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dimanche 18 octobre 2020

Rentrée 2020

Ce traditionnel article d'automne se place dans un contexte particulier à plus d'un titre du fait des circonstances. Si la plupart des manifestations sont annulées, et le couvre feu déclaré dans certaines métropoles, de nouvelles cuvées de chartreuse sont bel et bien disponibles.

Santa Tecla 2020
La situation sanitaire a nettement impacté les réjouissances catalanes dédiées à Sainte Thècle, réduisant processions et parades populaires de septembre. Toutefois les cuvées de chartreuse jaune et verte de l'édition 2020 ont bien été commercialisées. 
Elles reprennent l'affiche officielle de la Santa Tecla en contre-étiquette avec cette année l'illustration d'une parade de festivaliers dans les rues de la vieille ville de Tarragone.
 

 
"Cette Jaune 2020 présente un nez très frais d’agrumes, d’épices douces, une pointe de safran. La bouche est moelleuse, grasse et équilibrée. Finale sur les zestes et le miel.
Cette verte dévoile une robe sublime, d'un vert scintillant. Le nez dégage des arômes épicés, particulièrement poivrés avec une légère touche de gingembre. La bouche est jeune est rafraîchissante, toujours aussi bien équilibrée." note Philippe B. dans ses carnets.
La cuvée Tau 2020 a également été mise en vente cette rentrée.

Du côté des Fous de Chartreuse
Pas de dégustation d'automne pour des raisons évidentes et la récente annonce d'un couvre-feu (!) semble reporter aux calendes les espérances de pouvoir maintenir ces rencontres annuelles, même selon un format repensé... Cela n'empêche pas la cuvée des Fous de Chartreuse 2020 d'être... victime de son succès !
En effet une grande partie des stocks s'est écoulée encore plus rapidement que les années précédentes, notamment les jéroboams, format si prisé des collectionneurs et restaurateurs. Cette cuvée de jaune est épuisée à l'exception de flacons réservés en prévision de la dégustation annulée...

La contre étiquette précise :
Cette cuvée a été réalisée par les Pères Chartreux pour les "Fous de Chartreuse" de Paris.
Cet assemblage d'exception rassemble des liqueurs jaunes longuement vieillies en foudre de chêne dans nos caves.

Mise de la cuvée en 1400 bouteilles :
100 jéroboams de 1301 à 1400.
500 bouteilles de 1L de 1 à 500.
800 bouteilles de 0,5L de 501 à 1300.

Mise 2020"
Les bouteilles sont numérotées.


dimanche 19 avril 2020

Chartreuse et confinement

En ces circonstances très particulières et en période de confinement, il faut savoir profiter de petits plaisirs malgré tout. Et la liqueur des Pères Chartreux s'y prête bien ! Ce qui donne lieu à bien des partages sur les réseaux sociaux notamment. Aperçu ci-après.
 
Un petit verre chez soi
Moment de détente avec un verre de Chartreuse ou la santé par les plantes... Naturellement l'élixir fait figure de produit vedette par les temps qui courent. Veillez à respecter la posologie ;
Ci-dessous "chartreuse délicieuse..." en mignonnette (collector) de @ChatelFabrice et un exemple de préparation de "décoction thym, gingembre, clous de girofle, puis miel, jus de citron, huile d’olive et quelques gouttes de l’ancestrale Élixir Végétal de la Grande Chartreuse" par @stephanedegout.


Créativité culinaire et petits plats
Rien de tel que la cuisine pour se faire plaisir à domicile, la cuisine à base de Chartreuse...
Ci-après Homard aux pommes et Chartreuse par @gallettedebatz et un baba aux parfums d'herbes et Chartreuse par @zak_poulot


Dégustation de cocktails et vieux flacons
Période propice à reconsidérer les stocks à disposition, que ce soit pour concocter des cocktails ou dénicher une belle bouteille que l'on n'aurait pas forcément ouvert en temps normal...
Témoignage d'outre-atlantique "I was waiting all week for my Last Word Cocktail. Such a decadent way to usher in the Spring. Cheers to all ! " de @cocktailsaccrossamerica  ou encore cette ancienne Tarragone jaune dégustée au balcon par @francesc_escala. "Nice gift to enjoy at home during this quarantine", en effet !
 

Et vous, vous en profitez comment ? Retrouvez nous sur Pinterest, Instagram et Twitter et partagez vos photos, merci !
 
Voir aussi: 
  • Solution hydro-alcoolique Chartreuse : Fidèles à leur tradition d'apporter aide et soutien aux nécessiteux, les Pères Chartreux répondent à l'état d'urgence sanitaire. Ils ont donné suite à la demande du CHU de Grenoble de fournir 10000 litres d'alcool pur rentrant dans le composition de leur fameuse liqueur... Et en photo de la solution hydro-alcoolique produite par la Chartreuse et embouteillée en flacon d'élixir végétal. D'ailleurs aux 160 flacons de solution de cette livraison, étaient joints 20 élixirs pour « tenir le coup » !
  • Galerie de photos Pinterest de la chartreuse

jeudi 19 septembre 2019

Santa Tecla 2019

L'édition 2019
La Santa Tecla se tient cette année du 13 au 24 septembre à Tarragone. L'affiche représente un casteller, une des figures emblématiques des fêtes et de son folklore populaire traditionnel. Ils forment les “châteaux”, ces fameux empilements humains si caractéristiques, qui peuvent atteindre jusqu'à neufs étages. Ces castellers sont constituées à la manière d’associations de quartier, il y en a quatre équipes dans la ville, portant chacune une couleur distinctive...  En arrière plan on reconnaît la rosace de la cathédrale de Tarragone.

Cuvées spéciales
Comme chaque année, des cuvées spéciales de Chartreuse Jaune et Verte sont produites à l’occasion de la Santa Tecla, la jaune titrant 43° depuis la fin des années 2000. Les bouteilles portent l'affiche officielle en contre-étiquette et sont destinées au marché catalan. A venir découvrir en dégustation le 12 octobre prochain aux caves Bossetti !
 
 
En 2019 on commémore également les 25 ans des barrilets, ces récipients destinés à la mamadeta, un assemblage local de chartreuse et de granité : "La beguda de les fetes", la boisson pour ainsi dire officielle des festivités.
 
 
Voir aussi :

mercredi 28 novembre 2018

Dégustation automne 2018

Ce samedi 6 octobre, jour de la Saint Bruno, on célébrait une fois encore la chartreuse aux Caves Bossetti ! Une formule en partie renouvelée mais toujours dans la bonne humeur et avec une forte affluence. Compte-rendu.
 

  • Les cuvées en dégustation : plus d’une dizaine et tout en jéroboams, s’il vous plaît. Des exemplaires uniques, Santa Tecla Jaune 2018 et une pièce sur-mesure la Beaudétale, jaune savoureuse en l’honneur du grand ordonnateur de la journée. Une édition très limitée de jaune en bouteille cuivrée, produite en l'occasion de l'inauguration de la distillerie d'Aiguenoire, ainsi qu'une Carbone 2018 verte. Trois cuvées des Fous de Chartreuse, 2016 (le dernier 3L), 2017 (idem) et 2018 une jaune de haute volée dans la lignée de la précédente. Et aussi : liqueur du 9ème Centenaire, M.O.F., Verte 1605 et Génépi !
  • Comme chaque année l’équipe des caves a réalisé une très belle vitrine, riche et joliment agencée.
  • Un atelier élixir, tisanes et herbes, le soin par les plantes en somme.
  • Un nouveau type de buffet, autour d'une meule de 30kg de Laguiole AOP, à partir duquel des restaurateurs partenaires ont composé des créations culinaires : chutney ananas ou mirabelles, duxelle de cèpes (coup de cœur), pickles, condiments fumés... On vous laisse deviner le dénominateur commun entre les plats.
  • Exit la pêche miraculeuse, place au jeu de l'oie du blog, conçu par un ami graphiste et non moins amateur de liqueur. Trois lancers pour cumuler des points et gagner des lots ! Aux manettes l’équipe du blog pour vous soumettre questions et défis, cadeaux à la clé.
  • Après la musique l’an dernier, place à la peinture au travers des natures mortes de l’artiste peintre Stéphane Capitrel qui exposait ses oeuvres sur le thème de la Chartreuse évidemment ! Belle rencontre.
  • Encore une fois les Fous de Chartreuse étaient au rendez-vous, l’occasion de beaux échanges autour de leur passion, des fêtes de la Santa Tecla et bien sûr de l’inauguration de la nouvelle distillerie. Il y avait également de nouveaux venus, en particulier des stéphanois et des auvergnats qui nous ont régalés de vieux flacons tarragonesques, merci !
  • Un petit tour dans quelques commerces à proximité pour découvrir les chocolats de la maison Mazet et les produits d’Un glacier à Paris, tous deux en association à la journée.
  • Rendez-vous l'an prochain :)
Un grand merci à Philippe, à l'équipe des caves  et Chartreuse Diffusion pour cette magnifique journée ! 


Retrouvez des photos dans la galerie Fous de Chartreuse et partagez les vôtres !

Voir aussi :

lundi 29 octobre 2018

Retour sur les Santa Tecla 2018

Cette année, Rodolphe, un des membres du blog était de retour à Tarragone du 20 au 24 septembre pour les Santa Tecla ! Il nous raconte son séjour :

« Le 20 septembre à partir de 19 heures, place de la Font a lieu la dégustation du “Pastís del Braç de Santa Tecla”, un gâteau monumental représentant le bras de Sainte Thècle (75 mètres soit 2000 portions). N’ayant pas encore eu la chance d'y goûter lors des éditions précédentes je me suis dirigé vers le théâtre pour être sûr d’avoir un ticket qui allait me permettre d’enfin goûter cette pâtisserie. Je n’ai pas été déçu, c’était très bon, une belle mise en jambe pour la suite des festivités !

Le lendemain avait lieu le fameux “Café, copa i puro per un duro” agrémenté d’un concert des Los YéYé sur la place del Rei. Et autant vous dire que les choses sérieuses commencent pour les amateurs de Chartreuse. Pour commencer il faut faire la queue avec en poche un duro, c’est à dire une pièce de petite monnaie en pesetas pour avoir un des 1200 verres de Chartreuse servis dans un petit verre de type shooter. Un café et un cigare, très bon remède contre la sieste paraît-il… En attendant d’y goûter rien de mieux que de siroter une petite Chartreuse épiscopale bien glacée à l’ombre des quelques arbres de la place. Ce fût également l’occasion de revoir quelques fous de Chartreuse (et de goûter à un breuvage étonnant mais bon : une jaune vieillie en fût de cognac, belle découverte.) Cette journée du 21 septembre est également celle de la “La Baixada de l’Àliga”, la descente de l’aigle et du reste du bestiaire : la Mulassa, le Lion, etc… Et comme d’habitude c'est un moment magnifique avec une ambiance superbe et une liesse populaire dont les catalans ont le secret.
 

Le 22 septembre, direction la porte del Roser pour “L’Entrada de Músics”, l’entrée des musiciens, un joli défilé des formations musicales des différents groupes des fêtes. C’était une première pour moi et c’était idéal pour se remettre des festivités de la veille. A 19h avait lieu le premier défilé de l’ensemble des parades de la Santa Tecla. J’ai eu la chance de suivre cela depuis un balcon (merci Agathe et Yoann) au niveau de la montée avant la Carrer Major, un point de vue nouveau sur le défilé, très bon moment entre pétarades des Diables, les danses des géants et les différents animaux très plébiscités par les enfants avec une petit préférence pour la Mulassa ! Vers 21h nous nous sommes dirigé vers l’école d’architecture où l’on retrouvait l’espace Santa Teca, un espace dédié à la gastronomie et à la culture. Encore une belle journée à Tarragone !
 
23 septembre, après avoir passé la nuit à faire la fête la ville se réveille de bon matin au son des instruments traditionnels, c’est le “Toc de matinades”. A 13h, encore un point d’orgue des festivités, les “Castells, torres i pilars”, soit les châteaux, tours et piliers humains. C'est toujours aussi impressionnant surtout quand tout le monde retient son souffle lorsque malheureusement il y a une chute… Pour clôturer cette journée “L’Entrada del Braç de Santa Tecla”, l’entrée du bras de la Sainte, qui déambule en tête de cortège à travers les rue de la ville toujours accompagné du reste des processions et d'officiels de la ville. L’an dernier le maire de Voiron y a participé. Pour terminer en beauté cette journée rien de tel qu’un magnifique feux d’artifice tiré depuis le bord de mer et visible depuis le “Balcó del Mediterrani” ou la “platja del Miracle”.

Nous voilà arrivé au dernier jour de ce récit, le 24, jour de la sainte Thècle avec le concours de descentes de tours humaines de la place de la cathédrale au parvis de la mairie. Puis voilà venu l’heure du grand final, “El Correfoc de Santa Tecla”, la grande déambulation d’une multitude de groupe de Diables venus des alentours en plus des locaux : un mélange de pétarades, sifflements, fumées et musiques, très impressionnant. Et pour clôturer les fêtes cela se passe sur la Rambla avec une puissante pétarade finale qui finit en feux d’artifice ! Génial et en même temps ça sonne la fin des festivités, il est temps de rentrer en France...
 
Un grand merci à Agathe et Yoann, des fous de Chartreuse de Voiron avec qui j’ai passé de bons moments, merci également à Yannick de Chartreuse Diffusion, sans oublier Rubén, un fou de Chartreuse (et de Renault 5 Turbo) qui m’a fait découvrir la ville autrement ! A l’année prochaine ! »

[Compte-rendu de Rodolphe | Cronica Santa Tecla 2018, traduction de Rubén, merci à eux]
 

jeudi 30 août 2018

Santa Tecla 2018

La rentrée, comme chaque année, porte avec elle quelques bonnes nouvelles pour l'amateur de chartreuse.

Santa Tecla édition 2018
Les festivités populaires de Tarragone se tiendront cette année du 14 au 24 septembre, au son des processions populaires et des réjouissances festives catalanes.
L'affiche officielle a été communiquée cet été et représente une scène avec un garçon et une fille sur les épaules de leurs parents place de la Fontaine sous une pluie de papiers colorés. Ce visuel 2018 sera repris sur les différents supports officiels et produits dérivés, dont la gamme est cette année complétée d'un modèle d'éventail.
Peu de précisions pour le moment au sujet des cuvées spéciales annuelles de liqueur des Pères Chartreux si ce n'est que la liqueur jaune devrait encore titrer à 43°.

Cuvées spéciales catalanes
C'est l'occasion de revenir sur la commercialisation avant l'été d'une nouvelle cuvée spéciale limitée en l'occasion des dix-huitièmes jeux méditerranéens qui se sont tenus à Tarragone. 510 exemplaires de Chartreuse Jaune au format 35cl ont été produits avec une contre-étiquette spécifique reprenant le visuel de cet événement sportif.
 

A noter également, qu'a paru le millésime 2018 de la Tau, cuvée également dédiée à la ville de Tarragone et dont la première édition date de l'an dernier.

Dégustation d'octobre aux caves Bossetti
Dans la droite foulée des festivités catalanes, se tiennent d'autres réjouissances davantage encore placées sous le signe de la chartreuse : la grande dégustation annuelle des caves de la rue des Archives à Paris. La date est désormais connue et il s'agit pour tous les amateurs de réserver leur samedi 6 octobre. Cette année encore ce sera l'occasion pour le public français de découvrir les nouvelles Santa Tecla, entre autres surprises...
La programmation renouvelée cette année vient d'être communiquée et fera l'objet d'un article dédié prochainement !
 
Voir aussi :

lundi 2 octobre 2017

Collection de chartreuses de Tarragone

Joan Garcia est un collectionneur et un passionné de chartreuse et de son histoire, avec un intérêt particulier pour les liens qu’elle entretient avec Tarragone. Lecteur du blog, il a eu la gentillesse de partager avec nous les photos ci-après où il commente de beaux et vieux flacons de liqueur des Pères Chartreux.

 «Vieille et très rare bouteille d’un litre de Chartreuse jaune des premières années de production des pères Chartreux à Tarragone (1904-1930). Cette rareté a été achetée à un antiquaire de Barcelone, qui l’a trouvée cachée dans un ancien bar de la province de Gérone ; elle avait été oubliée au fond de la cave depuis le début du XXe siècle. Le bouchon est couvert par une cire brunâtre et la liqueur présente de beaux reflets cuivrés. Le niveau d'alcool est exceptionnellement élevé pour une bouteille de cette époque, avec la double étiquette sous laquelle est écrit en espagnol :
« AVIS : Provisoirement, et à cause des circonstances actuelles, nous présentons notre liqueur avec la bouteille normalement destinée à l’exportation ».

On peut donc s’interroger sur quelles étaient ces mystérieuses « circonstances ».



Vieille bouteille de Chartreuse fabriquée à Tarragone en 1945. Elle présente une contre-étiquette faisant la publicité des premières bouteilles de Brandy Car.
On peut lire écrit en espagnol :
« Essayez notre BRANDY-CAR « LA TARRAGONESA » fait avec les mêmes alcools utilisés pour notre CHARTREUSE. Il est un excellent digestif après les repas. Prenez le mélangé à l’eau de Seltz comme pour un whisky ».

Chartreuse jaune La Fabiola (1968-1973) avec une très rare contre-étiquette destinée au marché sud-américain, particulièrement à la République du Pérou.
On peut lire écrit en espagnol :
« BUREAU DES VINS ET SPIRITUEUX IMPORTÉS LIMA - Pérou CHARTREUSE, S.A.E. TARRAGONA (España) Importé par FRANCISCO MARTÍNEZ P.S.A. LIMA - Pérou ».  
On peut lire également au niveau du bouchon : « REPUBLICA PEROUANA - LICORES IMPORTADOS ».


Rares mignonettes de Chartreuse verte et jaune avec bouchon de liège (années 1940). La verte présente une étiquette "4 centimos" sur le bouchon.
 
[Clichés et notes de Joan Garcia, un grand merci !]

dimanche 17 septembre 2017

Santa Tecla 2017

Du 14 ou 24 septembre, processions populaires et réjouissances festives battent leur plein à Tarragone en l'occasion des fêtes annuelles de la Santa Tecla.

Cette édition est notamment dédiée à deux entités du riche folklore de la cité catalane : la Mulassa et le Ball de Bastons. Il y est fait référence sur l'affiche officielle et l’on retrouve la lettre "T" emblématique de la ville sur le visuel.

Les cuvées spéciales pour l'édition 2017
Comme chaque année la chartreuse est célébrée lors de la Santa Tecla, avec l’habituel binôme de chartreuses vertes et jaunes spécialement conçues et qui reprennent le visuel des fêtes en tant que contre étiquette.
Au total, 1300 bouteilles de Chartreuse jaune, titrant toujours 43°, et 200 Chartreuse verte ont été fabriquées pour le marché espagnol. A noter une sensible augmentation des tarifs pratiqués sur le marché espagnol relativement aux années précédentes...
 
La Tau, une bouteille dédiée à Tarragone
Il s'agit d'une nouvelle cuvée, la "Tau", une chartreuse épiscopale, soit un mélange de chartreuse jaune avec une touche de verte, conformément aux gouts du public catalan dont les faveurs vont davantage à la liqueur jaune.
5000 flacons d'une chartreuse titrant 44° seront commercialisés, mais uniquement dans la région de Tarragone. La démarche est "un moyen de remercier pour tant d'années de relations entre la ville et la marque", selon le représentant de Chartreuse à Tarragone, Carme Rodríguez.
L'étiquette de la cuvée conjugue les couleurs de la liqueur et celles de la ville catalane et en reprend son symbole "Tau" éponyme. La contre étiquette illustrée d'une photographie ancienne de la distillerie tarragonnaise précise l'année de mise en bouteille.



E viva Santa Tecla !
 
Voir aussi :

mardi 10 janvier 2017

Entretien avec Enric Olivé-Serret (2/2)

Suite de l’entretien avec le professeur Enric Olivé-Serret autour de la chartreuse de Tarragone, sa distillerie, ses vieux flacons et son histoire...

Parlez-nous un peu de la distillerie de Tarragona.
Toutes les installations renvoyaient une image très frappante. L’extrême propreté, le rangement impeccable, la qualité des matériaux ... tout se référait à l'ordre des Chartreux. Le travail bien fait et les ouvriers qui travaillaient plus au sein d’une famille que dans une simple entreprise. Cela était évident lors de la sanglante guerre civile espagnole, lorsque les révolutionnaires ont tenté de saisir l'usine et que les ouvriers les en ont empêché, affirmant qu'elle était en territoire français (sic). En contrepartie, ils ont promis d'envoyer de la Chartreuse à l'avant pour les combattants !!!

Des anecdotes ou souvenirs de dégustation particuliers ?
Dans les années soixante-dix du siècle dernier, les visiteurs se régalaient avec le fameux cocktail « Episcopal » avec de la chartreuse et du « cava » (vin mousseux AOC catalan). Evidemment tout le monde en sortait heureux. C’est d’ailleurs ce cocktail qui souhaitait la bienvenue aux visiteurs de l’exposition sur la Chartreuse qui fut réalisé au musée d’Histoire de Tarragone en 1994. Exposition et musée dont j’étais moi-même le responsable.

L'ouvrage est richement illustré avec notamment un ensemble de documents et de clichés de la distillerie.

 
Connaissez-vous des collections de vieilles bouteilles et objets anciens en Espagne ?
Depuis que la communauté des Chartreux s’est installée à Tarragone et élaborait ses distillats (pas seulement la Chartreuse), la liqueur se consommait tous les jours à Tarragone. Cette consommation a baissé à partir de 1970 laissant place à de nouveaux goûts importés d'Amérique. A partir du moment où les Chartreux ont cessé de produire à Tarragone, la passion des collectionneurs et les consommateurs s’est ravivée et s’est transformée en une authentique obsession pour beaucoup. A Tarragone, il y a des dizaines de collectionneurs et de grandes réserves dans les mains d’amateurs anonymes.

Comment voyez-vous le lien entre la Chartreuse et Tarragone aujourd'hui ?
Malheureusement, l'intérêt pour la Chartreuse, ses produits et les vestiges industriels sont arrivés bien trop tard à Tarragone, de sorte que la dépossession subie par le magnifique patrimoine industriel a empêché la création d'un centre d'informations sur la Chartreuse. Une fois de plus, nous étions en retard pour protéger le patrimoine collectif.
Enric Olivé-Serret
Tarragona, novembre 2016


Voir aussi :

lundi 19 décembre 2016

Entretien avec Enric Olivé Serret (1/2)

Enric Olivé Serret est l'auteur d'un livre de référence sur la chartreuse de Tarragone, à ce jour non édité en français et paru sous le titre "La Chartreuse de Tarragona. De la fàbrica al convent" ("La Chartreuse de Tarragone, de l'usine au monastère").
Originaire de la ville, l'auteur est aujourd'hui professeur à l'université de Tarragone.  Il a eu la gentillesse de répondre à nos questions sur sa démarche, les multiples liens entre la chartreuse et la ville de Tarragone et son histoire. Merci à lui.

D'où provient votre intérêt pour la Chartreuse et son histoire à Tarragone ? 
La Chartreuse a toujours été présente dans ma vie. Dès mon plus jeune âge, ma vie s’est déroulée autour de la distillerie des Pères Chartreux. Mon père était un employé de la maison du vin Müller, qui était située juste à côté de la distillerie, où je demeurais avec toute ma famille. Mes promenades et mes facéties se déroulaient toujours entre la distillerie des Chartreux et la maison Müller. Tout jeune, durant l’été, j’ai même servi de guide touristique pour les visites de la distillerie.
Dans les années quatre-vingt, en tant que jeune responsable politique de l'urbanisme à Tarragone, j'ai maintenu une relation étroite avec la communauté cartusienne à la Grande Chartreuse afin que la commune de Tarragone acquiert la magnifique « Fàbrica de Tarragone ».
Je me souviens avec une grande estime des Pères Chartreux de Tarragone qui, plus tard, se sont consacrés à conduire des expériences avec des plantes lyophilisées, pour lesquelles je m’empressais de servir de cobaye. Ce fut une étape de la communauté cartusienne concernée par l'alcoolisme et prompte à contribuer à lutter contre ce fléau.
Finalement, j’ai personnellement exercé le rôle d’entremetteur entre les Pères Chartreux et le gouvernement Catalan, afin que ce dernier acquiert la Chartreuse, ce qui fut le cas.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur la démarche d'édition de votre livre (les recherches, la publication, les échos...) ?
À la suite de l'acquisition de la Chartreuse par le gouvernement, le ministre-conseiller Josep Gomis m’a chargé d’une étude et de l’édition de l’histoire de la Chartreuse à Tarragone, ainsi que de l'inventaire des fonds de la société qui était passée aux archives historiques de Tarragona.
Avec le photographe Joan Aberich, nous avons travaillé chaque recoin de l’enceinte cartusienne. La distillerie nous offrait des photos d’une grande intensité ; les jardins privés des Chartreux, abandonnés, nous renvoyaient une magnifique image romantique. Des chats aux alambics, des horloges aux vieilles bouteilles, des cellules à la chapelle ... tout a été parfaitement documenté. Dans le même temps, nous espérions offrir une belle représentation de l’enceinte.
La documentation des archives municipales, de l'archevêché et de la société Chartreuse ainsi que l'expérience d’anciens travailleurs, m'ont permis de connaître précisément l'histoire du bâtiment, de ses différents habitants et finalement de la communauté cartusienne.
A suivre…
Voir aussi :

lundi 5 décembre 2016

Dégustation automne 2016

Cette fois encore Phillipe et les caves Bossetti ont organisé dans les règles de l’art leur dégustation annuelle dédiée à la liqueur des Pères Chartreux. Comme d’habitude tous les éléments étaient réunis pour faire de cette journée un franc succès : un programme riche et complet, une affluence record et au final de très bons moments partagés…

Bref plein de bonnes choses, de la convivialité et des nouveautés pour cette édition 2016 : 
  • En dégustation, les cuvées de Fous de Chartreuse étaient à l’honneur avec pas moins de 4 mises différentes au format jéroboam. De quoi mener une comparaison affinée et prendre la mesure de leurs différences et subtilités. A noter que l’on savourait le dernier flacon de 3 litres de la très belle et verdoyante cuvée 2009.
  • Santa Tecla : pour découvrir l'édition 2016 des liqueurs jaunes et vertes, quoi de mieux que deux jéroboams en mise unique ?
  • Du côté du buffet, un menu toujours aussi alléchant avec de multiples mets à base de liqueur : gaspacho aux écrevisses, la grosse terrine de frère Tuck, les croques-chartreuses poilânes, les guimauves et chocolats cartusiens du Pain de Sucre... Mention spéciale au foie gras "Nacérazade et les 1001 nuits", excellent.
  • Une autre nouveauté, l’hilarante soucoupe du procureur général, l’occasion de mettre en avant l’élixir végétal dans ce genre d'événement et de le faire découvrir au plus grand nombre !
  • Laurent Bidot l’auteur de la récente bande dessinée Le Secret de la Chartreuse aux éditions Glénat présentait son ouvrage aux visiteurs et leur proposait de belles dédicaces illustrées. Merci à lui pour sa disponibilité.
  • Sur le stand du blog, échanges entre passionnés avant tout et sur la base d’un programme similaire à l’an dernier fondé sur des dégustations informelles autours des apports d’amateurs… Plusieurs bouteilles complémentaires au programme de la journée avec une mention spéciale à Alain P. qui gratifiât les amateurs d’une succulente Tarragone Jaune 1970's de sa collection. Merci Alain !
Un grand merci à Philippe, aux Caves Bossetti et à Chartreuse ! 

Voir aussi :

samedi 1 octobre 2016

La distillerie de Tarragone : de l’usine à... la Chartreuse

Nous avons évoqués les circonstances de l'installation des Pères Chartreux à Tarragone et de la liqueur qu'ils y produisirent une large partie du vingtième siècle. Intéressons-nous désormais à la distillerie en elle-même et à ses installations.

Une acquisition anticipée
Prévoyants, les Chartreux avaient anticipé les troubles qui en France allaient s'abattre sur les ordres religieux et fait l'acquisition des bâtiments de la place des Infants dès 1882 ! Ce auprès des Muller, importante famille de Tarragone, avec lesquels ils étaient déjà en contact pour se fournir... en eaux-de-vie ! Les origines de ces relations donnent matière à un article spécifique.

L'entrée de la distillerie, rue Smith, et le plan des lieux

 
Le bâtiment, ancienne usine de filature et de tissage, avec ses installations à vapeur et son moulin à vent métallique illustrait la révolution industrielle, alors sur le déclin. La venue des chartreux représentait un véritable enjeu pour l'économie locale.

Une distillerie qui est aussi un lieu de prière
Voici encore une des spécificités propres à la Chartreuse, certes en partie liée aux circonstances de leur exil, il s’agit de la double dimension des lieux, à la fois monastère et distillerie.
Si la communauté cartusienne a trouvé refuge à la chartreuse de Farneta en Italie, les frères en charge de la fabrication n'ont d'autre choix que de veiller au respect de leurs vœux à l’ordre de St Bruno sur place. Les bâtiments tarragonais vont donc voir se côtoyer installations productives et lieux dédiés à la prière et au recueillement. Ainsi en est-il de la belle chapelle avec ses tommettes et ses boiseries, des cellules des Chartreux, du cimetière et des jardins. De là une proximité parfois étonnante
 
Jardins de la Chartreuse avec la statue de la Mare Déu de Scala-Dei
Une autre spécificité est la présence d'une laboratoire de pharmacie, déjà évoqué en lien avec la production de l'élixir végétal et autres produits…

A suivre, les installations de fabrication de liqueur illustrées de photographies d’époque, entre autres…

Voir aussi :

samedi 28 mai 2016

Entretien avec Michel Steinmetz (3)

Collectionnez-vous bouteilles et objets en rapport à la liqueur ?
Evidemment, comment écrire un livre sans être passionné par le sujet? J'ai glané des bouteilles au cours de mes recherches pour me faire une idée du goût des différentes bouteilles. J'ai eu de nombreuses occasions de faire des dégustations avec d'autres chartreusophiles et d'ailleurs je suis bien incapable de boire seul dans mon coin car il me manquerait alors la dimension du partage et la possibilité d'échanger nos impressions.
J'ai une belle série de menus, de cendriers, de porte clefs, etc... mais le clou de ma collection est une paire de bouteilles de la période 1904 de Tarragone: une jaune et une verte. Cette verte 1904 est arrivée chez moi presque par hasard après la publication du livre par une dame qui m'a demandé une estimation de ce qu'elle croyait être une Tarragone jaune, puis elle m'a proposé de me la vendre... Elle venait de ses grands parents qui l'avait achetée à la pharmacie Villard à Grenoble, le premier dépositaire des produits des pères Chartreux à Tarragone. Mais en comparaison de mon ami Marc, ma collection est très limitée...
 
Meilleurs souvenirs de dégustation, une ou plusieurs bouteilles mémorables ?

Une étonnante bouteille graduée
Je dirais que cela tient d'une certaine conjonction qui ne pourrait plus avoir lieu: cela s'est passé au bar de l'Albert 1er à Chamonix en compagnie de Marc et Sylvie B. et du sommelier des lieux, le talentueux Christian Martray. En fin de repas, pour nous régaler, il a sorti une demi bouteille de verte 1910 récemment ouverte et nous avons communié avec ce nectar en prenant le temps de savourer l'évolution des arômes et des goûts au fur et à mesure de l'aération de la liqueur. Une super bouteille partagée avec des supers amis, que rêver de mieux? 

Ce que j'aime bien aussi, c'est éduquer progressivement des amis aux subtilités de la Chartreuse en montant progressivement en gamme et tenter de leur faire apprécier toutes les subtilités des vieux flacons. C'est un peu mon "Festin de Babette" et je me régale de leurs mines réjouies au fil des dégustations.
Je ne peux pas oublier non plus le bonheur d'avoir pu goûter une Chartreuse blanche avec Emmanuel Renaud, une Chartreuse Cusenier avec l'ami Marco et des Tarragones avec des amis Tarragonais... Il est bien difficile d'établir une hiérarchie; une chose est sûre, cette liqueur sait créer des bons moments où le temps s'arrête et où l'on part en voyage dans ses souvenirs d'arômes, d'épices, d'herbes diverses...
Dernièrement, j'ai eu la chance de recevoir en cadeau une bouteille de "Une Chartreuse" jaune qui à mon sens contient "l'essence" de la Chartreuse jaune parfaite; j'avais les larmes aux yeux tellement elle était équilibrée et raffinée...

Un souvenir en particulier ou une anecdote associé à la chartreuse ?
Le souvenir est double et concerne l'ancienne distillerie de Tarragona. J'y suis allé 3 fois, les deux premières en contrebande avec la peur de croiser un squatteur patibulaire ou la Guardia Civil, où j'ai fait mes premiers clichés et récupéré quelques souvenirs. La troisième fois, c'était de façon officielle avec un employé municipal qui nous a ouvert les portes et accompagné. C'est un lieu magique chargé d'histoire avec un mélange de distillerie et de monastère. On passe ainsi des cellules à l'église puis à la salle des alambics... En sortant de là avec l'ami Marcel, un passionné espagnol de la Chartreuse, nous sommes allé manger au Restaurant "Barquet" et pour le dessert, j'ai pris des boules de glace Chartreuse jaune avec de la liqueur... J'ai un record à 18 boules ce jour là, ce qui est bien mieux que celui de Dom Benoit qui est aussi friand de ce genre de dessert... En sortant, nous chantions à tue -tête dans la rue, à l'heure de la sacro-sainte sieste catalane...
Pour moi, et cela se sent bien dans le livre, l'histoire des liqueurs de Chartreuse est indissociable de celle des Chartreux. On le ressent très fortement au Monastère de la Grande Chartreuse, à Fourvoirie ou à Tarragone avant la transformation des bâtiments. J'ai eu cette chance de visiter l'ancienne obédience de la distillerie du Monastère où se trouvait encore la cellule du frère distillateur, la joie de participer avec les amis "oeuvriers de Chartreuse" à la réhabilitation du site de Fourvoirie, le bonheur de marcher sur les traces des Chartreux à Tarragone et dans chacun de ces lieux le spirituel et le spiritueux se rejoignait. C'est leur foi intense qui les poussent vers la perfection. Ils faisaient les meilleurs mâts de bateaux, ils ont inventé le meilleur acier, ils ont réalisé la meilleure liqueur du monde... Si vous leur donnez du lait, ils vous feront un fromage divin ! C'est un grand privilège d'avoir pu les côtoyer un peu et d'avoir pu partager l'intensité de leur engagement monacal. Difficile après ça d'envisager la Chartreuse comme un simple breuvage; elle est chargée de toute l'histoire des Chartreux.

La situation de la chartreuse a évolué ces dernières années, elle bénéficie aujourd'hui d'une plus grande reconnaissance, comment voyez-vous la chose ?

Certificat de connaisseur signé par les Frères distillateurs !
La question est pertinente, ma réponse pourrait être impertinente… Eugène Modelski, qui a travaillé un temps dans les années 60 comme comptable pour la Compagnie Française de la Grande Chartreuse, était très ami avec le frère distillateur Laurent Dahinden (celui qui pose à cette époque avec ses lunettes rondes et son bouc) et avec le procureur en charge de la distillerie. Ils descendaient parfois ensemble pour la campagne d’hiver de distillation à Tarragona (ils allaient préparer les moutures de plantes pour l’année suivante et donner des consignes aux ouvriers) et avaient du temps pour discuter. Le père distillateur lui a dit un jour qu’il avait fait une demande au ministère de la santé pour que l’élixir soit vendu en pharmacie. On lui a dit que pour étudier le dossier il fallait donner la composition précise du breuvage et l’histoire s’est arrêtée là. Pour la liqueur, sa position était « en vendre juste assez pour faire vivre l’Ordre, mais surtout pas dans les bordels ni dans les boites de nuit ! ». Aujourd’hui, une immense part des ventes se fait dans les bars pour intégrer des cocktails. Alors ? Trahison ? Evolution inéluctable ? Pour ma part j’apprécie les cocktails à base de Chartreuse, même si je préfère déguster de vieux millésimes avec des amis.
Les Chartreuses récentes souffrent du remplacement de l’alcool vinique par de l’alcool de betterave qui est beaucoup trop neutre et ne possède pas les mêmes capacités d’extraction des substances odoriférantes et aromatiques des plantes, ni les mêmes aptitudes de restitution des subtilités des macérations. Un jour, on prendra mon avis en compte et les Chartreuses retrouveront plus de densité et de capacités de vieillissement. Mon autre remarque concerne le degré de la Chartreuse Jaune qui est redescendu en 1973 de 43° (degré optimal pour faire se fondre l’alcool et le sucre et ainsi faire vieillir la liqueur) à 40° pour des raisons de taxes. Il faudrait absolument remonter la Jaune à 43°, quitte à en augmenter le tarif. A 40°, elle est « molle du genou » et trop sirupeuse : inapte à vieillir. De nombreuses « séries limités » ont été faites ces dernières années, toutes à 42 ou 43° et c’est à chaque fois un bonheur.
Pour répondre à la question, je dirais que les grands flacons mythiques de Tarragona étaient des Chartreuses ordinaires à l’époque. Le temps et les conditions d’élevage leur ont donné un charme incroyable. Pour avoir laissé vieillir des bouteilles plus récentes (à compter des années 80), la plupart des connaisseurs s’accordent à dire qu’elles ne seront probablement pas des collectors pour nos enfants et petits enfants. Sans doute faudrait-il revenir au titre de 43° pour la jaune et renoncer à l’alcool de betterave pour retrouver un supplément d’âme et que les bouteilles d’aujourd’hui aient une reconnaissance demain. Après, pour faire des Chartreusitos, la question n’est plus la même…
Un dernier mot sur la « reconnaissance » : si elle devait se mesurer au prix que peuvent atteindre certains flacons de Chartreuse de Tarragona, cela serait bien désolant, d’autant que certains n’hésitent pas à spéculer plutôt que de déguster. Pour éviter cela, un caviste original du vieux Lyon casse la bague de la capsule en vendant une bouteille à un client : il ne lui reste plus qu’à la boire…
 
[Un grand merci à Michel !]
Voir aussi :

mardi 3 mai 2016

Entretien avec Michel Steinmetz (2)

Comment est-ce que cela s'est concrétisé ?
Collage en hommage à la Chartreuse verte
Le travail d'édition est très exigeant et il a fallu déterminer un style et un découpage chronologique pour faciliter la lecture. J'ai proposé des tableaux synoptiques en tête de chaque chapitre concernant un siècle pour que le lecteur puisse visualiser les évènements. Après, il a fallu sélectionner l'iconographie que j'avais pu glaner au fil de mes rencontres avec des passionnés, des sommeliers, des bouquinistes, etc... dont certains sont devenus des amis. La maison Bonnat à Voiron m'a été d'une grande aide car leurs catalogues annuels mettaient en scène les dernières productions des Chartreux dans des coffrets magnifiques: cela a permis d'être précis sur les datations des différentes époques de production.
Et puis en 2006, le livre est né... en même temps que la sortie du film de Phillip Groenig "Le grand silence" sur la vie des Chartreux.

Pouvez-vous nous en dire davantage sur les recherches effectuées et sur l'écriture du livre ?
Au départ, je n'avais que peu d'éléments disponibles à disposition: il y avait un chapitre succinct dans le livre "La Grande Chartreuse par un Chartreux" et dans celui de Vals et Serrou "Au désert de Chartreuse" (suites d'un reportage commandé par Paris Match en 1968 et première ouverture du Monastère de la Grande Chartreuse à des journalistes), et encore quelques documents assez peu détaillés. Les Chartreux ont bien voulu me donner connaissance d'un résumé historique qu'un ancien frère distillateur avait rédigé pour repérer les grandes étapes de la liqueur.
A partir de là, je me suis mis en quête de trouver des documents à travers diverses sources: les archives départementales de l'Isère, les archives de Marseille pour la période 1921-1929, les archives nationales de Paris (où aurait du se trouver un dossier sur la commission des remèdes secrets de Napoléon... mais il était vide), la grande bibliothèque nationale, les archives de Tarragone, et puis les livres et objets de collectionneurs passionnés de Chartreuse, ainsi que des sommeliers et restaurateurs amoureux de la Reine des Liqueurs.
J'ai ainsi mené une sorte "d'enquête policière" pour arriver à faire des hypothèses et en vérifier la validité. Ce qui était fascinant était de pouvoir faire appel à la technologie en zoomant des clichés pour apprécier des détails, en retouchant de vieux documents pour les rendre lisibles, en regroupant des morceaux de "puzzles" pour mieux comprendre certaines péripéties du manuscrit secret...

"Les sachets contiennent des plantes
laissées sur place par les Chartreux
lors de leur départ en 1990"
Quels retours avez-vous reçus suite à sa publication ?
Il y a deux aspects. Du côté du public des passionnés de Chartreuse ou plus simplement des amoureux du terroir Dauphinois, il y avait une attente et l'accueil a été chaleureux et enthousiaste. Du côté de Chartreuse Diffusion dont le conseil d'administration est entre les mains de quelques familles locales, j'étais une sorte d'étranger qu'ils n'avait pas choisi, et comme je venais préciser un peu ce qui ressortait du secret pour le différencier du mystère ou du mythe, j'ai du déranger un peu.
Sur la question de Marseille par exemple, j'ai pu démontrer qu'entre 1921 et 1929, les entrepôts Marseillais n'avaient servi qu'à importer de la Chartreuse depuis Tarragona par bateau et l'embouteiller pour le marché français. Dix ans plus tard, Voiron ne parle plus de distillerie comme cela était le cas avant. A l'époque, il s'agissait de reconquérir le marché en francisant la Tarragone en "Une Tarragone" et de venir empiéter le marché de Cusenier et sa "Chartreuse sans recette". Il était de bonne guerre de laisser croire que cette Chartreuse était fabriquée en France (alors même que Cusenier était en difficulté avec sa "Liquidatreuse"), mais au XXIème siècle, les choses peuvent être dites sans dommage à qui que ce soit. C'est même le devoir de tout historien, fût-il amateur: mettre en perspective les présentations de la réalité historique en fonction du contexte et expliquer comment les narrations d'époque pouvaient comporter une part de propagande. Cela n'enlève rien au secret.
De la même manière, arriver à trouver le nom d'environ 70 plantes ne permettra jamais à personne d'avoir les tours de mains des Chartreux et d'arriver à faire une copie valable de Chartreuse... Au XIXème siècle, tous les apprentis distillateurs du Voironnais devaient faire leurs copies de Chartreuse Jaune à partir de 20 à 50 plantes: pour en avoir goûté, ce n'était pas mauvais, mais ça restait du "Buffalo Grill" face à Bocuse...
A suivre...
Voir aussi :


lundi 2 novembre 2015

Exceptionnelle vente aux enchères de Chartreuse

Importante vente aux enchères "Finest and Rarest Wines" chez Christie's à Genève, les 8 et 9 novembre prochain, présentant une incroyable collection de vieilles chartreuses.
 
Une vue d'ensemble éloquente... ©Christie’s, 2015

Le catalogue de la vente, richement illustré, est consultable en ligne et vaut le coup d’œil. Il précise : "La plus impressionnante collection de liqueurs de la Grande Chartreuse jamais mise en vente aux enchères, provenant d'une cave privée de la région des Alpes".

De très nombreux lots, dont des pièces uniques, rendent cette vente exceptionnelle. En effet la collection retrace l'histoire de la chartreuse et son évolution depuis le 19ème siècle. On y trouve des bouteilles de toutes les périodes, y compris les plus rares : une chartreuse blanche, une jaune 1869-1878 et des 1878-1903, d'autres Fourvoiries, divers cuvées exceptionnelles et de nombreuses Tarragones anciennes...
Aperçu en images :

Chartreuse 1878-1903 Verte, Blanche et Jaune 
©Christie’s, 2015
"Une Tarragone" ©Christie’s, 2015
Caisse bois de 6 flacons de Verte 1951-1956 ©Christie’s, 2015

dimanche 13 septembre 2015

Santa Tecla 2015

Cette année les fêtes de la Santa Tecla  à Tarragone se tiendront du 14 au 24 septembre. Le programme est comme d’habitude chargé avec de nombreux événements, réjouissances populaires et manifestations traditionnelles.
 
Sur l’affiche officielle est représenté la figure mise à l’honneur pour cette édition : le Drac de Sant Roc, le dragon de Saint Roc. Ce thème visuel inspiré du folklore local est comme chaque année décliné en tant que contre-étiquette sur les chartreuses mises en vente lors des fêtes.
 
A noter cette année qu'une référence Trenta Tecles a été ajoutée sur la contre-étiquette pour la trentième participation de l'aigle aux festivités, après sa réintégration en 1986. La figure de l'aigle de Tarragone est  associée à la chartreuse, notamment lors d'une procession durant les festivités, en liens avec l'histoire de la liqueur dans la ville catalane.
 
Pour 2015, les chartreuses Santa Tecla seront en édition plus limitée que les années précédentes, avec 1800 bouteilles de jaune et 600 vertes, la première titrant toujours 43°. On retrouve le Drac de Sant Roc sur les barillets annonciateurs des très nombreuses mamadetas qui seront dégustées pour l'occasion !


Voir aussi:

mardi 8 septembre 2015

Livret de la Tarragone du siècle

Suite au récent article consacré à cette cuvée prestigieuse, le blog a la plaisir de proposer à ses lecteurs de prendre connaissance du livret qui se glissait dans le coffret de la Tarragone du siècle.

Il s'agit d'un document en couleur de 12 pages. Il présente successivement l'histoire de la Chartreuse à Tarragone au cours du siècle dernier, puis la composition de l'assemblage qui constitue cette cuvée commémorative. A ce titre Olivier Poussier, qui a collaboré à sa réalisation, y livre ses notes de dégustations pour quatre des dix millésimes entrant dans sa composition. Le livret se termine par des précisions sur la présentation et la datation de vieux flacons de Tarragone.

 
Voir aussi :

jeudi 20 août 2015

La Tarragone du siècle

Si la sortie d’une nouvelle cuvée spéciale de chartreuse est toujours un événement, cela avait été particulièrement le cas pour cette liqueur Tarragone du siècle.

La cuvée
Il s’agit d’une série limitée de 512 bouteilles, fruit de l’assemblage de plusieurs millésimes de Chartreuse Jaune de Tarragone (1906, 1910, 1920, 1930, 1948, 1951, 1961, 1967, 1973 et 1980). La cuvée a été réalisée par les Pères Chartreux en collaboration avec Olivier Poussier, meilleur sommelier du monde 2000. Même si l'on retrouve toutes les décennies du siècle passé, la proportion de chaque millésime n’est pas connue mais, fait notable, le tout titre 37,7° du fait du vieillissement.
 
Présentation
Dans son coffret en bois, la cuvée dispose d’une étiquette spécifique déclinée sur le modèle de celle de la révolue chartreuse produite en Espagne.
Elle est accompagnée d’un livret qui revient sur l’histoire de cette dernière, présente la démarche ayant conduit à cette cuvée et les vieilles liqueurs qui entrent dans sa composition.
En effet chacun de ces anciens millésimes s'y voit agrémenté des commentaires de dégustation d’Olivier Poussier.
 
Commercialisation
Mis à la vente en 2007, le produit était destiné aux clients professionnels, restaurateurs et sommeliers. Il se caractérise par son positionnement haut de gamme et très limité : assemblage de vieilles chartreuses espagnoles, par nature si rares et entourées d’une aura toute particulière. Chaque exemplaire fut commercialisé au prix de 1605 euro (pas simple d’établir la valeur d’une telle bouteille…). Un des enjeux était d’éviter la spéculation pour un produit unique et non reproductible.
 
Discussions
Naturellement une telle cuvée ne pouvait que faire l’objet de débats passionnés ! Que ce soit sa nature même, l’usage de cuvées mythiques de Tarragone si limitées, le prix de vente et la rareté du peu d’exemplaires disponibles… On peut retrouver une partie des discussions sur le forum La Passion du Vin. Pour conclure, n’ayant pas eu la chance de goûter cette cuvée, penchons-nous sur les notes de dégustation de Philippe des caves Bossetti :
CHARTREUSE JAUNE "TARRAGONE DU SIECLE" ** (Juillet 2009)
"Robe jaune scintillante dorée; nez assez frais, pointe exotique complexe boisée finement, du miel, des épices fines, du tabac blond, suavité et toucher moelleux."
Voir aussi :