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mardi 23 juin 2015

Anciennes PLV Chartreuse

Outils promotionnels, les PLV - publicités sur le lieu de vente - se déclinent en deux sortes en ce qui concerne la liqueur des Chartreux. En effet le lieu de vente varie selon qu’on l’achète en bouteille ou pour la consommer sur place. Tantôt utilitaires tantôt décoratives, les plus anciennes avec leur charme vintage sont de vrais objets de collections.

Chez les cavistes
La finalité est de présenter la chartreuse et de la mettre en valeur par rapport aux autres produits.
  • Des bouteilles factices de Chartreuse, par exemple pour les exposer en vitrine. Si cela est encore utilisé de nos jours pour les bouteilles de VEP, la pratique est bien plus ancienne pour la liqueur, voir cet exemplaire des années 1960.


  • Des objets décoratifs, comme par exemple des plaques métalliques aux couleurs de la chartreuse. Leur design évolue avec le temps et la présentation des bouteilles. Il y a aussi un modèle de lampe de chevet montée sur un jéroboam à l’étiquette des années 1960.
 
  • Enfin un produit aussi particulier que l’élixir végétal bénéficie bien entendu de quelques objets lui étant dédiés : porte-étuis, affiche cartonnée, etc.
Au bar
Ici les PLV côtoient les objets promotionnels plus utilitaires : verres, nécessaire à cocktails et autres accessoires. Il s'agit d'être visible auprès du consommateur, pour cela des éléments de décorations, voire des créations plus insolites, vont être utilisés.
  • Des éléments de décoration, des plaques murales mais aussi un support pour afficher le prix des verres de liqueur.

  • Un miroir avec éclairage. Visiblement produit en petite série, cette installation au design retro se branche sur le secteur ce qui illumine l'inscription sur le verre et le pourtour du cadre. "Création "Jendem" - Breveté S.G.D.G. - 75, avenue de la Capelette - Marseille".
 
  • Green Fire, un objet conçu spécifiquement pour la campagne promotionnelle du même nom, sur le marché américain dans les années 1970. Ce présentoir a la spécificité d'être animé. La bouteille posée dessus tourne et un jeu d'éclairage depuis la partie inférieur donne l'impression de flammes. Voilà qui en impose sur le bar, "For men who like to play with fire" !

Voir aussi :

dimanche 25 janvier 2015

La Chartreuse fait son cinéma

Si on a déjà vu la Chartreuse dans le cinéma américain via Tarantino, elle n'en apparaît pas moins dans le 7ème Art made in France.

Razzia sur la chnouf - 1955
Dans ce film réalisé par Henri Decoin avec Jean Gabin et Lino Ventura, une Chartreuse est commandée dans un bistrot. On y aperçoit, furtivement une bouteille derrière le serveur.
 

Cet obscur objet du désir - 1977
Dans ce film de Luis Buñuel avec Fernando Rey, Carole Bouquet et Angela Molia, la Chartreuse est apprécié pour son côté “stimulant et aphrodisiaque”, dixit le major d’homme. On y voit très bien la bouteille mais ce n’est visiblement pas de la Chartreuse qui se trouve à l’intérieur.

Ma vie est un enfer - 1991
Dans ce film de et avec Josiane Balasko et Daniel Auteuil c’est le côté “fait par des moines” qui est mis en avant quand le diable en boit sans le savoir dans un cocktail et que la chartreuse lui procure un effet quelque peu indésirable... Et ici, pas de bouteille à l’écran.
 
[Article de Rodolphe, merci à lui]
Voir aussi :

mardi 20 août 2013

Publicités des années 1930

En complément de l’article consacré aux chartreuses produites dans les années 1930 voici quelques objets utilisés pour promouvoir la liqueur à cette période. Ils illustrent les pratiques publicitaires d'alors pour les boissons alcoolisées.
La palette des supports utilisés est relativement large, une même campagne se trouvant souvent déclinées en plusieurs formats. Si certains d’entre eux sont plutôt récurrents (affiches, encarts dans la presse, menu...) d’autres sont plus occasionnels (calendrier, carnets de bridges...).

Produits promotionnels de l'entre-deux-guerres
Aperçu via un panel non exhaustif d’objets publicitaires chartreuse de cette période. A travers une certaine unité de graphisme et de messages commerciaux, ils sont représentatifs de l’époque et de la façon d'évoquer ces produits. Durant cette période, le message clé est la fabrication par les Pères Chartreux, "authentique" et "aujourd'hui comme autrefois" et il n'est pas question de Fourvoirie !
Cliquez sur les images pour les agrandir :

Affiche
Cette belle illustration de G. Favre met en avant la nouvelle présentation de la bouteille (double étiquette) et le monastère de la Grande Chartreuse. Elle évoque ainsi l’origine géographique et historique du produit que les chartreux ont regagné en 1929 suite à leur exil espagnol.
Ce graphisme sera décliné en de nombreux encarts publicitaires aux slogans variés.
 
Calendrier
Un joli calendrier publicitaire cartonné des années 1930.
Mentions "Chartreuse Verte la plus digestive des Liqueurs", "Chartreuse Jaune la reine des Liqueurs".
 
Encart publicitaire
Il est fait mention, comme au 19ème siècle, à la "Reine des liqueurs".
"Le cadeau distingué qui fait toujours plaisir"
Buvard
Il fait la promotion de l'élixir végétal, cordial et digestif.
"En vente dans toutes les bonnes épiceries, pharmacies, etc..."
La double étiquette se décline jusque sur les flacons et étuis d'élixir !
Livret
"Une brochure artistique contant l'histoire de la chartreuse" (voir le carnet de bridge)
Richement illustré, il développe l'identité du produit, son histoire et évoque plusieurs "curieuses anecdotes" à son sujet...
 
Carnet de bridge
Pour consigner les résultats de nombreuses parties...
Ce support sera également utilisé dans les années 1950.

Ces exemples illustrent bien la cohérence des messages véhiculés par les chartreux relativement à leur liqueur, selon les circonstances et au fil des époques.

Voir aussi :

lundi 18 mars 2013

Les commémorations de 2005

L'année 2005 est la date anniversaire des 400 ans de la remise du fameux Manuscrit remis aux Chartreux par le Maréchal d’Estrée d’où provient la recette secrète de leurs breuvages. Date symbolique donc et l’occasion à commémorations diverses en ce début des années 2000.

Exposition “Chartreuse 1605-2005 - La liqueur, 400 ans dans l’histoire”
Une exposition qui retrace l’histoire de la Chartreuse au fils des ses grandes lignes, d’anecdotes et d’épisodes marquants. Elle fut tout d’abord présentée d’abord en 2004 à Paris à l’Orangerie du Sénat, en partenariat avec ce dernier. Mémoire du Luxembourg : du jardin des Chartreux au jardin du Sénat, c’est en effet à la Chartreuse de Vauvert, située à cet emplacement qu'eut lieu la remise de la recette !
L’exposition fut ensuite déplacée à Voiron, dans un chapiteau pour l’année anniversaire de 2005 avant de devenir permanente sur le site, au premier étage des locaux de Chartreuse Diffusion : l'Odyssée de la Chartreuse. Il fut un temps envisagé d’inclure aux vitrines des bouteilles des cuvées spéciales commémoratives, notamment de V.E.P., mais pour des questions de conservation et de sécurité, on préféra se satisfaire de photographies !

Les cuvées spéciales commémoratives
Tout commence en 2004 avec des éditions spéciales de l’elixir végétal, renouvellée en 2005. Puis l'an suivant une cuvée de 1605 Verte fait son apparition sur le marché. Dite “liqueur d’élixir”, elle en évoque en effet le goût et est plus fort qu’une verte, titrant à 56°. Elle rejoint alors la gamme des liqueurs des Pères Chartreux où elle figure toujours.
En Espagne, les goûts et les habitudes de consommation étant ce qu’ils sont, on préfère la liqueur jaune, plus douce et moins végétale, et une verte si puissante risquait de ne pas être au goût de tous. Aussi il fut ainsi décidé de produire une liqueur jaune pour l’occasion, une “cuvée réservée à Tarragone”, titrant 43°. Cette 1605 Jaune fut commercialisée lors de l’édition 2005 des festivités de la Santa Tecla et en échos aux célébrations du 4ème centenaire.

1605 ou 1607 ?
Si la première de ses deux dates a été retenue pour la commémoration, il faut constater que ce ne fut pas toujours le cas. En effet sur divers supports commerciaux assez anciens, comme ce feuillet de la fin des années 1930, on trouve également une référence à la date de 1607... Qu’en est-il réellement ? Mystère !


Toujours est-il que depuis un certain temps on a retenu la date de 2005 et que les récentes festivités risquent d’avoir entériné ce choix de façon définitive...

dimanche 11 novembre 2012

Le retour à l’étiquette d’avant 1903

De retour à la Grande Chartreuse
En 1940 les Pères Chartreux regagnent leur monastère du massif de la Chartreuse, haut lieu de leur ordre, dont ils avaient été expulsés en 1903 dans un contexte troublé. Un an plus tard pour célébrer le premier anniversaire de ce retour, leur liqueur retrouve la présentation qui était la sienne au 19ème siècle et son étiquette d’alors, si caractéristique.
Sur certaines contre-étiquettes de cette période on peut lire :
"L'étiquette ci-contre, la même que celle qui revêtait les bouteilles de Chartreuse de 1868 à 1903, garantit d'une façon absolue que cette bouteille contient la célèbre liqueur séculaire de la Grande Chartreuse, fabriquée comme au siècle dernier par les Pères Chartreux avec leurs procédés secrets."


Similarités dans la présentation
Ainsi à partir de 1941 (et jusqu’au début des années 1950) les chartreuses vont donc retrouver leur présentation d'antan (période pré-1903), à la contenance près. En effet si ces dernières étaient conditionnées en bouteilles d’un litre, leur homologue du 20ème siècle font 75cl et telle est la seule façon de les distinguer !
Un important stock d’étiquettes inutilisées (et conservée depuis 1903) et le symbole fort de la fin de la période de dépossession et d’exil semblent expliquer ce choix.

Notez la couleur bleutée de l'étiquette.
Les bouteilles mesurent respectivement 33 et 30cm.
Des circonstances particulières
Ce retour s’effectue dans un contexte bien particulier, c’est-à-dire en plein conflit mondial, dans une situation politique exceptionnelle et à proximité de la ligne de front.
"Le 20 juin [1940] au soir, avec Dom Bernard et Dom Michel, le R.P. Dom Ferdinand arriva en voiture à Saint-Pierre de Chartreuse, ayant franchi de justesse les barrages préparés pour arrêter les allemands tout proches. Le 21 juin, les trois moines se présentèrent à la grande porte du monastère, accompagnés du maire de Saint-Pierre. Sur réquisition de celui-ci, les gardiens ouvrirent." La Grande Chartreuse par un Chartreux
De même la deuxième guerre mondiale va également impacter la production de liqueur du fait des restrictions et pénuries d’ingrédients (alcool de betterave au lieu d'alcool de vigne et donc goût caractéristique)  mais pas seulement (On parle de chartreuses de cette période commercialisées dans des bouteilles de Dubonnet !).

Encore une fois l’histoire de la liqueur recoupe celle avec un grand “H” !

Voir aussi :
[Un grand merci à Gabriel pour les photos et sa contribution !]

mardi 12 juin 2012

La symphonie des plantes

La Chartreuse et les plantes qui la composent se confondent, elles lui confèrent non seulement goût, arôme et couleur mais bien plus encore !

Plantes et herbes entrent dans la composition de la Chartreuse...
Combinées aux eaux-de-vie, elles constituent la base des liqueurs monastiques traditionnelles. Pour la chartreuse, c’est d’autant plus vrai avec sa composition secrète à base de plus de 130 ingrédients naturels, plantes aromatiques, herbes médicinales, mais également flore des montagnes des Alpes, épices exotiques...
Les espèces végétales sont sélectionnées, séchées, préparées et combinées, elles entrent dans les procédés de macération et de distillation successifs. Outre la couleur, elles confèrent leurs propriétés gustatives et odorantes ; les différences entre la Jaune et la Verte sont à ce titre éloquentes. Et comme le stipule ce livret publicitaire : “Ce secret transmis du Moyen Age est une merveille, car l'arôme de toutes les plantes est mêlé de façon si harmonieuse, qu'on ne peut en reconnaître aucune”.


… et contribuent à définir son image
De par son histoire la Chartreuse se retrouve associée aux herbes qui la composent : une origine mystérieuse, un parchemin renfermant un savoir ancien, la recette secrète d’un élixir de longue vie... Une composition complexe, intégralement naturelle, qui fut élaborée par un “habile apothicaire”, frère Jérome Maubec au terme de recherches laborieuses... Sont évoqués en filigrane la route des épices et le savoir de l’herboriste...
Il n’est ainsi guère étonnant que ces thèmes furent très utilisés dans la publicité pour caractériser la “reine des liqueurs” : outre les grands épisodes de l’histoire de la liqueur, citons la scène de la cueillette des plantes du massif de la Chartreuse par les moines, en Espagne la campagne sur la “Sinfonia des plantas”…

Les plantes et leurs vertus
La référence à l’herboristerie est présente, elle figure la connaissance des divers espèces végétales et l’étude de leurs propriétés car la tradition à chaque plante attribue un certain nombre de vertus. Cela renvoie aux traités médiévaux, aux planches de botanique mais également à des pratiques plus alchimiques... Qui plus est, la Chartreuse est une "liqueur hygiénique" et les slogans publicitaires pour l'élixir mettent bien en avant ces aspects !
Ainsi la recette exacte fait l’objet de spéculation, de la part des curieux mais également des contrefacteurs et des liquoristes “en herbes” tentant d’en reproduire la composition... Une photographie de la première page du manuscrit a livré une partie de ses secrets. Lors du récent Printemps des liqueurs, le visiteur pouvait toucher et humer un certain nombre de variétés : feuilles d’olivier, ginko biloba, centaurée, fleurs de genet, bétoine etc.
Mais en la matière les joies de la dégustation d’une chartreuse ne valent-elles pas une longue énumération ?

Voir aussi :

mercredi 11 avril 2012

Les deux ans du blog !

Pour les deux ans du blog cette vidéo rétrospective !


Merci aux lecteurs et aux contributeurs du blog ! Merci à Rodolphe pour la vidéo !

samedi 28 janvier 2012

La Chartreuse et les hommes illustres

La Chartreuse fait référence dans son histoire à de nombreux grands hommes et femmes, mais elle compte également plus d’un amateur illustre ! Où l’Histoire rencontre celle de la liqueur, via un certain nombre de cuvées spéciales et dans le marketing d’hier et d’aujourd’hui...

Publicités anciennes
Dans la série “Le secret de la chartreuse”, il est question du Prince de Galles qui à une vieille eau-de-vie préféra la chartreuse. Un autre célèbre amateur est le Tsar de Russie Nicolas II, mentionné sur la contre étiquette de la Reine des liqueurs. D’où le Romanof, un filet de Jaune dans une coupe de champagne !

Cuvées spéciales commémoratives
“Queen Mum, la mère d'Elizabeth II, morte centenaire, avait un faible pour la Chartreuse Jaune.” Une cuvée fut mise en vieillissement à l’occasion de son couronnement en juin 1953, déjà mentionnée dans l’article sur les VEP. La pratique fut renouvelée pour le couronnement de la Reine Béatrix de Hollande en avril 1980.
Beaucoup de têtes couronnées, mises en avant pour associer les qualités du produit à l’excellence de ces figures.

Au travers d’anecdotes
Cette association est également de mises avec des personnages célèbres ou des figures historiques. Certaines sont évoquées sur le site officiel  : Charles de Gaulle “dégustait des chocolats fourrés à la Chartreuse tous les soirs”. Le soir du naufrage du Titanic, le 14 avril 1912, des "Pêches en gelée de Chartreuse" figuraient au menu !

lundi 24 octobre 2011

Temps forts du programme de la Santa Tecla 2011

L’édition 2011 de la Santa Tecla à travers un certain nombre de moments choisis !

La présentation des géants
Les géants, los gegants, incarnent à travers les figures de différents personnages du folklore traditionnel une partie de l’identité des fêtes où ils occupent une place centrale. Il est tout naturel qu’ils soient successivement présentés en grande cérémonie à la ville sur la plaça de la Font. Puis accompagnés d’une équipe parfois bien fournies de participants, en ce déplaçant dans la figure ils vont structurer les processions dans la ville.

Les processions populaires
Attraction majeure de la Santa Tecla, des parades costumées et folkloriques parcourent la ville au son des trompettes, tambours et des réjouissances populaires. Il s’articule sur la succession des figures du bestiaire de la ville, géants, personnages et créatures diverses...

Concours de t-shirt !
En fin d’après midi le mercredi, il est temps de déguster une verre de Jaune offerte plaça de Rei et la file d’attente devant le stand est des plus fournies. Outre plusieurs terrasses il y a une scène de concert sur la place, et parmi la foule on aperçoit de multiples t-shirts originaux aux couleurs de la liqueur autrefois produite dans la ville. Il y en a qui ne manquent pas d’inventivité !

La descente de l’aigle et les diables
Parmi les processions il en est une qui occupe une place à part, celle de l’aigle avec sa bouteille de chartreuse dans le bec lors de ses descentes du mercredi soir. A noter qu’ils semblent fort apprécier cette liqueur puisqu’ils sont venus avec leur aigle de 80kg défiler jusqu’à Voiron en 2010 !
En début de soirée deux équipes, les jaunes aux couleurs de l’aigle et les verts qui constituent le défilé des diables. Tous dînent de poulets frits avant d’effectuer plusieurs marches dans la liesse populaire. La baixada de l’aliga !

Une drôle de bouteille géante
Le même soir, la silhouette de l’aigle était suivie d’une bien étrange figure : une immense bouteille de Chartreuse, quoique estampilée Chargrouse, sur une paire de jambe. De couleur jaune, elle reprenait également de son modèle le design jusque dans la contre-étiquette ATC ! Nouveauté de cette édition 2011, il s’agissait d’un hommage (ces personnes ayant a priori modifiées le nom pour ne pas abuser de son appellation officielle). Sympathique initiative en tout cas !

Les castellers et un record
Image typique de la Santa Tecla, les castellers sont des chateaux humains, empilements successifs et méthodiques d’étages atteignant une hauteur spectaculaire. Neuf niveaux, avec au sommet des enfants. Il semble que cette année un record ait été établi, par l’équipe mauve, relativement au nombre d’individus constituant les étages supérieurs ! Il est une variante plus modeste mais plus mobile : les pilars.



Pyrotechnie et pétards
Tandis que retentissement une nuée de détonations, s’avancent des silhouettes évocatrices avec leurs portants métalliques hérissés de pétards. Voici venir les diables dans un assourdissant chapelet d’explosions et de crépitements, nimbés d’une pluie d’étincelles des plus impressionnante ! Sans oublier les feux d’artifices tirés de la plage ou en divers occasions...



Santa Tecla 2011 : aperçu des festivités
Santa Tecla 2011 : les temps forts
Santa Tecla 2011 : 20 anys amb Tarragona
Santa Tecla 2011 : Tarragone, ville chartreuse

jeudi 20 octobre 2011

De la chartreuse en Santa Tecla édition 2011 !

Nous vous l’annoncions début septembre (La Chartreuse fait sa rentrée), comme tous les ans se déroulaient à Tarragone les festivités de la Santa Tecla. Cette année nous étions quelques uns à nous y rendre afin de prendre part à ces réjouissances et de constater à quel point la Chartreuse occupe une place à part, et bien au-delà de la seule Santa Tecla, dans la ville et parmi ses habitants !

Aperçu des festivités

Le soleil catalan réchauffe les pierres de la vieille ville et ses étroites ruelles qui s’entrelacent sur les coteaux attenants à la cathédrale, vers laquelle convergent des processions populaires animées et colorées. Scène propre aux festivités de la Santa Tecla avec son folklore de figures évocatrices et un enthousiasme populaire palpable.
Au détours d’une ruelle, parmi les clameurs, surgit la silhouette de la cathédrale qui se découpe sur le ciel bleu. Le défilé semble converger vers le parvis, au pieds duquel la foule s’est agglutinée sur les marches comme sur les gradins d‘un antique théâtre. En effet la ville entière semble prendre part à la représentation à mesure que se déroulent les différents événements des festivités.



Il y a un véritable bestiaire des fêtes composé de figures animales et symboliques, qui avec un certain nombre d’événements marquants (les feux d’artifices, les “châteaux” humains...) constituent l’identité des fêtes de Tarragone. Le parcours des différents personnages du folklore détermine celui des processions, d'où émergent masques et effigies : les géants, l’aigle et les diables, le dragon et la harpie, le lion et sa figure hiératique aux traits fins et spirituels, etc...
Les différentes générations prennent part aux festivités, avec le folklore et l’histoire de la ville comme dénominateur commun. Beaucoup d’enfants occupent une position importante, à l’image de ceux qui couronnent les châteaux humains, comme cette petite fille en chemise mauve que les gens aux terrasses des cafés et les badauds acclament tandis qu’elle descend la rue sur les épaules de sa mère. Progressivement les festivités s’emparent de la ville au son des trompettes et des vivats et se poursuivent tard dans la nuit, avec un entrain populaire visible !

Santa Tecla 2011 : aperçu des festivités
Santa Tecla 2011 : les temps forts
Santa Tecla 2011 : 20 anys amb Tarragona
Santa Tecla 2011 : Tarragone, ville chartreuse

jeudi 16 décembre 2010

Chartreuse VEP Jaune et Verte

La VEP, une Chartreuse haut de gamme
Comme l’indiquent ses initiales, la Chartreuse VEP  est une chartreuse à “Vieillissement Exceptionnellement Prolongé” ; elle se décline en VEP Jaune (parfois appelée Reine des liqueurs) et Verte.

Les VEP sont produites de la même manière que les chartreuses traditionnelles, c’est à dire selon un procédé resté secret et à base de plus de 130 plantes et herbes, mais leur spécificité réside dans la durée de la phase de vieillissement en fûts de chênes. Selon nos informations celle-ci serait d’une quinzaine d’années ; encore une fois pour ce qui concerne la liqueur des pères chartreux le mystère est de mise et il n’est pas impossible que cette durée ait pu légèrement varier au fil du temps.

Chaque année sont mises en vieillissement des quantités très limitées de Chartreuse Jaune et Verte, parmi les meilleures, sélectionnées par les pères chartreux et comme le stipule la contre étiquette elle n’est commercialisée que lorsqu’elle a atteint sa pleine maturité. Grâce à leur vieillissement, la teneur en alcool s’estompe légèrement (elles titrent respectivement 42° et 54°, soit un degré de moins que leurs homologues traditionnelles) et ces cuvées acquièrent un arôme, une saveur, une finesse et un moelleux supplémentaire. Toute en subtilité, la bonification de la liqueur sous l’effet du temps est indubitable, les VEP constituent ainsi le haut de gamme de la production actuelle.

Ces cuvées se présentent dans une bouteille identique à celle utilisée avant 1840, en verre sombre, avec un bouchon de liège cacheté à la cire et la contre étiquette est également cachetée avec l’emblème de la Grande Chartreuse. Elles sont conditionnées dans un coffret de bois marqué au fer. La VEP existent en 50 cl et un litre. Un nombre limité de bouteilles est produit chaque année et chacune est dotée d’un numéro d’identification.

Histoire de la production des VEP
Les VEP sont distribuées depuis 1963 mais elles ne constituent pas la première expérience de Chartreuse mise en vieillissement avant commercialisation. En quelque sorte elles viennent pérenniser la réalisation d’un certain nombre de cuvées anniversaires qui mirent en exergue les vertus du vieillissement et ses bienfaits relativement à la qualité des liqueurs. Ce furent les cuvées de 1932, 1940 et 1944, strictement limitées (environ 800 exemplaires) et qualitatives, qui au terme d’une décennie de conservation en “demi-muids de chêne plus que centenaires” furent mises en vente pour commémorer respectivement la reprise de la distillation à Fourvoirie, le retour des pères à la Grande Chartreuse et la libération de la France. Ainsi la plus ancienne de ces liqueurs fut produite à Fourvoirie.

Fort de ces précédents alliant finesse, excellence des liqueurs et prestige des éditions spéciales, il fut décidé de renouveler l’expérience. C’est à l’occasion du couronnement de la Reine d’Angleterre Elizabeth II, en juin 1953, que les pères chartreux mirent en vieillissement une cuvée ; celle-ci fut commercialisée 10 ans plus tard, marquant ainsi le début de la vente de VEP, liqueur d’exception, y compris parmi la production des chartreux. 

Quelques considérations

Au cours de leur production la datation des VEP a varié, fut un temps où l’année figurant sur la contre étiquette désignait l’année de mise en vieillissement et non celle de mise en bouteille comme c’est de nouveau le cas de nos jours.

Une tentative sera faite en Espagne pour essayer de lancer le produit sur ce marché, où en 1975, une édition de Chartreuse VEP présentée dans une bûche en bois sera proposée. Mais cette cuvée connaîtra un échec.

Il existe des VEP spéciales qui furent produites de façon ponctuelle en l’occasion d’un événement, comme par exemple celle de 1968, qui en l’occasion des JO d’hiver de Grenoble fut qualifiée de cuvée olympique, ou celle de 1976 pour célébrer le bicentenaire des États-Unis.

Du processus de fabrication découle le fait suivant : la réactivité de la production est impactée par la durée nécessaire au vieillissement, en conséquence il existe une latence en cas d’éventuelle hausse des quantités produites, avant que ces dernières ne soient commercialisées.

Enfin les VEP sont un des éléments notables du marché des vieilles Chartreuses, leur excellence en fait des bouteilles recherchées et prestigieuses avec l'âge.

[Article réalisé avec Vincent, je l'en remercie !]

lundi 29 novembre 2010

La Grande Chartreuse

Deux gravures anciennes de la Grande Chartreuse, haut lieu de l'ordre cartusien, illustrant des prospectus commerciaux anciens:


Au fil des supports de communication à travers le XXème siècle, l'image de la Chartreuse a de nombreuse fois été associée à celle du Massif et du monastère du même nom, lui conférant un enracinnement dans l'histoire et le patrimoine local. Les publicités pour la Chartreuse semblent précurseurs de l'usage de paysages dans les publicités pour les boissons alcoolisées. Elle a en outre donné lieux à des flux conséquents de touristes venant visiter les environs tant pour le cadre naturel que pour le monastère et les liqueurs des Pères Chartreux.


Une photographie de la Grande Chartreuse prise au cours du voyage des Fous de Chartreuse en 2005 par un des participants :


Des photos sont disponibles sur le site officiel :
http://www.chartreuse.fr/phpwebgallery/category.php?cat=4

Le site du musée de la Chartreuse :
http://musee-grande-chartreuse.fr/
...avec notamment un focus actuellement sur Les cartes de Chartreuse – Désert et architecture :
À la fin du XVIIe siècle, au temps où il construisait le monastère tel que nous le connaissons aujourd’hui dans sa splendeur intacte, Dom Innocent Le Masson, prieur de la Grande Chartreuse et ministre général de l’Ordre, faisait réaliser des peintures monumentales, dites «cartes de Chartreuse», figurant chacune des maisons cartusiennes.
Classées à l’inventaire des monuments historiques, les soixante-dix-neuf cartes parvenues jusqu’à nous font l’objet d’une restauration ambitieuse qui révèle peu à peu leur haute valeur artistique et historique. En parcourant la galerie qui leur est consacrée au musée de la Grande Chartreuse spécialement réaménagé, le visiteur découvrira un témoignage exceptionnel de la vie et de la foi des moines ermites, ainsi qu’un éclairage spectaculaire sur l’architecture commune à toutes les chartreuses.
Communiqué de presse
Page du site du comité département du Tourisme de l'Isère dédié aux caves de la Chartreuse :
http://www.isere-tourisme.com/articles/liqueur-caves-chartreuse-530-1.html

dimanche 31 octobre 2010

le Secret de la Chartreuse - Publicités anciennes

Publicité parue dans le journal L'Illustration en 1935...

... et 1937 :

D'autres publicités sur le même thème seront mises en ligne ultérieurement.

Voir l'article complet - le Secret de la Chartreuse

La séquence suivante est réalisée à partir d'une publicité de 1951, elle aussi intitulée Le secret de la Chartreuse. A travers douze scènes illustrées elle survole l'histoire de la production des pères Chartreux au fil du temps et en mettant en avant un certain nombre d'épisodes notables. Ce sont par exemple la remise du manuscrit par le Maréchal d'Estrée, l'expulsion de France en 1903 ou encore le glissement de terrain de Fourvoirie... Certaines de ces scènes ont été déclinées sur d'autres documents promotionnels.

dimanche 12 septembre 2010

Festivités de la Santa Tecla 2010

L'édition 2010 des festivités de la Santa Tecla, fêtes annuelles populaires et traditionnelles de la ville de Tarragone, en Catalogne, se déroulera cette année du 13 au 23 septembre. Cet événement constitue un moment fort de la vie de la ville ainsi qu'une période de réjouissance et de célébrations, où la Chartreuse de par son histoire partagée avec la ville occupe une place à part.


Les festivités annuelles populaires de la ville de Tarragone
Durant la Santa Tecla, autour des événements festifs se nouent nombres éléments de folklore, des cérémonies religieuses et des rassemblements populaires, au cœur de la culture et du patrimoine catalan. Les spécificités et particuliarités de ces fêtes de Tarragone sont nombreuses et prennent leurs racines dans l'histoire et la tradition de la ville, dans un contexte vivant et coloré.

On fait remonter ces festivités dédiées au saint patron de la ville à l'arrivée de la relique de ce dernier en 1321 et, parmi les éléments caractéristiques de cette période de l'année consacrée à Sainte Thècle, sont à noter un certains nombres de pratiques parfois spectaculaires et participant en tout cas de l'intense période de célébrations.

De nombreuses processions populaires, vivantes et bigarrées, et où l'on danse au son des cuivres et des tambours. Au fils des jours des balls et parades se succèdent, aux thèmes et symboliques variées. Le feu y occupe un rôle central et l'on retrouve un véritable bestiaire de figures évocatrices parmi les tenues des participants et à travers les «gegants» (géants) et des «cabeçuts» (grosses têtes). Sont aussi à noter les «castellers», véritables pyramides humaines pouvant atteindre des hauteurs impressionnantes.
Le rôle et la fonction de la Santa Tecla vont au delà de l'aspect festif et à travers les processions, déguisements et les célébrations ritualisées c'est la cohésion, l'héritage et l'identité de la ville catalane qui s'exprime.

La Santa Tecla est l'occasion d'affirmer une relation privilégiée avec les liqueurs des pères Chartreux
En 2010 et pour la première fois, les éditions limitées de Chartreuse, vertes et jaunes, aux couleurs des festivités (l'affiche officielle en est la contre étiquette) seront déclinées en deux versions aux effigies de deux personnages du folklore de la ville : Negrito et Negrita. Ainsi cette année les collectionneurs devront se procurer quatre bouteilles de Chartreuse dédiées à la ville catalane!

Négrito et Négrita sont deux des figures des géants traditionnels qui participent aux folklores des festivités de la Santa Tecla depuis des décennies. Les géants sont au coeur du folklore et des festivités, ce sont une galerie de personnages qui constituent autant d'archétypes. Parmi ses figures récurrentes de la tradition locale cette année ce sont le couple Negrito et Negrita qui sont à l'honneur.

Cette année encore la Chartreuse sera la boisson officielle de la Santa Tecla, avec non seulement les éditions limitées et une présence via un stand mais aussi la fameuse Mamadeta, le breuvage festif traditionnel qui accompagne ces festivités. Il se compose d'1/10 de chartreuse verte et d'1/10 de jaune, le tout complété de granité de citron ; cette année encore il devrait se voir consommer dans des quantités impressionnantes.

Liens et sources d'informations sur l'édition 2010
Cet article n'est qu'une ébauche sur sujet des fêtes de la Santa Tecla, de nombreuses précisions se trouvent sur le site officiel de la ville :

http://www.tarragona.cat/lajuntament/conselleries/festes-i-joventut/festes/santa-tecla/

On y trouve notamment l'historique détaillé de cet événement ainsi que de nombreuses informations pratiques relative à l'édition 2010, dont le programme détaillé des festivités - [lien].

Enfin pour permettre au lecteur de percevoir on pourra consulter des photographies / vidéos de précédentes éditions ici, ou encore .

Pour se mettre dans l'ambiance le spot officiel des festivités :

vendredi 20 août 2010

le Secret de la Chartreuse

Elixirs, thiéraques et potions magiques
Dès l'Antiquité les plantes et leurs propriétés sont un objet de connaissance ; au Moyen Âge l'herboristerie constitue un volet d'un savoir précieux, en partie occulte, qui à chaque plante associe une ou plusieurs vertus mais aussi une symbolique et intégrant le tout en un jeu de correspondance complexe. La réalisation d’un élixir s’intègre donc dans une quête tant technique que spirituelle visant l’élaboration d’une potion à base de plantes, la recherche d ‘un dosage combinant leurs vertus et la réalisation d’un assemblage de composants multiples en un tout homogène et équilibré aux propriétés remarquables et non des moindres puisqu’il s’agit de réaliser la thiéraque, une potion de jouvence ou un élixir de longue vie...

Un document publicitaire des années 1940 met en avant cette dimension : "C'est en 1605 que le maréchal d'Estrée (...) remit la formule du secret aux Chartreux de Paris. De qui la tenait-il ?... D'un inventeur inconnu, d'un patient chercheur acharné comme tant d'autres à la recherche de la panacée ou de la pierre philosophale ?... Mystère !..." Et ce mystère recoupe tant les origines et la nature du manuscrit que les caractéristiques de la recette et les ingrédients qui la compose. Plus loin le même document publicitaire souligne aussi "la complexité de la formule" et "la difficulté à se procurer les nombreuses plantes nécessaires". Apolinaire aurait même prétendu tenir directement d’un chartreux que la formule comprenait de la peau de serpent pillée [lien].


De la mystique alchimique à la symphonie des plantes
Nous l’avons vu dans l’article sur l‘élixir végétal dont découlent les liqueurs jaunes et vertes, au moins 130 plantes aromatiques et médicinales rentrent dans la composition de la Chartreuse : "Il n'entre pas moins de 130 plantes et épices différentes venues de nombreuses contrées dans les dosages qui se font à la poignée, comme autrefois, destinés à la macération avec l'alcool, avant distillation" précise Dom Benoit. Il s’agit de plantes, feuilles, écorces, racines mais aussi d’épices et de graines (de sésame notamment) dont une partie sont originaires du massif de la Chartreuse, les oeillets des Chartreux justement, mais aussi l’absinthe, la gentiane, les bourgeons de sapin... Quant aux autres ingrédients ils doivent être importés (le safran rentrerait dans la l’étape de coloration de la liqueur Jaune).

La composition précise de la recette, les ingrédients rentrant dans sa composition et les procédés de fabrication constituent le véritable secret des chartreux et il n’est guère possible d’obtenir davantage de précisions à ce sujet de la part de ces derniers. Reste à l’amateur, outre les joies et les complexités de la dégustation, un certain nombre de pistes ; tout d’abord la première page du manuscrit, la seule qui fut dévoilée, stipule le début des espèces et quantités de plantes rentrant dans sa composition (mélisse, armoise, bétoine, matricaire, chardon bénit, petite centaurée, lavande, sauge, cassis (feuilles), marjolaine, hysope, mélilot, thym). On y retrouve les plantes composant les jardins médiévaux et sans doute la plupart des variétés connues à l’époque et c’est cette diversité et cette richesse qui constitue un des éléments caractéristiques de la Chartreuse par rapport aux autres boissons à base de plantes. A titre d’information on peut prendre connaissance des 14 plantes médicinales et de 9 épices qui rentrent dans la composition de l’Eau de mélisse des Carmes Boyer parfois dénommé Eau des Carmes qui est un digestif et vitalisant naturel.


Le secret de la Chartreuse, où se nouent les spécificités d’une liqueur
“Ce secret transmis du Moyen Age, est une merveille, car l'arôme de toutes les plantes est mêlé de façon si harmonieuse, qu'on ne peut en reconnaître aucune. Et le dosage des plantes médicinales et aromatiques est si bien étudié, que la Chartreuse est une liqueur hygiénique dont la bienfaisance est naturellement reconnue". Ces différentes considérations nous éclairent sur ce que recouvre exactement ce fameux secret de la Chartreuse : l’identité même du produit. En effet il en concerne à la fois l’origine, la conception même, via ses ingrédients, dosages et processus de fabrication mais aussi sa dimension historique et identitaire et en conséquence commerciale.

En effet une spécificité de la Chartreuse est qu’elle fut exploitée commercialement, depuis le début du XVIII ème siècle et avec un succès mondial, sans que sa recette ne fasse l’objet d’un dépôt ou d’un brevet. Ainsi avec sa formule jamais déposée ni protégée autrement que par le sceau du secret bien gardé, ces liqueurs restent inimitables, “souvent copiées mais jamais égalées”. L’histoire mouvementée de la Chartreuse retranscrit bien cette spécificité qui fait mesure d’exception parmi les produits alcoolisés.

Enfin le Secret de la Chartreuse est le titre d’une publicité récurrente, dès les années 1930 dans des supports de presse puis ensuite de nombreuses références y sont faites dans des prospectus commerciaux ou même dans le livret qui accompagne l’élixir végétal dans son étui protecteur... Elle prend la forme d’un récit où s’amalgament l’histoire de la production de Chartreuse, le détail d’un certain nombres d’épisodes ou faits notoires de cette histoire qui seront mis en avant de façon récurrente dans les publicités des pères chartreux et enfin une sorte d’argumentaire sur les qualités de la Chartreuse et en quoi elle est unique.
 

lundi 28 juin 2010

Chartreuse, les étiquettes au fil du 20ème siècle

Après une période de relative stabilité de la présentation de la Chartreuse au XIXème siècle, en partie dictée par les problématiques de contrefaçons et de définition de l'identité visuelle des liqueurs de Pères Chartreux, la situation va être bien plus complexe au XXème siècle du fait de circonstances historiques troublées. Le présent article a pour objectif de donner un aperçu de cette évolution sans viser l'exhaustivité.

L'étiquette déposée par le Père dom Louis Garnier au XIXème siècle fut utilisée jusqu'en 1903 date à laquelle les Pères Chartreux furent expulsés de leur monastère. Ils emportèrent leur secret de fabrication en Espagne où la production démarra en 1904 et la chartreuse fut commercialisée sous une nouvelle présentation et avec l'appellation "Liqueur fabriquée à Tarragone par les Pères Chartreux". Ces événements ainsi que la confusion et les démêlés juridiques et commerciaux qui s'en suivirent et opposèrent les Chartreux à leurs liquidateurs feront l'objet ultérieurement d'un article dédié sur ce blog.

En France la marque avait été confisquée et les étiquettes des liqueurs produites par les liquidateurs reprenait en tous points les étiquettes traditionnelles, à la différence près que le nom de l'imprimeur Allier qui figurait sur les chartreuses antérieures à 1904 fut remplacé par l'inscription "Imp. Lith. Grenoble". Ce détail constitue le seul moyen de distinguer ces bouteilles alors commercialisées sous l'appellation "Chartreuse".


A partir de 1929, la société qui exploitait la Chartreuse en France cesse sa production et la liqueur, désormais uniquement fabriquée par les Pères Chartreux, est alors présentée sous une double étiquette, reprenant ainsi l'étiquette traditionnelle ainsi que celle de Tarragone avec ses deux triangles jaunes et verts composant un losange. Pendant ce temps la production en deux lieux différents se poursuit, ce qui sera le cas jusqu'à ce que l'usine catalane ferme ses portes en 1989.

Le 21 juin 1942 à l'occasion du premier anniversaire du retour des Pères au monastère de la Grande Chartreuse, la liqueur reprend sa présentation du XIXème siècle et l'étiquette traditionnelle déposée en 1869, seules les contenances des bouteilles permettent de les distinguer.

En 1951 s'y ajoute, en dessous, la mention Chartreuse dans un cadre noir, et pour la première fois la liqueur est officiellement dénommée de la sorte.

A partir de 1956, un cadre bleu entoure l'étiquette de 1869 que surplombe la mention 'Chartreuse" tandis qu''en dessous on peut lire "FABRIQUÉE PAR LES PÈRES CHARTREUX". (photo)

Enfin, en 1964, l'étiquette est désormais en aluminium et elle se rapproche de celle que nous connaissons aujourd'hui...

[Cette article fait suite à un premier poste sur l'étiquette de 1869.]

jeudi 3 juin 2010

Chartreuse - l'étiquette de 1869 et ses symboles

L'étiquette de la chartreuse mentionne en son coin inférieur droit "déposé 01.07.69" en référence à la seconde version de l'étiquette, qui fit l'objet d'un dépôt au XIXème siècle, et qui est depuis devenue l'un des symboles à part entière de la liqueur des pères chartreux.

C'est l'étiquette de référence, à plus d'un titre, puisqu'il s'agit d'une de ses premières versions et qu'elle va pour la première fois rassembler un certain nombre de symboles et de signes distinctifs qui vont constituer l'identité de la chartreuse en tant que produit. En outre cette monture déposée en 1869 va être déclinée sur tous les modèles suivants, servant ainsi de base et créant une unité au fil de l'histoire de la liqueur des pères chartreux, de son conditionnement et de son identité visuelle.

Cette évolution fut en partie dictée par le nombre croissant de contrefaçons (quelques exemples figurent dans une des vitrines des caves de Voiron) dans un contexte d'essor commercial remarquable ("la Reine des liqueurs" au XIXème siècle) et d'émergence des législations protègeant la propriété industrielle.

L'étiquette dite de 1869 découle d'une version antérieure et les armes de l'ordre chartreux, notamment le globe crucifère (globe surmonté d'une croix) et les sept étoiles figrent directement sur certaines vieilles bouteilles, en relief ou sablées :
« La devise informelle de l'ordre des Chartreux, apparue tardivement, est « Stat Crux dum volvitur orbis » (La terre tourne mais la croix demeure). Elle n'a aucun caractère officiel.
Le blason de l’ordre, attesté dans des documents dès le XIIIe siècle, est beaucoup plus ancien que la devise. Il comporte un globe surmonté d’une croix entourée de sept étoiles. Par humilité, les étoiles sont parfois placées sous le globe. Elles symbolisent Bruno et ses 6 compagnons dont l’arrivée à Grenoble fut annoncée par un songe prémonitoire où l’évêque saint Hugues rapporte avoir vu sept étoiles. (source : wikipedia) »
Les caractéristiques de l'étiquette de 1869 :
   - mention "LIQUEUR FABRIQUÉE A LA GRANDE CHARTREUSE"
   - signature "L. Garnier" avec globe, à droite et à gauche
   - papier filigrané au motif des armes du couvent et du nom "L. GARNIER"
   - bordure perlée
   - date du dépôt ("déposé 01.07.69"), en bas à gauche
   - mention "Lith Allier Grenoble", en bas à droite