et les campagnes marketing transcrivent bien cet état.
On peut aussi citer la Bénédictine de Fécamp et la Lérina de l’abbaye de Lérins ainsi que, parmi des liqueurs à base d’herbes et d’épices, l’Izarra de la côte basque ou la Kerman. A noter que pour la plupart ces produits se déclinent en variantes jaunes et vertes à l’image de la chartreuse.

Les liqueurs monastiques sur :
  - The cocktail database
  - Les alcools des vieux bistrots

Outre l’origine de leur production qui est le fait d’ordres religieux, un certain nombre d’éléments les caractérise :
- Une recette ancestrale, qui s’inscrit dans une dimension historique et renvoie à la tradition, et en outre souvent tenue secrète jusque dans la nature de ses ingrédients
- Une composition à base de plantes, aromatiques, médicinales et d’épices
- Un produit attaché à une origine religieuse et/ou géographique
- Une présentation caractéristique des étiquettes et bouteilles avec des similarités dans l’aspect traditionnel de l’image de marque et l’usage de symboles et d’une identité visuelle différenciante des autres liqueurs

mercredi 19 janvier 2011

Anciens dépliants d'Elixir Végétal

Conditionné dans son étui protecteur en bois, le flacon d'Elixir Végétal de la Grande-Chartreuse est traditionnellement accompagné d'un dépliant qui en rappelle l'histoire, les vertus et les façons de le consommer. Bien entendu ces derniers ont évolué au fils des présentations successives du produit et des circonstances. En voici un certain nombre d'illustrations.

Les deux premiers datent de la seconde guerre mondiale, respectivement de 1939 et de 1944 (du fait des rationnements liés aux conflits la bouteille est protégée par un étui cylindrique de carton rigide). A noter que les deux mentionnent la datent de 1607 et non 1605.

Celui de 1939 est accompagné d'un coupon précisant : "Pour nous permettre de continuer à vous approvisionner d'Elixir, rapportez ce flacon vide à votre fournisseur en le priant de le faire suivre à - Grande Chartreuse, Voiron (Isère) - avec ceux qu'il aura regroupé."

Le dépliant suivant précise ces conditions et mentionne en outre "Le transvasement est interdit (Loi du 24/09/1941 sur l'étiquettage)". Ces éléments figurent directement sur le document lui-même en non plus sur un coupon et outre l'étuis, la qualité du papier et le contenu du dépliant ont été affectés par le conflit. Les Pères Chartreux ont regagné le monastère de la Grande Chartreuse en 1940.

  
Ce dernier dépliant date a priori de la fin des années 1960. 

Voir aussi :