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lundi 21 août 2017

Voyage des Fous de Chartreuse 2017

Fin juin, les Fous de Chartreuse se rendirent dans le Dauphiné pour un voyage convivial placé sous le signe de leur liqueur favorite.
  
6 ans après
Une petite assemblée de vert et de jaune vêtue se retrouve devant la gare de Grenoble en ce dimanche matin. Depuis la précédente édition de ce qu'il convient de nommer le pèlerinage de Fous de Chartreuse, six années se sont écoulées. Entre temps la communauté a visiblement prospérée puisque cette année, ce seront deux fois une soixantaine de personnes - vignerons, cavistes, restaurateurs, sommeliers, etc. - qui auront le privilège de parcourir les terres de la Chartreuse. Outre l’intérêt partagé pour la Chartreuse et un programme aux petits oignons, c’est dans la diversité de ce groupe que se trouve une des richesses de ce voyage… Une fois l’équipée au complet, direction le col de Porte. Hôtel Cartusia, nous voilà.



Un programme très riche
Tel qu’annoncé par le courrier d’invitation ce sont deux journées bien chargées qui attendent les participants, entre visites et découverte de la région et bons moments partagés entre passionnés autour de leur dénominateur commun, la liqueur des Pères Chartreux :
  • Buffet montagnard pour débuter après une Chartreuse mule en terrasse sous les auspices de la fraîcheur ensoleillée des sommets. Belle ambiance d'office autours des tablées et au dessert avec l’ouverture de premiers beaux flacons par des convives, si bien l'on prît un peu de retard dès la première étape...
  • En bus, direction le désert de la Grande Chartreuse pour une visite express du musée de la Grande Chartreuse, suivie d’une promenade jusqu’au monastère et même, pour les plus courageux, une petite ascension jusqu’à la fameuse croix qui le surplombe. Un bol d’air frais et de silence. De retour au bus, nouveau retard, et comme diraient certains « Il n’y a pas de hasard »…
  • Découverte du chantier (en cours de finalisation) de la nouvelle distillerie à Aiguenoire. L’occasion d’avoir un aperçu des travaux et de la configuration des lieux et le privilège de bénéficier d’une visite commentée par Bertrand De Nève lui-même ! Ancienne ferme traditionnelle, nouvelles salles de fabrication de la liqueur, cave de vieillissement…  Ces nouvelles installations marquent un jalon dans l’histoire de la liqueur.
  • Retour à l’hôtel pour un apéritif à base de Chartreuse verte, Campari et élixir végétal avant de passer à table autour du grand loto présidé par le bon Philippe. Le diner made in Dauphiné  une fois conclu, les hostilités pouvaient débuter !
  • Comme le veut la tradition des Fous de Chartreuse, chacun a pris soins de ramener de beaux flacons à partager et à déguster. Ces présents disposés sur une table firent briller les regards et crépiter les flashs. S’en suivi une intense et prolongée séance de dégustation ponctué de commentaires et autres exclamations. On n’était pas loin de l’exégèse…
  • Les cruches d’eau de source n’y firent rien, le petit déjeuner commençait  à 7h… mais étonnamment personne ne commanda de Green Chaud.
  • Le lundi matin nous partîmes pour une toujours émouvante descente aux caves de Voiron. Nous avons l’occasion de rencontrer les hôtesses d’accueil et l’équipe des achats, toujours fort sympathiques. Et nous avons eu la chance de visiter la chaine d’embouteillage en activité et chacun pu cirer la flask de liqueur jaune remise à chaque participant pour l’occasion.
  • Dernier déjeuner à Grenoble pour un ultime moment convivial autour de la cuisine du Dauphiné qui nous a régalés ! Découverte du vin de noix  des Chartreux et de la gentiane nouvelle recette et nouvelle présentation. Le moment était venu de nous quitter sur le quai, avec une pensée pour Thierry qui à coup sûr aurait apprécié ces bons moments !
Mille mercis à Philippe et Bruno des caves Bossetti ainsi que Philippe Bonnard et Chartreuse Diffusion pour ce voyage riche en émotions et en très bons moments. Quant aux Fous de Chartreuse, rendez-vous le 7 octobre prochain !

NB : D'autres photos seront mises en ligne prochainement...

Voir aussi :

samedi 19 mars 2016

Boites de mignonnettes anciennes

Quelques clichés d'anciens modèles de mignonnettes de Chartreuse conditionnées en boites et aux couleurs du produit. Ces objets datent des années 1950 aux années 1970 et on voit l'évolution de la présentation selon les périodes.
 
 
Très belle présentation avec un motif de vitraux et l'étiquette de la période 1956-1964. Les flacons sont assemblé par paires et l'ensemble se replie.

 
Une jolie boite aux couleurs du monastère de la Grande Chartreuse et un médaillon avec un alambic et un moine. "Fabriqué par les Pères Chartreux". Douze mignonnettes de Chartreuse Verte, vraisemblablement de la fin des années 1960. A noter également l'inscription "Reine des liqueurs".
 
 
A gauche une boite du début des années 1970 avec un motif de vitrail reprenant les couleurs de la liqueur. A droite, la même avec d'autres modèles, l'un de vertes plus récent, l'autre dont les jaunes titrent encore à 43°...
 
 
A Tarragone, l'emballage est plus sombre, du carton blanc, mais plus fourni. Vingt-quatre flacons de 3cl de la fin des années 1960, début 1970... Le contenu n'est pas panaché entre jaune et verte. A noter la couleur claire de la liqueur jaune.
 
Voir aussi :

lundi 30 novembre 2015

La Chartreuse et la seconde guerre mondiale (1/2)

Durant les années 1930, les Chartreux ont repris la fabrication de leur liqueur à Fourvoirie puis à Voiron. C’est lors des événements du second conflit mondial qu’ils vont finalement regagner leur monastère dont ils avaient été expulsés en 1903. “De l’armistice à la Libération il s’est passé à la Grande Chartreuse bien des choses dignes de mémoire” raconte Ambroise Jobert, une des principales sources de cet article.
 
En 1940, dans les armées françaises et britanniques...

Isère 1940
Si la production des liqueurs a repris en France dans les années 1930, l’ordre des Chartreux est toujours en Exil en Italie lorsque éclate la guerre. "Le 29 mai 1940, le R.P. Dom Ferdinand, affrontant les risques de cet exode, arriva à Grenoble avec le petit groupe de moines français et s'installa près de Voiron, à Orgeoise, dans la résidence des frères chargés de la fabrication de la liqueur". Il leur faut solliciter l'autorisation de s'installer à la Grande-Chartreuse, démarche compliquée par les circonstances du conflit militaire. La situation les force à s'en affranchir.

Retour à la Grande Chartreuse
"Le 20 juin (...)  Dom Ferdinand arriva en voiture à St Pierre de Chartreuse, ayant franchi de justesse les barrages préparés pour arrêter les allemands tout proches. Le 21 juin, les trois moines se présentèrent à la porte du monastère (...) Les 23 et 24, le flot de l'invasion allemande vint mourir contre le massif de Chartreuse, sans avoir atteint le monastère." Tandis que se joue la bataille de Vorreppe, après 37 années d'exil les Chartreux reprennent leur vie de prière et de silence dans le haut lieu de leur ordre. Voir l’article consacré à ce retour qui allait annoncer celui de l'étiquette de 1869 sur les bouteilles de liqueur.

En temps de guerre
Les choses vont évoluer au gré des circonstances, près de la ligne de front et au fil du conflit : "Tout se passa bien jusqu'à l’occupation italienne en novembre 1942. (...) Un colonel vint, en janvier 1943, les avertir qu'ils avaient fait l'objet de nombreuses dénonciations locales mais qu'il n'y aurait pas de perquisition avant février. (...) En septembre 1943, l'Italie passe dans le camp des Alliés. La Wehrmacht envahit Dauphiné et Savoie."
Durant ses années, le monastère servit de cache de matériel et de personnes et fut même visité par le sculpteur Arno Brecker qui y savoura un verre de liqueur. Au cours de toute la période les Chartreux donnèrent asile à des personnes menacées, par la police de Vichy puis par les occupants italiens et ensuite allemands.
"Les Pères aidaient de leur mieux les maquis installés dans les Granges de l'ordre" et à proximité en Chartreuse. Des témoignages font état de silhouettes en habit blanc aperçue de nuit dans le massif…
 
(A suivre...)
Voir aussi :
  • La Chartreuse et la seconde guerre mondiale (2/2)
  • "La Grande-Chartreuse de l'Armistice à la Libération", Ambroise Jobert et Dom X**
  • "La Grande Chartreuse" par un chartreux
  • Guerre civile ? Un petit verre de Chartreuse

samedi 21 novembre 2015

"Une Chartreuse"

Une nouvelle cuvée de liqueur des Pères Chartreux est un évènement plutôt rare et lorsqu’il s’agit d’un produit haut de gamme cela ne laisse pas professionnels et amateurs indifférents.

Une chartreuse
Chartreuse Diffusion a commercialisé dans le courant de cette année 2015 deux nouvelles cuvées très limitées de liqueurs jaunes et vertes. Il s'agit d'assemblages de chartreuse avec une base de liqueur vieillie plusieurs décennies en fût. Le titrage est de 40,6% pour la jaune et 52,9% pour la verte.
 
 
 Texte de la contre-étiquette :  
"Les Pères chartreux nous proposent pour la toute première fois cet assemblage unique, dont la base a vieilli plusieurs décennies dans des demi-muids en chêne. Par la suite, les moines prélèveront chaque année une très faible quantité de cet ensemble pour donner naissance à "Une Chartreuse". Ces mêmes demi-muids seront ensuite complétés avec les plus vieilles liqueurs dont ils disposent."
Ce mode de production n'est pas sans rappeler celui des solera, la part la plus ancienne élevant l'ensemble. Cela implique une récurrence de cuvées par nature différentes, dont les prélèvements annuels seront comblés par de nouveaux ajouts de liqueurs vieillies.
 
Présentation
La dénomination de la cuvée fait astucieusement référence à celle utilisée fut un temps pour la chartreuse de Tarragone qui avait été substantivée ("Une Tarragone" lisait-on sur les publicités et les bouteilles). Cela renvoie à la riche histoire de la chartreuse mais aussi au vieillissement important d’une partie de la liqueur entrant dans sa composition.
Un  nouveau modèle d’étiquette se décline en versions jaunes et vertes. Le design se veut épuré et fait référence à l’aspect rétro des anciens modèles. L'année de mise est inscrite en rouge sur l'étiquette et chaque exemplaire est numéroté.
Les bouteilles au cabochon chartreuse gravé sont en verre soufflé artisanalement. Elles sont rangées dans des étuis en bois de type VEP qui contient également une clé usb détaillant la fabrication des bouteilles. Un livret présentant la cuvée est également inclus.

Commercialisation et discussions
Non seulement les quantités produites sont très limitées (120 exemplaires de chaque tous les ans) mais la vente de ces liqueurs est exclusivement restreinte aux professionnels, restaurateurs et sommeliers.
On peut tout d’abord s’interroger sur la nature de cette base "vieillie plusieurs décennies dans des demi-muids en chêne". D'où proviennent ces stocks significatifs de vieilles liqueurs qui semblent distincts des futs mis en vieillissement pour la VEP ? S'agit-il de réserves très anciennes des caves de Voiron ou de stocks d'autres provenances ?
La principale question reste de savoir à quoi ressemble la dégustation de cette cuvée "Une Chartreuse" ? A quel type de vieilles chartreuses peuvent-elles se comparer ?
 
Voir aussi :

vendredi 10 juillet 2015

Premières fêtes Vertes et Or à Voiron

Du 22 au 26 juin c'est tenue à Voiron une première édition des Fêtes Vertes et Or, évènement organisé par Chartreuse Diffusion en partenariat avec la ville. Le blog ne fut pas en mesure de s’y rendre, aperçu toutefois de cette première édition.


Le contexte
Ces réjouissances avaient vocation non seulement à célébrer la liqueur dauphinoise mais aussi à rappeler les liens de la Chartreuse avec la ville de Voiron, et ce malgré le départ prochain de la distillerie vers le site d’Aiguenoire. La démarche a vocation à devenir récurrente avec des festivités biennales.
On retrouve bien ici une logique d’animation territoriale et commémorative comme c’est le cas à Tarragone avec la Santa Tecla. La preuve, il y a même une cuvée spéciale de liqueur verte pour l’occasion ! Sur le modèle des chartreuses dédiées au marché espagnol, le visuel des festivités figure en contre étiquette.

Aperçu du programme
Retrouvez la présentation de l’événement sur le nouveau site chartreuse.fr, dont voici des moments forts aux couleurs de la chartreuse :
  • De nombreuses animations en liens avec des établissements la ville (voir la carte)
  • Une exposition sur le thème de Fourvoirie avec des clichés inédits
  • Lors du marché place St Bruno une animation autour des plantes et leurs senteurs
  • Des visites du site de Fourvoirie : "Le Guiers, les ponts, les bâtiments des forges, le sentier de Cote Curt, vue surplombante de la distillerie et circuit autour de la distillerie".
  • Une conférence de Raymond Joffre de l’Académie Delphinale suivie d’échanges sur « Alpinus et le pays voironnais, la Chartreuse ».
  • Une soirée des Chefs aux Caves de la Chartreuse pour déguster des spécialités à base de Chartreuse réalisées par les chefs étoilés de l’Isère

Photo de Laia Díaz Segura via Històries d'una càmera  : grand merci à elle !






Les castellers à Voiron !
Figures emblématiques des festivités catalanes à Tarragone les fameuses pyramides humaines, les castellers, se sont produits à Voiron pour l’occasion. L’association Colla Castellera Sant Père i Sant Pau de Tarragone a fait 6 pyramides différentes,  prestations toujours aussi impressionnantes. Jean qui était sur place nous fait part de son retour :
“Effectivement j'ai parlé un peu en espagnol avec certains mais c'était simplement pour savoir qu'ils étaient une cinquantaine, tous vêtus de vert, venus de la région de Tarragone et que chez eux ils sont plus d'une centaine pour faire les pyramides humaines, que le lendemain samedi ils allaient se produire à nouveau vers la distillerie de la Chartreuse et que successivement, ils allaient monter des pyramides de 2, puis 3, puis 4 niveaux.  C'est ce que nous avons pu voir, accompagné d'une mélodie au fifre et au tambour.
Pour commencer, ils se sont tous religieusement recueillis sur le parvis de la cathédrale de Voiron, puis quelques uns ont monté une simple et  instable colonne à 4 niveaux, qui a descendu les marches puis s'est déplacée d'environ 80m au travers 2 rangées de spectateurs jusqu'à une grande surface ronde réservée près du podium. Les colonnes se sont succédées devant les spectateurs  inquiets et médusés. A la fin de leur représentation, tous les participants se sont congratulés, puis les plus jeunes ont dansé ensemble, danse du foulard et danse en rangs par 2, toujours en musique entraînante.”
 [Merci à Rodolphe et Jean]
 Voir aussi :

mardi 23 juin 2015

Anciennes PLV Chartreuse

Outils promotionnels, les PLV - publicités sur le lieu de vente - se déclinent en deux sortes en ce qui concerne la liqueur des Chartreux. En effet le lieu de vente varie selon qu’on l’achète en bouteille ou pour la consommer sur place. Tantôt utilitaires tantôt décoratives, les plus anciennes avec leur charme vintage sont de vrais objets de collections.

Chez les cavistes
La finalité est de présenter la chartreuse et de la mettre en valeur par rapport aux autres produits.
  • Des bouteilles factices de Chartreuse, par exemple pour les exposer en vitrine. Si cela est encore utilisé de nos jours pour les bouteilles de VEP, la pratique est bien plus ancienne pour la liqueur, voir cet exemplaire des années 1960.


  • Des objets décoratifs, comme par exemple des plaques métalliques aux couleurs de la chartreuse. Leur design évolue avec le temps et la présentation des bouteilles. Il y a aussi un modèle de lampe de chevet montée sur un jéroboam à l’étiquette des années 1960.
 
  • Enfin un produit aussi particulier que l’élixir végétal bénéficie bien entendu de quelques objets lui étant dédiés : porte-étuis, affiche cartonnée, etc.
Au bar
Ici les PLV côtoient les objets promotionnels plus utilitaires : verres, nécessaire à cocktails et autres accessoires. Il s'agit d'être visible auprès du consommateur, pour cela des éléments de décorations, voire des créations plus insolites, vont être utilisés.
  • Des éléments de décoration, des plaques murales mais aussi un support pour afficher le prix des verres de liqueur.

  • Un miroir avec éclairage. Visiblement produit en petite série, cette installation au design retro se branche sur le secteur ce qui illumine l'inscription sur le verre et le pourtour du cadre. "Création "Jendem" - Breveté S.G.D.G. - 75, avenue de la Capelette - Marseille".
 
  • Green Fire, un objet conçu spécifiquement pour la campagne promotionnelle du même nom, sur le marché américain dans les années 1970. Ce présentoir a la spécificité d'être animé. La bouteille posée dessus tourne et un jeu d'éclairage depuis la partie inférieur donne l'impression de flammes. Voilà qui en impose sur le bar, "For men who like to play with fire" !

Voir aussi :

mardi 30 décembre 2014

La distillerie Chartreuse va déménager

La question nourrissait les discussions en pays dauphinois depuis quelques mois, Chartreuse Diffusion vient d’annoncer l’emplacement de la nouvelle distillerie de sa fameuse liqueur.

Les raisons d’un changement
Les évolutions de la réglementation sur la production d'alcool vont contraindre les Chartreux à déménager leurs activités de distillations et de vieillissement de liqueur actuellement effectuées à Voiron et ce depuis 1935.
Étaient notamment en question les quantités des stocks liés au vieillissement et la mise en conformité du site de Voiron eut été trop coûteuse. Il n’est pas exclu de faire d’une contrainte une opportunité pour améliorer la fabrication en s’affranchissant des limites de la configuration des actuels locaux.


Une nouvelle distillerie à Aiguenoire
Aussi il est prévu de réaliser la production et le vieillissement des liqueurs dans un nouveau site, “La Grange des Chartreux” à Aiguenoire, un hameau situé sur la commune d’Entre-Deux-Guiers. Localisé à moins de 15 kilomètres du monastère de la Grande Chartreuse, le lieu accueille une grange étable des Chartreux datant du 17ème qui servait à l'approvisionnement en nourriture des moines. Il y a aussi deux étangs à l’origine utilisés par les Chartreux pour l’élevage de poissons.
A noter également que cette 5ème distillerie des Pères Chartreux se situera à quelques kilomètres seulement de l’ancien site de Fourvoirie.


Perspectives
Le site actuel de Voiron ne sera bien entendu pas abandonné pour autant : le musée, l’administration, l’embouteillage et l’expédition y resteront installés.
Les démarches liées au déménagement vont prendre du temps et la production sur le nouveau site ne commencerait pas avant 2018. Dans le récent reportage sur France 3, Dom Benoît évoque aussi le fait que ce changement sera l’occasion de moderniser les moyens de fabrication des liqueurs.

Voir aussi :

samedi 13 décembre 2014

Cuisine & Chartreuse

Nous l'avions rencontrée lors de la journée à Voiron pour les 250 ans de la liqueur verte, Mylène de Cuisine & Vanity vient nous parler... de chartreuse !

Comment t'es tu intéressée à la chartreuse ? Peux-tu nous en dire plus ?
"J’ai connu la chartreuse en venant habiter en dessous de Voiron. Originaire de Haute-Savoie ma jeunesse a plutôt été bercée par la gnole…enfin façon de parler ;) J’ai eu la chance de visiter les caves, et de passer une soirée dinatoire à l’époque juste à coté des immenses foudres conservant le nectar. Le coté pittoresque de cette soirée, et le mystère de cette recette conservée par seulement 2 pères Chartreux a rajouté à ma curiosité de découvrir ce breuvage mystique et son histoire.
J’ai alors rencontré Philippe Boyer aux caves de Chartreuse pour en savoir plus sur l’histoire de cette liqueur et déterrer son secret. Pour le secret ce fut peine perdue ;) ! Il reste bien gardé dans un coffre au monastère et sa formule connue uniquement des pères Benoit et Jean-Jacques. Quant à sa légende, elle est fascinante et l’on devient addict au mystère qui l’entoure.
Coté organoleptique, dès le départ j’ai aimé l’odeur, les effluves herbacées de cette liqueur, ses reflets jade, olive, sans toutefois pouvoir la boire. Ma particularité est justement de ne jamais en déguster, et de ne la consommer qu’en cuisine !
J’adore l’association de son parfum au chocolat, en mousse ou dans des truffes par exemple. Ou dans une sauce. Attention toutefois à la cuisiner à froid car comme tout alcool le bouquet de la chartreuse se fane dès qu’il est chauffé !"



Il y a plusieurs recettes sur ton blog, peux-tu nous en parler ? Pourquoi cuisiner avec de la chartreuse ? Des conseils pratiques ?
"J’aime cuisiner des recettes de terroir, classiques, certes, mais j’essaie néanmoins toujours d’ajouter une note personnelle, une épice exotique, un poivre atypique, un alcool différent. Cuisiner la chartreuse quand on ne la boit pas et qu’on aime sa fragrance m’est apparue comme une évidence.
La chartreuse est un produit chargé d’histoire, et comme tout produit il est important de le respecter quand on le cuisine. C’est une liqueur puissante et son goût peut être dérangeant aussi.
Il est donc important de doser légèrement au départ si on ne l’a jamais cuisiné. Mais sa saveur est tellement distinctive, singulière, qu’elle sublime un plat familier, transforme un met ordinaire, et révèle un produit noble également.
Par exemple je ne cuisine plus la mousse au chocolat qu’ AVEC de la chartreuse verte. Chaque personne qui la goûte aime cette saveur surprenante. Et en crème brulée, recette empruntée au Chef Jean Sulpice 2 étoiles au Michelin, c’est un délice ! Techniquement la chartreuse a du mal à supporter la chaleur et d’être cuite, car son goût s’évapore. Je rêve par exemple de mettre au point un foie gras à la chartreuse verte mais je teste encore les dosages pour être vraiment au point.
Liqueur fine et parallèlement dominante, son utilisation doit être faite avec parcimonie pour ne pas devenir écœurante en cuisine. Pour le sirop de mon baba à la chartreuse jaune j’ai fait aussi plusieurs essais avant de trouver le bon équilibre. Et puis c’est aussi une question de goût. Dans la crème brulée, je suis généreuse en chartreuse car il y a une cuisson qui réduit sa puissance aromatique et aussi parce que j’aime ça ;)
La chartreuse est aujourd’hui pour moi un produit qui a toute sa place dans ma cuisine, une place de choix même. C’est un peu une marque de fabrique culinaire, comme certains grands chefs l’ont aussi, avec beaucoup plus de talent que moi !
Emmanuel Renaut chef 3 étoiles à Megève, Christophe Aribert chef 2 étoiles à Uriage sont des porte-drapeau de la fameuse liqueur. Mais chaque personne est à même de la cuisiner et de la savourer, dans un verre ou dans un plat !"
 
En attendant les fêtes, Mylène nous propose sa recette de Truffes au chocolat et chartreuse verte.
 
[Merci à Mylène]

lundi 1 décembre 2014

Reportage "L'histoire secrète de la Chartreuse"

Vendredi dernier dans Enquêtes de régions Rhones-Alpes, France 3 consacrait un beau documentaire à la Chartreuse. 24 minutes sur la liqueur, son histoire et ses spécificités...
 
 
 
L'émission peut être visionnée en ligne via le lien suivant (à partir de 20 min 53) :
http://france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/emissions/enquetes-de-regions-rhone-alpes


Outre un reportage sur le lieu de production, des échanges avec les moines liquoristes, le documentaire illustre le monde des amateurs de la liqueur, l'occasion à partir de 39 min 37 de retrouver les images tournées lors de la dernière dégustation des Fous de Chartreuse en octobre dernier !

dimanche 29 juin 2014

Festivités aux caves de la chartreuse

Lundi 23 juin à Voiron on célébrait les 250 ans de la liqueur verte ; ce fût également le lancement des activités estivales aux caves de la chartreuse. La journée fut en effet festive, rythmée par de multiples animations et en présence de nombreux amateurs de la région et d'au-delà.

Les caves avaient été aménagées pour l'occasion et dès l'accueil le visiteur n'avait qu'à suivre le tapis vert, longer les futs de vieillissement pour regagner le hall, les expositions et la cours où se tenait la plupart des animations...

Aperçu de quelques moments de cette journée du 23 juin qui s'est tenue dans la bonne humer et sous un soleil radieux.


Des animations tout au long de la journée : buffet convivial le midi, gâteau d'anniversaire pour les 250 ans et discours pour l'occasion, spectacles et concerts, artistes à l'œuvre et quelques rafraichissements à base de chartreuse...

La liqueur verte était bien entendu à l'honneur. On pouvait la déguster on the rocks en écoutant la musique sous le chapiteau, au stand dessert avec chocolats, guimauve et barbe-à-papa à la verte ou encore en cocktails dans la salle de dégustation qui en proposait 6 recettes.

Au final un grand merci à Chartreuse Diffusion pour cette belle journée.

Retrouvez d'autres photos sur les comptes Pinterest et Twitter du blog !

samedi 17 mai 2014

www.chartreuseverte250.com

Le 16.05 de l'an de grâce 2014 fut mis en ligne le site dédié aux 250 ans de la Chartreuse Verte !



L'exposition « 1764 – 2014 Chartreuse Verte, une histoire qui ne fait que commencer » a ouvert ses portes le 17 mai 2014 aux caves de Chartreuse à Voiron. Elle invite les visiteurs à découvrir et à redécouvrir la liqueur fabriquée par les moines de la Grande Chartreuse à travers sa couleur, ses parfums, son goût et les valeurs qu'elle porte.  
Le site internet propose de découvrir les contenus de l'exposition en ligne et de participer au grand livre de la Chartreuse Verte en publiant vos recettes de cuisine et de cocktail à la Chartreuse Verte.
Voir aussi :

mardi 29 janvier 2013

La Chartreuse et les Jeux Olympiques

Outre son origine alpine, on l’a vu dans le précédent article, la liqueur des Chartreux entretient des liens tous particuliers avec les sports d’hiver et donc en toute logique avec les Jeux olympiques d’Hiver ! Ici se croisent marketing, événementiel sportif et liqueur puisqu’il la tenue de J.O. dans les Alpes constitue une occasion rêvée pour des cuvées spéciales d’exception.

Cuvée Olympique Grenoble 1968
Il s’agit d’une cuvée de Chartreuse V.E.P., Jaune et Verte. Sur la contre-étiquette on peut lire :

"Cette liqueur qui a bénéficié d’un vieillissement exceptionnellement prolongé dans les foudres centenaires de nos caves de vieillissement, a été mise en bouteille pour les Xèmes Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble 1968.
Cette cuvée, spécialement préparée par les Pères Chartreux, comprend 4870 bouteilles numérotées et cachetées."
Ce fut également l’occasion de publier un livret rouge en partenariat entre le comité d’organisation des Jeux et la Compagnie Française de la Grande Chartreuse dédié à la présentation de le gastronomie française... et de la liqueur made in Voiron !


Chartreuse Albertville 1992
Voici une bouteille de 50cl, modèle V.E.P., titrant à 50°. Il n’y a pas de contre-étiquette sur cette cuvée mais une étiquette attachée au goulot par un élastique et qui remémore les J.O. de Barcelone et d'Alberville et le 500ème anniversaire de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb... Il y est également précisé qu'il s'agit d'un assemblage de différentes chartreuses à vieillissement exceptionnellement prolongé.


Voir aussi :

mardi 3 avril 2012

Le Printemps des liqueurs aux caves de la Chartreuse

Les samedi 31 mars et dimanche 1er avril Chartreuse Diffusion participait au Printemps des liqueurs, opération nationale associant une trentaine de liquoristes. L’occasion pour découvrir ou redécouvrir différentes liqueurs françaises dont la fameuse Chartreuse.
Cette manifestation coïncidait avec le coup d'envoi de la saison estivale de visites des Caves de la Chartreuse (ouverture les week-ends). Différentes animations avaient lieu en cette occasion : découverte de plantes, réalisation et dégustation de cocktails et également des démonstrations de danse, hip hop, écossaise et country, présentées par des associations locales.  

Découverte de plantes
Les visiteurs avaient l’occasion de découvrir des plantes aromatiques et odoriférantes parmi quelques-unes entrant dans la composition de la Chartreuse. Les plantes ou les graines étaient disposées dans des présentoirs et on pouvait y glisser les mains pour mieux apprécier leurs odeurs.

Réalisation et dégustation de cocktails
Les shots :
  • Hulk - Chartreuse Verte, Baileys.
  • Pick me up - Chartreuse Verte, Liqueur de Mûre des pères Chartreux.
Les traditionnels :
  • Chartreus’ito - Chartreuse Verte, citron vert, menthe, sucre cassonade, eau gazeuse.
  • Chartreuse Tropique - Chartreuse Verte, Vodka, jus d’ananas, jus de citron vert.
Les “Mixologists” :
  • The Last Word - Chartreuse Verte, Gin, Marasquin, jus de citron vert.
  • Bijou - Chartreuse Verte, Gin, Vermouth rouge, Bitter orange
Le Last Word et le Bijou sont des recettes créées dans les années 1920-1930 aux États-Unis, ce sont des cocktails haut de gamme que l’on peut retrouver dans des grands hôtels à travers le monde.
Pour ce qui est de la dégustation voici quelques impressions recueillies auprès de quelques visiteurs :  Chartreuse Tropique - fruité et sucré, petite ressemblance avec le punch. - Le Bijou - goût assez fort en alcool, sec mais agréable, le Vermouth et le Gin dominent, mais il y a un bel équilibre avec la Chartreuse verte. - The Last Word, très bon, frais avec le citron puis un petit goût de cerise qui vient après.

Il est à noter que pour l’occasion les caves contenant les précieux foudres étaient exceptionnellement en accès libre. Rendez-vous pour la prochaine édition, peut-être en direct de Voiron !
[Merci à Véronique, Jean et Marc-Antoine pour leur précieuse contribution]

dimanche 5 février 2012

La Chartreuse en 1900

Une activité économique florissante
Au terme du XIXème siècle qui vit le lancement des liqueurs jaunes et vertes, déclinées de la recette de l’élixir végétal et diffusées à plus grande échelle, la Chartreuse va acquérir l'appellation de “Reine des liqueurs”.
Dans les années 1860, du fait du développement de l’activité, la production s’industrialise et est déplacée dans une usine à Fourvoirie. “Les Chartreux vendaient 50 000 bouteilles par mois au moment de leur expulsion” précise Léon Poncet et avaient progressivement imposé leur domination sur le marché des liqueurs monastiques.

Les retombées locales
L’impact économique de l’activité des chartreux sur la région est important et il ne se limite pas aux seuls effets de la production de liqueurs. Non seulement les Pères Chartreux entretiennent un certain nombre d’actions caritatives dans les environs, portant secours et assistance aux plus démunis mais ils contribuent directement à financer un certain nombre de projets.
Par ailleurs ils participent aussi au développement local de par l’attrait que la Grande Chartreuse revêt aux yeux de nombreux visiteurs, avec un important flux de touristes via la ligne de chemin de fer qui dessert Fourvoirie.

La Chartreuse Blanche
Aujourd'hui disparue, était commercialisée jusqu’en 1903 une Chartreuse Blanche dont peu de personnes soupçonnent l’existence de nos jours... Privée de l’étape de coloration lors de sa fabrication, cette liqueur, moins coûteuse et plus douce que ses deux homologues complétait la gamme au 19ème siècle
Lancée en 1860, titrant alors 43°, la Chartreuse Blanche voit sa production interrompue quelques années en 1880 pour reprendre en 1886, cette fois-ci à 37°. L’arrêt définitif de sa fabrication a lieu avec le départ des chartreux pour Tarragone, il est vraisemblable qu’il s’agisse d’un choix délibéré au vu des enjeux de la reprise de la production en Espagne dans un contexte difficile... Inutile de préciser que cette mythique chartreuse blanche est extrêmement recherchée de nos jours !

A la veille de l’expulsion...
Prospère économiquement à l’aube du 20ème siècle, la chartreuse n’en voit pas moins planer l’ombre de la menace sur son existence. La convoitise de certains et le contexte national troublé suite aux lois de séparation de l’Eglise et de L’Etat allaient devoir conduire à l’exil de ces derniers à Tarragone. Toujours est-il qu’ils sont assimilés par les populations locales à des bienfaiteurs ce qui leur vaudra de multiples manifestations de soutien et de gratitude lors de leur expulsion par l’Etat français en 1903.

mardi 12 juillet 2011

Deux jours avec les Fous de Chartreuse

Les 26 et 27 juin derniers s’est tenu un voyage des Fous de Chartreuse à Voiron, le second après un précédent périple en 2005 et il n’est pas inopportun de parler de pèlerinage en Chartreuse tant ces deux jours recouvrirent une dimension toute particulière et resteront gravés dans la mémoire de ceux qui y prirent part !
Le riche programme de ces journées, les moments forts et partagés, les nombreux échanges et discussions entre passionnés sous un beau soleil estival et surtout sous les auspices de la liqueur des pères chartreux contribuèrent à faire des ces deux jours une série de souvenirs précieux...

La Chartreuse avait préparé un très beau programme pour ces 2 journées : visites de la distillerie, des caves, de l’exposition à Voiron, du musée de la Correrrie, repas et dégustations, promenade à la Grande Chartreuse, moments d’échanges... Le tout était parfaitement organisé par des hôtes fort attentifs et la bonne humeur était palpable parmi les chanceux participants.

Retrouvez un très beau compte-rendus illustrés de belles photos sur le blog Le chant des cigales : Le monde change, la chartreuse demeure.

Merci à tous ceux qui ont contribué à rendre ce week-end possible, aux personnes de Chartreuse Diffusion pour leur accueil chaleureux et leur exceptionnelle disponibilité et particulièrement à Mr Munoz pour ses commentaires passionnants ! Merci aussi à Philippe des caves Bossetti pour son entrain, ses chaussettes bicolores et sa magnifique Tarragone Verte ! Et merci à tous les participants pour leur bonne humeur !

mercredi 19 janvier 2011

Anciens dépliants d'Elixir Végétal

Conditionné dans son étui protecteur en bois, le flacon d'Elixir Végétal de la Grande-Chartreuse est traditionnellement accompagné d'un dépliant qui en rappelle l'histoire, les vertus et les façons de le consommer. Bien entendu ces derniers ont évolué au fils des présentations successives du produit et des circonstances. En voici un certain nombre d'illustrations.

Les deux premiers datent de la seconde guerre mondiale, respectivement de 1939 et de 1944 (du fait des rationnements liés aux conflits la bouteille est protégée par un étui cylindrique de carton rigide). A noter que les deux mentionnent la datent de 1607 et non 1605.

Celui de 1939 est accompagné d'un coupon précisant : "Pour nous permettre de continuer à vous approvisionner d'Elixir, rapportez ce flacon vide à votre fournisseur en le priant de le faire suivre à - Grande Chartreuse, Voiron (Isère) - avec ceux qu'il aura regroupé."

Le dépliant suivant précise ces conditions et mentionne en outre "Le transvasement est interdit (Loi du 24/09/1941 sur l'étiquettage)". Ces éléments figurent directement sur le document lui-même en non plus sur un coupon et outre l'étuis, la qualité du papier et le contenu du dépliant ont été affectés par le conflit. Les Pères Chartreux ont regagné le monastère de la Grande Chartreuse en 1940.

  
Ce dernier dépliant date a priori de la fin des années 1960. 

Voir aussi :

mardi 28 décembre 2010

Une nouvelle cuvée spéciale : la Reine des liqueurs

La Reine des liqueurs est une cuvée spéciale de Chartreuse Jaune titrant à 43° et limitée à 1440 bouteilles numérotées.

A la fin du 19ème siècle la Chartreuse Jaune était connue comme la  «Reine des Liqueurs», tant elle faisait référence par sa qualité et en terme d’image de marque sur le segment des liqueurs monastiques, fort prisées alors. Voici ce que précise la contre-étiquette de cette nouvelle cuvée :
“Lorsque les Pères Chartreux mettent au point la Chartreuse Jaune, en 1838, celle-ci connaît rapidement un très grand succès. Digestive, plus douce que la Chartreuse Verte, elle s’impose à travers toute l’Europe, aidée en cela par les officiers de l’Armée des Alpes qui avaient su en apprécier toute la finesse et avaient promis aux Pères Chartreux de la faire connaître.
A la fin du 19ème siècle la Chartreuse Jaune est sur toutes les grandes tables, jusqu’à la Cour de Russie où le Tsar Nicolas II l’apprécie particulièrement. C’est alors qu’elle acquière son surnom : « La Reine des Liqueurs »
Commercialisée en 2010, courant décembre, cette Chartreuse est conditionnée en bouteilles de 70cl, avec une contre étiquette spécifique et un coffret en bois. La bouteille, avec l’inscription Grande Chartreuse, le globe crucifère et les sept étoiles en relief, est similaire à celle utilisée pour la cuvée commémorative de 2003. Si le tirage est limité et les bouteilles numérotées, la distribution aussi semble restreinte, cantonnée aux cavistes des régions grenobloises et lyonnaises. A noter qu’elle n’est pas vendue à la boutique de Voiron, sur le lieu de production.

Quelle est la réelle spécificité de cette liqueur ? On peut tout d’abord noter que cette cuvée diffère de la Jaune traditionnelle par son degré d’alcool, 43° au lieu de 40°, comme c’était le cas avant 1973 pour la Jaune. L’abaissement du titrage avait été imposé par des considérations d’ordre fiscales et commerciales du fait de taxes règlementaires ; cette évolution des qualités du produit ayant bien entendu eu un impact sur les caractéristiques de la liqueur. D'âpres certains amateurs ces 43° degrés font de cette Reine des liqueurs une Chartreuse particulièrement adaptée à une conservation prolongée et avec un potentiel de vieillissement prometteur, au même titre que les Tecla Jaunes depuis 2009.

Enfin voici ce que stipule la contre étiquette :
“Cette Chartreuse Jaune, comme son illustre ancêtre , vous est proposée à son titrage d’origine, 43%. Cette cuvée 2010 a été réalisée par les Pères Chartreux, comme en 1838, selon la même recette et les mêmes procédés de distillation.”
Il s'agirait donc d'une Chartreuse Jaune au process de fabrication spécifique, inspirée des prémices de la production au 19ème siècle... Reste-t-il quelque chose à ajouter si ce n'est après en avoir dégusté un verre ?!

jeudi 16 décembre 2010

Chartreuse VEP Jaune et Verte

La VEP, une Chartreuse haut de gamme
Comme l’indiquent ses initiales, la Chartreuse VEP  est une chartreuse à “Vieillissement Exceptionnellement Prolongé” ; elle se décline en VEP Jaune (parfois appelée Reine des liqueurs) et Verte.

Les VEP sont produites de la même manière que les chartreuses traditionnelles, c’est à dire selon un procédé resté secret et à base de plus de 130 plantes et herbes, mais leur spécificité réside dans la durée de la phase de vieillissement en fûts de chênes. Selon nos informations celle-ci serait d’une quinzaine d’années ; encore une fois pour ce qui concerne la liqueur des pères chartreux le mystère est de mise et il n’est pas impossible que cette durée ait pu légèrement varier au fil du temps.

Chaque année sont mises en vieillissement des quantités très limitées de Chartreuse Jaune et Verte, parmi les meilleures, sélectionnées par les pères chartreux et comme le stipule la contre étiquette elle n’est commercialisée que lorsqu’elle a atteint sa pleine maturité. Grâce à leur vieillissement, la teneur en alcool s’estompe légèrement (elles titrent respectivement 42° et 54°, soit un degré de moins que leurs homologues traditionnelles) et ces cuvées acquièrent un arôme, une saveur, une finesse et un moelleux supplémentaire. Toute en subtilité, la bonification de la liqueur sous l’effet du temps est indubitable, les VEP constituent ainsi le haut de gamme de la production actuelle.

Ces cuvées se présentent dans une bouteille identique à celle utilisée avant 1840, en verre sombre, avec un bouchon de liège cacheté à la cire et la contre étiquette est également cachetée avec l’emblème de la Grande Chartreuse. Elles sont conditionnées dans un coffret de bois marqué au fer. La VEP existent en 50 cl et un litre. Un nombre limité de bouteilles est produit chaque année et chacune est dotée d’un numéro d’identification.

Histoire de la production des VEP
Les VEP sont distribuées depuis 1963 mais elles ne constituent pas la première expérience de Chartreuse mise en vieillissement avant commercialisation. En quelque sorte elles viennent pérenniser la réalisation d’un certain nombre de cuvées anniversaires qui mirent en exergue les vertus du vieillissement et ses bienfaits relativement à la qualité des liqueurs. Ce furent les cuvées de 1932, 1940 et 1944, strictement limitées (environ 800 exemplaires) et qualitatives, qui au terme d’une décennie de conservation en “demi-muids de chêne plus que centenaires” furent mises en vente pour commémorer respectivement la reprise de la distillation à Fourvoirie, le retour des pères à la Grande Chartreuse et la libération de la France. Ainsi la plus ancienne de ces liqueurs fut produite à Fourvoirie.

Fort de ces précédents alliant finesse, excellence des liqueurs et prestige des éditions spéciales, il fut décidé de renouveler l’expérience. C’est à l’occasion du couronnement de la Reine d’Angleterre Elizabeth II, en juin 1953, que les pères chartreux mirent en vieillissement une cuvée ; celle-ci fut commercialisée 10 ans plus tard, marquant ainsi le début de la vente de VEP, liqueur d’exception, y compris parmi la production des chartreux. 

Quelques considérations

Au cours de leur production la datation des VEP a varié, fut un temps où l’année figurant sur la contre étiquette désignait l’année de mise en vieillissement et non celle de mise en bouteille comme c’est de nouveau le cas de nos jours.

Une tentative sera faite en Espagne pour essayer de lancer le produit sur ce marché, où en 1975, une édition de Chartreuse VEP présentée dans une bûche en bois sera proposée. Mais cette cuvée connaîtra un échec.

Il existe des VEP spéciales qui furent produites de façon ponctuelle en l’occasion d’un événement, comme par exemple celle de 1968, qui en l’occasion des JO d’hiver de Grenoble fut qualifiée de cuvée olympique, ou celle de 1976 pour célébrer le bicentenaire des États-Unis.

Du processus de fabrication découle le fait suivant : la réactivité de la production est impactée par la durée nécessaire au vieillissement, en conséquence il existe une latence en cas d’éventuelle hausse des quantités produites, avant que ces dernières ne soient commercialisées.

Enfin les VEP sont un des éléments notables du marché des vieilles Chartreuses, leur excellence en fait des bouteilles recherchées et prestigieuses avec l'âge.

[Article réalisé avec Vincent, je l'en remercie !]

lundi 29 novembre 2010

La Grande Chartreuse

Deux gravures anciennes de la Grande Chartreuse, haut lieu de l'ordre cartusien, illustrant des prospectus commerciaux anciens:


Au fil des supports de communication à travers le XXème siècle, l'image de la Chartreuse a de nombreuse fois été associée à celle du Massif et du monastère du même nom, lui conférant un enracinnement dans l'histoire et le patrimoine local. Les publicités pour la Chartreuse semblent précurseurs de l'usage de paysages dans les publicités pour les boissons alcoolisées. Elle a en outre donné lieux à des flux conséquents de touristes venant visiter les environs tant pour le cadre naturel que pour le monastère et les liqueurs des Pères Chartreux.


Une photographie de la Grande Chartreuse prise au cours du voyage des Fous de Chartreuse en 2005 par un des participants :


Des photos sont disponibles sur le site officiel :
http://www.chartreuse.fr/phpwebgallery/category.php?cat=4

Le site du musée de la Chartreuse :
http://musee-grande-chartreuse.fr/
...avec notamment un focus actuellement sur Les cartes de Chartreuse – Désert et architecture :
À la fin du XVIIe siècle, au temps où il construisait le monastère tel que nous le connaissons aujourd’hui dans sa splendeur intacte, Dom Innocent Le Masson, prieur de la Grande Chartreuse et ministre général de l’Ordre, faisait réaliser des peintures monumentales, dites «cartes de Chartreuse», figurant chacune des maisons cartusiennes.
Classées à l’inventaire des monuments historiques, les soixante-dix-neuf cartes parvenues jusqu’à nous font l’objet d’une restauration ambitieuse qui révèle peu à peu leur haute valeur artistique et historique. En parcourant la galerie qui leur est consacrée au musée de la Grande Chartreuse spécialement réaménagé, le visiteur découvrira un témoignage exceptionnel de la vie et de la foi des moines ermites, ainsi qu’un éclairage spectaculaire sur l’architecture commune à toutes les chartreuses.
Communiqué de presse
Page du site du comité département du Tourisme de l'Isère dédié aux caves de la Chartreuse :
http://www.isere-tourisme.com/articles/liqueur-caves-chartreuse-530-1.html

jeudi 11 novembre 2010

Géographie de la Chartreuse

A l'image de son histoire riche et mouvementée la production des liqueurs des pères chartreux a connu dans sa dimension géographique un certain nombre d'évolutions.


Agrandir le plan

Le monastère de la Grande Chartreuse est inaccessible au public, un musée est implanté non loin, à La Correrie, c'est ce dernier qu'indique la flèche dans la carte ci-dessus.

La Grand Chartreuse, haut lieu de l'ordre cartusien
Le monastère de la Grande Chartreuse tient son nom du massif alpin situé à cheval sur les départements de l'Isère et de la Savoie dans le Dauphiné. Il est construit à près de 1000m d'altitude, au pieds du grand Som, à l'endroit où St Bruno accompagné de six compagnons fonda en 1084 le berceau de l'ordre des Chartreux.

Cet emplacement, qualifié de désert, est enclavé, les villages les plus proches étant situés respectivement à 6,5 et 10 km de là. On y accède depuis Voiron par la route escarpée passant par Saint Laurent du Pont qui doit son nom à l'édifice que les Chartreux firent construire. Il fallut aussi forer la roche pour y pratiquer un accès. "L'entrée de Fourvoirie, rainure imperceptible entre deux rocs monstrueux, au-delà desquels la vie moderne paraît brusquement s'interrompre" (Léon Bloy).

Le massif semble à l'image de la vocation de l'ordre chartreux, solitaire et silencieux. La zone était initialement inhospsitalière car marécageuse et difficile d'accès ; les pères chartreux contribuèrent de façon importante à son développement et leur rôle de bienfaiteurs fut rapidement reconnu à travers la région.

Les batiments actuels datent de 1676, le monastère ayant été detruit à plusieurs reprises par des avalanches, incendies et autres avanies.

Lieux de production des liqueurs au fil du temps
Intialement réalisée à proximité immédiate du monastère et destinée à un marché local, la production des pères chartreux, élixir puis les liqueurs, du fait de leur essor commercial et puisque leur développement menancait de troubler le voeux monastique, fut déplacée en 1862 à Fourvoirie.

Ce complexe productif niché le long de la route en aval du monastère constituait une véritable usine comprenant des installation productives, jardins, salles des stockage et de conservation des plantes et épices, alambics, caves de vieillissements de 180m de long et annexes commerciales. L'implantation d'une gare férovière située non loin permis à la Grande Chartreuse de devenir une attraction touristique à même de drainer un flux important de touristes.

La production s'y déroula jusqu'à l'expulsion de l'ordre chartreux de France en 1903 et la confiscation de leur marque dans un contexte troublé. Les chartreux trouvèrent alors refuge en Espagne, à Tarragone, où la production fut transférée et repris dès 1904. La distillerie implantée dans la ville catalane, à la façade caractéristique, restera en activité jusqu'en 1989.

En 1932 les chartreux reviennent en France et la production repris à Fourvoirie comme au XIXème siècle jusqu'à ce que les batiments ne soient détruits, en novembre 1935, par un important glissement de terrain. En 1940 les pères chartreux regagnent définitivement le monastère de la Grande Chartreuse.

De visite à Voiron
A partir de 1936 la fabrication des liqueurs est transférée à Voiron en contrebas du monastère ; s'y trouvent aussi les caves de vieillisement de la Chartreuse, les plus longues au monde pour des spiritueux. Voiron constitue actuellement l'unique lieu de production et abrite les locaux de Chartreuse Diffusion ainsi qu'un ensemble touristique présentant un certain nombre d'attractions à visiter :
  • la distillerie et la salle des alambics où les plus anciens en cuivre cotoyent les plus modernes. Un système à base de capteurs sophistiqués permet aux moines en charges de la prodcution de suivre celle-ci depuis le monastère par le biais d'un système informatique
  • les caves de vieillissements, de 164 mètres de longs, où sont alignés les futs de chènes centenaires, il y règne l'odeur de plantes caractéristique de ces liqueurs 
  • un parcours muséographique où le visiteur se voit retracé l'histoire de l'ordre et de la production de liqueurs
  • la visite se termine par un passage en salle de dégustation et par la boutique souvenir.
Outre le plaisir de savourer un verre de Chartreuse dans un imposant bar, on peut y admirer deux vitrines impressionnantes, l'une retraçant l'évolution de la liqueur à travers un exemplaire de chaque modèle depuis le flacon initial de la période 1840-1860 et une autre compilant divers spécimens de contrefaçons, aussi nombreux qu'imaginatifs dans le mimétisme commercial .