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samedi 15 janvier 2022

Deux cuvées anniversaires

De façon plutôt exceptionnelle, la Chartreuse réalise des cuvées spéciales pour le compte de maisons qui entretiennent une relation privilégiée et de longue date avec la liqueur des Pères Chartreux.  L'occasion de commémorer des dates anniversaires au travers de beaux flacons en éditions spéciales. Retour sur deux chartreuses de ce type qui ont en commun d'être aussi limitées que qualitatives...  

Velier 1947-2017

Cuvée anniversaire commémorant les 70 ans de Velier, une société génoise d'import de vins et spiritueux et qui est distributeur de la chartreuse en Italie.  C'est une cuvée exclusive de jaune en édition limitée et destinée au marché italien.


La contre-étiquette en italien précise qu'il s’agit d’une "cuvée de vieille Chartreuse Jaune provenant des caves de Voiron", "une bouteille unique en son genre, embouteillée à un titrage spécial de 42°". "Une liqueur élégante et de grand équilibre grâce à ses ingrédients, herbes et épices, patiemment infusés et distillés".

Malleval 1869-2019

La maison Malleval est une cave emblématique de la région lyonnaise fondée en 1869 et c'est en l'occasion de son 150ème anniversaire qu'une cuvée spéciale commémorative de chartreuse lui est consacrée. Titrant 42°, elle fut commercialisée en 2019 avec une présentation rappelant celle de la liqueur du 9ème centenaire et dans une boite en carton dédiée.


La contre-étiquette indique :
"Cette cuvée exceptionnelle de Chartreuse est issue d'un subtil assemblage de liqueurs élaborées et vieillies par les Pères Chartreux. Elle a été mise en bouteille en 600 exemplaires numérotés spécialement pour la célébration des 150 ans de la maison Malleval, la plus ancienne cave de Lyon. 
Depuis sa création en 1869, cette cave est devenue un lieu de partage incontournable pour les amateurs et passionnés de vins et spiritueux.  La Chartreuse y a toujours tenu une place à part.  Cette liqueur est le fruit d'une étroite collaboration entre Malleval et la Chartreuse."

Voir aussi :

dimanche 17 septembre 2017

Santa Tecla 2017

Du 14 ou 24 septembre, processions populaires et réjouissances festives battent leur plein à Tarragone en l'occasion des fêtes annuelles de la Santa Tecla.

Cette édition est notamment dédiée à deux entités du riche folklore de la cité catalane : la Mulassa et le Ball de Bastons. Il y est fait référence sur l'affiche officielle et l’on retrouve la lettre "T" emblématique de la ville sur le visuel.

Les cuvées spéciales pour l'édition 2017
Comme chaque année la chartreuse est célébrée lors de la Santa Tecla, avec l’habituel binôme de chartreuses vertes et jaunes spécialement conçues et qui reprennent le visuel des fêtes en tant que contre étiquette.
Au total, 1300 bouteilles de Chartreuse jaune, titrant toujours 43°, et 200 Chartreuse verte ont été fabriquées pour le marché espagnol. A noter une sensible augmentation des tarifs pratiqués sur le marché espagnol relativement aux années précédentes...
 
La Tau, une bouteille dédiée à Tarragone
Il s'agit d'une nouvelle cuvée, la "Tau", une chartreuse épiscopale, soit un mélange de chartreuse jaune avec une touche de verte, conformément aux gouts du public catalan dont les faveurs vont davantage à la liqueur jaune.
5000 flacons d'une chartreuse titrant 44° seront commercialisés, mais uniquement dans la région de Tarragone. La démarche est "un moyen de remercier pour tant d'années de relations entre la ville et la marque", selon le représentant de Chartreuse à Tarragone, Carme Rodríguez.
L'étiquette de la cuvée conjugue les couleurs de la liqueur et celles de la ville catalane et en reprend son symbole "Tau" éponyme. La contre étiquette illustrée d'une photographie ancienne de la distillerie tarragonnaise précise l'année de mise en bouteille.



E viva Santa Tecla !
 
Voir aussi :

lundi 30 novembre 2015

La Chartreuse et la seconde guerre mondiale (1/2)

Durant les années 1930, les Chartreux ont repris la fabrication de leur liqueur à Fourvoirie puis à Voiron. C’est lors des événements du second conflit mondial qu’ils vont finalement regagner leur monastère dont ils avaient été expulsés en 1903. “De l’armistice à la Libération il s’est passé à la Grande Chartreuse bien des choses dignes de mémoire” raconte Ambroise Jobert, une des principales sources de cet article.
 
En 1940, dans les armées françaises et britanniques...

Isère 1940
Si la production des liqueurs a repris en France dans les années 1930, l’ordre des Chartreux est toujours en Exil en Italie lorsque éclate la guerre. "Le 29 mai 1940, le R.P. Dom Ferdinand, affrontant les risques de cet exode, arriva à Grenoble avec le petit groupe de moines français et s'installa près de Voiron, à Orgeoise, dans la résidence des frères chargés de la fabrication de la liqueur". Il leur faut solliciter l'autorisation de s'installer à la Grande-Chartreuse, démarche compliquée par les circonstances du conflit militaire. La situation les force à s'en affranchir.

Retour à la Grande Chartreuse
"Le 20 juin (...)  Dom Ferdinand arriva en voiture à St Pierre de Chartreuse, ayant franchi de justesse les barrages préparés pour arrêter les allemands tout proches. Le 21 juin, les trois moines se présentèrent à la porte du monastère (...) Les 23 et 24, le flot de l'invasion allemande vint mourir contre le massif de Chartreuse, sans avoir atteint le monastère." Tandis que se joue la bataille de Vorreppe, après 37 années d'exil les Chartreux reprennent leur vie de prière et de silence dans le haut lieu de leur ordre. Voir l’article consacré à ce retour qui allait annoncer celui de l'étiquette de 1869 sur les bouteilles de liqueur.

En temps de guerre
Les choses vont évoluer au gré des circonstances, près de la ligne de front et au fil du conflit : "Tout se passa bien jusqu'à l’occupation italienne en novembre 1942. (...) Un colonel vint, en janvier 1943, les avertir qu'ils avaient fait l'objet de nombreuses dénonciations locales mais qu'il n'y aurait pas de perquisition avant février. (...) En septembre 1943, l'Italie passe dans le camp des Alliés. La Wehrmacht envahit Dauphiné et Savoie."
Durant ses années, le monastère servit de cache de matériel et de personnes et fut même visité par le sculpteur Arno Brecker qui y savoura un verre de liqueur. Au cours de toute la période les Chartreux donnèrent asile à des personnes menacées, par la police de Vichy puis par les occupants italiens et ensuite allemands.
"Les Pères aidaient de leur mieux les maquis installés dans les Granges de l'ordre" et à proximité en Chartreuse. Des témoignages font état de silhouettes en habit blanc aperçue de nuit dans le massif…
 
(A suivre...)
Voir aussi :
  • La Chartreuse et la seconde guerre mondiale (2/2)
  • "La Grande-Chartreuse de l'Armistice à la Libération", Ambroise Jobert et Dom X**
  • "La Grande Chartreuse" par un chartreux
  • Guerre civile ? Un petit verre de Chartreuse

samedi 14 mars 2015

Vieilles bouteilles de VEP (3)

Suite et fin de cette série d’articles destinés à préciser la datation des bouteilles de VEP.

Courant des années 1980 / début des années 1990 - Pas de mention explicite
Pour cette période nulle année n’est clairement mentionnée sur le produit !
La contre étiquette est par conséquence revue, avec un texte décrivant le produit et la démarche de vieillissement. L'appellation V.E.P. et sa signification y font leur apparition. Sur l'étiquette la police du texte pour les ingrédients change (elle n'est plus cursive).
Bouteille post-1983. En haut à gauche le système d'encoches de datation, en bas à droite aucune indication...
Pour tenter d'affiner la datation, plusieurs cas de figures sont à distinguer. Chronologiquement :
  • Des encoches sur la contre-étiquette. Un système de datation par encoches était utilisé pour les bouteilles de liqueurs jaunes et vertes durant une partie des années 1980. Chartreuse Diffusion disposait d’une carte permettant de les "lire" pour décoder la date de mise en bouteille. (En fait des encoches font leur apparition sur les dernières bouteilles de la précédentes périodes)
  • Des bouteilles sans encoche ni aucune indication de quelque sorte. Pas aisé à dater.
  • A la fin de cette période, mise en œuvre du code xxx pour les VEP (voir photo ci-dessous). En ajoutant 1084, année de fondation de l’ordre des Chartreux, aux 3 chiffres on obtient l’année de mise en bouteille.
La VEP de gauche fut mise en bouteille en 908+1084, soit 1992
1994 / aujourd'hui - Mise en bouteille en...
C’est de nouveau l’année de mise en bouteille qui est mentionnée de façon explicite sur la contre-étiquette et c'est encore le cas aujourd’hui. Au passage la mention "CHARTREUSE V.E.P." fait son apparition sur l'étiquette.
A noter des bouteilles "Dernière mise en bouteille du millénaire" en 1999, de jaunes et de vertes.
Enfin outre les traditionnels formats de VEP en litre et demi-litre, existent des flacons de 20cl (dont la bouteille a récemment été modifiée) et des jéroboams (3L).

 
Voir aussi :

dimanche 1 mars 2015

Vieilles bouteilles de VEP (2)

Si de nos jours (et de 1963 à 1975) l’année de mise en bouteille est précisée sur les V.E.P., il n’en a pas toujours été de même...

1975 / env. mi-1980’s - Mise en vieillissement dans nos foudres de chêne en l'an...
Changement non négligeable, on qualifie durant cette période les VEP selon leur année de mise en vieillissement, précisée sur la contre-étiquette. Qu’est-ce qui a bien pu motiver un tel changement ?
Cela peut d’ailleurs porter à confusion du fait de la durée de vieillissement. Ainsi une bouteille mise en fut en 1964 n’a été commercialisée que 11 ans plus tard.

Aperçu via deux contre-étiquettes aux polices de textes différentes





Durant cette période la présentation a évolué, les ingrédients figurent désormais sur l’étiquette agrandie pour l’occasion, ainsi que la contenance et la mention "Chartreuse Diffusion". Il existe également des mignonnettes sur lesquelles l'année de mise en vieillissement est précisée.

La présence du sigle "Sécurité Sociale" sur certaines bouteilles permet de déterminer que cette période se poursuit au moins jusqu'en 1983, date à laquelle la loi sur ces cotisations sur les alcools est votée. Enfin les dernières bouteilles de cette période que nous avons pu constater étaient mises en foudres en 1975...

VEP 37,5cl

Les VEP sont traditionnellement conditionnées en litre et demi-litre, les bouteilles ci-dessus font exception avec leurs 37,5cl.
VEP au format peu conventionnel. Les contre-étiquettes différent, ce serait trop simple... (Merci à Marc pour les photos)


Ce sont des bouteilles de chartreuse classiques mais bouchées de liège et revêtues de cire. La contenance est surajoutée sur l'étiquette, on peut voir qu'il s'agissait de celle d'un litre de VEP. Serait-ce là les premiers modèles de demi-format de VEP ? Si non, on peut conjecturer un manque de bouteilles de 50cl.
(A suivre...)

lundi 20 mai 2013

Production à Fourvoirie de 1860 à 1903

On l’a vu l’installation de la production de la chartreuse à Fourvoirie traduit son développement commercial et va en permettre l’industrialisation, le site et ses installations productives en témoignent. C’est une période décisive dans l’histoire de la liqueur au terme de laquelle elle va acquérir une renommé mondiale et se constituer telle que nous la connaissons aujourd’hui.

La distillerie de Fourvoirie
C’est donc aux alentours de 1860 que la décision est prise d’implanter la distillerie à Fourvoirie sur la rive gauche du Guiers (sur la rive droite se trouvait auparavant la forge et le haut fourneau). Il s’agit de mettre en place des installations techniques en vue de permettre une fabrication à plus grande échelle. D’importants travaux d’aménagement vont être réalisés progressivement.
Leur mise en œuvre débutera en 1862 par la transformation dans un premier temps, de l’Obédience (bâtiment qui servait d’entrepôt et d’écurie) en distillerie. La fin des travaux de construction aura lieu deux ans plus tard, en 1864.
 
 La distillerie est composée notamment d’une salle des alambics, d’une chaudière et de mélangeurs, de caves de vieillissement, de locaux de conditionnement et d’expédition, d’un hall et de quais de chargement... et une cheminée caractéristique domine l’ensemble.
 
Une période clé dans l’histoire de la liqueur
L’installation va permettre de se rapprocher des voies de communications tout en conservant une production en chartreuse. Ainsi afin d’acheminer les fûts et bouteilles à Voiron, qui est à cette époque le lieu d’entrepôt et d’expédition, une extension de la ligne de chemin de fer reliant Voiron - Saint Béron (le VSB) va être réalisée.
En quittant l’ancienne pharmacie du monastère, on assiste à la fin de la production artisanale mais c’est également à cette période que se forge l’identité du produit. A cet égard l’action d’un homme va être décisive, il s’agit de Dom Louis Garnier. En effet celui-ci va contribuer à façonner la chartreuse telle que nous la connaissons aujourd'hui...
Celui-ci va non seulement concevoir l’étiquette aux mentions caractéristiques sur laquelle figure, comme de nos jours, sa signature. Il veillera également à protéger le produit des nombreuses contrefaçons et imitations que son succès commercial va entraîner. Il agit en la matière comme un précurseur à une époque où la propriété indistrielle est balbutiante : dépot de la marque et de la présentation.
La présentation va ainsi être amenée à évoluer : forme de la bouteille, mentions, cartouche sablée et non plus en relief... Le document ci-dessous illustrent ces évolutions.
 
 Au terme de cette période la Reine des Liqueurs triomphe commercialement et c’est une activité pleinement prospère qui va être confisquée en 1903 !

Voir aussi :
[Merci à Antoine et Vincent !]

lundi 11 février 2013

Chartreuse in the USA

En ce qui concerne la Chartreuse, les Etats-Unis ne sont pas un marché comme les autres !

The United States of America
Le pays compte parmi les premiers marchés au monde pour la chartreuse à l’export et la croissance des ventes y est depuis quelques années très marquée !
Seulement celle-ci est présente de longue date aux US : au XIXème siècle la liqueur y disposait déjà d’un importateur et déjà à l’époque on en faisait un ingrédient de cocktail ! J.P. Morgan en était un illustre amateur... La presse anglo-saxonne compte dès le début du XXème siècle de nombreuses publicités pour la liqueur des Chartreux. Fait notable le pays a connu la prohibition de 1920 à 1933, période durant laquelle la production, vente et consommation d’alcool étaient interdites !

Sole agents in the U.S.
Un certain nombre d’importateurs se sont succédés, on retrouve leurs noms sur de vieilles bouteilles : Jos F. Boll, Bätjer, Schenley Import Corporation, Schieffelin & Co, James C. Sussex, 21 Brands Inc... et désormais Friederick Wildman ! Cette liste n'est peut-être pas exhaustive, infos complémentaires bienvenues ! Ces sociétés étaient implantées à New-York, à l’exception de Sussex.
Voici ainsi retracée une partie de l'histoire de la liqueur des Chartreux outre-Atlantique :
Jos F. Boll au 19ème siècle
Bätjer (pré-prohibition) puis, à partir des années 1930, Schenley
 
Schieffelin, sur plusieurs décennies, puis Sussex
Cette multiplicité ce traduit par de nombreuses variantes de contre-étiquettes, de multiples mentions parfois rocambolesques (Artificial Color Added, imbroglio autour de Tarragone...), sans compter les stamp-tax de différents états ! Avis aux collectionneurs.

Enfin l’élixir végétal n'est pas distribué aux US car jamais sa recette ne fut transmise à l’administration concernée, vraisemblablement la FDA. Autant dire que ce n’est pas un oubli. So secret !

A suivre...
Voir aussi

dimanche 11 novembre 2012

Le retour à l’étiquette d’avant 1903

De retour à la Grande Chartreuse
En 1940 les Pères Chartreux regagnent leur monastère du massif de la Chartreuse, haut lieu de leur ordre, dont ils avaient été expulsés en 1903 dans un contexte troublé. Un an plus tard pour célébrer le premier anniversaire de ce retour, leur liqueur retrouve la présentation qui était la sienne au 19ème siècle et son étiquette d’alors, si caractéristique.
Sur certaines contre-étiquettes de cette période on peut lire :
"L'étiquette ci-contre, la même que celle qui revêtait les bouteilles de Chartreuse de 1868 à 1903, garantit d'une façon absolue que cette bouteille contient la célèbre liqueur séculaire de la Grande Chartreuse, fabriquée comme au siècle dernier par les Pères Chartreux avec leurs procédés secrets."


Similarités dans la présentation
Ainsi à partir de 1941 (et jusqu’au début des années 1950) les chartreuses vont donc retrouver leur présentation d'antan (période pré-1903), à la contenance près. En effet si ces dernières étaient conditionnées en bouteilles d’un litre, leur homologue du 20ème siècle font 75cl et telle est la seule façon de les distinguer !
Un important stock d’étiquettes inutilisées (et conservée depuis 1903) et le symbole fort de la fin de la période de dépossession et d’exil semblent expliquer ce choix.

Notez la couleur bleutée de l'étiquette.
Les bouteilles mesurent respectivement 33 et 30cm.
Des circonstances particulières
Ce retour s’effectue dans un contexte bien particulier, c’est-à-dire en plein conflit mondial, dans une situation politique exceptionnelle et à proximité de la ligne de front.
"Le 20 juin [1940] au soir, avec Dom Bernard et Dom Michel, le R.P. Dom Ferdinand arriva en voiture à Saint-Pierre de Chartreuse, ayant franchi de justesse les barrages préparés pour arrêter les allemands tout proches. Le 21 juin, les trois moines se présentèrent à la grande porte du monastère, accompagnés du maire de Saint-Pierre. Sur réquisition de celui-ci, les gardiens ouvrirent." La Grande Chartreuse par un Chartreux
De même la deuxième guerre mondiale va également impacter la production de liqueur du fait des restrictions et pénuries d’ingrédients (alcool de betterave au lieu d'alcool de vigne et donc goût caractéristique)  mais pas seulement (On parle de chartreuses de cette période commercialisées dans des bouteilles de Dubonnet !).

Encore une fois l’histoire de la liqueur recoupe celle avec un grand “H” !

Voir aussi :
[Un grand merci à Gabriel pour les photos et sa contribution !]

dimanche 13 mars 2011

Liqueur du 9ème centenaire

« La liqueur du 9ème centenaire a été spécialement réalisée pour commémorer l'anniversaire de la fondation de la Grande Chartreuse par Saint Bruno en 1084 ».
Un peu d'histoire...
Saint Bruno, natif de Cologne, est à l'époque chancelier de l'archevêque de Reims mais ce dernier indigne paie ses électeurs et Bruno le dénonce. A 52 ans, en juin 1084, il décide de vendre tout ce qu'il possède et part pour fonder ce qui sera l'ordre des Chartreux. Avec 6 amis qui partagent ses aspirations, ils arrivent dans le massif préalpin au nord de Grenoble, un site montagneux d'une sévérité vraiment farouche, le désert de chartreuse où les premières pierres fondatrice de la Grande Chartreuse sont posées.

La liqueur du 9ème centenaire aujourd'hui
Cette liqueur du 9ème centenaire prend sa place à part entière dans la gamme Chartreuse auprès de la jaune, de la verte, de la MOF, des VEP et de la 1605 verte. Titrant 47°, de couleur intermédiaire, elle est comme toujours, un succès des Pères Chartreux et est aujourd'hui décrite comme le fleuron de leur production. Comme la plupart de ces bouteilles elle est empreinte de mystères. En effet, ce titrage à 47° nous fait penser d'emblée à une épiscopale, ce qui à la dégustation ne paraît pas si certain, loin de là!
La présentation est caractéristique : la bouteille en relief est la copie de celle utilisée de 1840 à 1878 et sur l'étiquette le L de liqueur est enluminé. Elle « a les mêmes caractéristiques que la verte, mais plus douce ».
En l'an de grâce 1984
Pour les neuf cents ans de l'ordre, 1984 est une année commémorative marquée « par de nombreuses manifestations : concerts, expositions, réunions de groupe folkloriques, promenades guidées, marche - pélerinage entre Grenoble et Saint-Pierre-de-Chartreuse, colloque historique... témoignant de la permanence du rayonnement de l'Ordre des Chartreux sur le Dauphiné ».
A cette occasion les étiquettes des chartreuses jaunes et vertes de l'année sont marquées d'une sur-impression rouge « 9° centenaire Gde Chartreuse 1084-1984 », et apparemment rien ne différencie ces liqueurs de leurs semblables. Mais pouvait-on en rester là pour fêter les 900 ans de l'ordre ? La même année une nouvelle chartreuse voit le jour, la liqueur de 9ème centenaire avec sa présentation caractéristique.

Les différentes présentations
La liqueur de la 9ème centenaire, comme toutes les bouteilles de chartreuse au fil du temps, s'est vue opérer des changements, en terme de bouteilles, d'étiquettes, de bouchons, d'inscriptions... On en distingue plusieurs variantes avec des différences plus ou moins notables.
En 1984, l'étiquette mesure 10cm et le bas de la bouteille porte l'inscription en relief « IX CENTENAIRE ». En 1985, les années 1984 et 1985 disparaissent du haut de l'étiquette ainsi que de la cartouche en relief et jusqu'en 2001 l'étiquette ne fait plus que 8 cm.
A partir de 2001 et ce jusqu'en 2004, un talon apparaît pour commémorer le 9° centenaire de la mort de Saint Bruno en 1101. Ce talon représente les sept étoiles sur un fond bleu nuit. Une tradition de l'Ordre veut que Saint Hugues ait vu les sept ermites annoncés dans un songe sous l'apparence de sept étoiles. Depuis 2004, l'étiquette fait 6cm mais garde la même apparence et le même design.
La contre-étiquette nous conte l'origine de cette bouteille avec un retour au passé, à la mémoire de Saint-Bruno.

[Article rédigé par Manu, merci !] 
Voir aussi:

lundi 14 février 2011

Mystérieuses mignonnettes

Les mignonnettes éveillent depuis des années la curiosité de nombreux collectionneurs, aussi bien par leur profusion que par leur variété. Elles font l’objet de convoitises tant leurs apparences (formes, étiquettes, contenances, matières, détails...) ont évolué au cours du temps et il est d’ailleurs parfois difficile de les dater avec précision. Leur valeur varie en fonction de leur âge, de leur état, de leurs caractéristiques et de leur rareté.

Historique des mignonnettes
Il faut remonter à la période Romaine (et oui !) pour voir apparaître les premières mignonnettes de vin, sous la forme à cette époque d’amphores miniatures. Celles-ci étaient envoyées par les négociants aux acheteurs afin qu’ils puissent goûter la marchandise. Elles ont donc à l’origine un but promotionnel.
Vers la fin du 19ème siècle, l’apparition des distilleries industrielles favorise la production de ces mini-bouteilles, qui comme leurs ancêtres, sont destinées principalement aux clients. Ce sont notamment les grandes marques de whisky, cognacs, liqueurs, porto et pastis qui vont se lancer dans ce type de format. Excepté leur contenance, les mignonnettes ont souvent la même forme et la même étiquette que les formats de base.

Par la suite, ces mini bouteilles vont très rapidement se diffuser comme par exemple dans les hôtels et les trains, passant ainsi de l’objet promotionnel à un objet de consommation, puis plus tard, à l’objet de collection ! (Pour info, un collectionneur de mignonnettes se nomme : “buticulamicrophiliste”. Facile à retenir, non ?). Le développement et la diffusion des mignonnettes est fulgurant durant la période 1950/1970. En effet, la plupart des producteurs (distilleries, marques, revendeurs, etc.) disposent de mignonnettes à leur nom. C’est donc au cours des années 70 que cet objet va susciter l’intérêt des collectionneurs et leur prix va subir une hausse durant cette période.

Contenance, aspect et datation
La contenance des mignonnettes oscillent entre 2 et 10 cl, parfois 20 cl. En ce qui concerne la liqueur de la Grande Chartreuse, les mignonnettes sont de 3 cl, sauf l’élixir Végétal dont deux formats existent : 8 et 10 cl. Ceci, vous l’aurez compris, le place donc dans la catégorie des mignonnettes ! Les bouteilles contenant entre 10 et 20 cl sont nommées quant à elles “Petites Bouteilles”, par exemple dans la gamme de chartreuse des années 1950, plus récemment pour de la VEP ou encore les Flasks.
En ce qui concerne l’aspect de ces petits bijoux, la matière dont ceux-ci sont réalisés, diffèrent selon la période, la marque, ou même l’occasion pour laquelle ils sont réalisés. Même si de nos jours, les mignonnettes sont principalement faites en verre, d’autres matières ont été utilisées telles que : porcelaine, cristal de Baccarat, barbotine, grès, argile, résine... Quant aux formes, elles sont toutes aussi variées : miniatures, fioles, amphores, cruchons, aiguières...

Je vous rassure, pour ce qui est de la chartreuse, toutes ont été fabriquées en verre, à l’image des bouteilles de liqueur ! J’en ai repéré de nombreuses variantes, notamment au niveau du goulot plus ou moins renflé selon les modèles. Il est parfois difficile de dater avec précision les mignonnettes. Cependant, certains éléments peuvent nous aider à leur donner un âge, particulièrement en observant les étiquettes comme les mentions légales, le pourcentage d’alcool (indiqué ou non), la fermeture (liège, capsule en étain ou bouchon à vis), etc... D’après nos renseignements, les plus vieilles mignonnettes de la liqueur des pères chartreux dateraient de l'entre-deux-guerres.


Conservation et consommation

Une des questions que beaucoup de personnes peuvent se poser est de savoir comment ces mignonnettes se conservent. Comme leur grande soeur, la protection à l’abri du soleil, de la chaleur et de l’humidité sont les principaux critères pour les garder en bon état. Avec le temps les miniatures peuvent subir une évaporation même si elles n’ont jamais été ouvertes, cette évaporation est souvent appelée la "part des anges”.
Les mignonnettes sont-elles consommables ? Je sais que pour nombreux collectionneurs, cette action est inenvisageable et demeure un sacrilège, mais en effet ces petits bijoux peuvent se consommer s'ils ont été bien conservés. A cette condition elles évoluent aussi avec l’âge, comme c’est le cas des formats plus traditionnels, et ne perderaient rien de leur potentiel dégustatif. J’ai personnellement vérifié cette affirmation en ouvrant récemment 2 miniatures de chartreuse : une voiron verte début des années 80, et une voiron jaune des années 70. Mon constat est simple : magnifique ! Elles n’ont rien perdu de leur saveur, bien au contraire.

Pour conclure, les mignonnettes restent des objets de collection et leur prix peut atteindre plus de 50/100 € pour des modèles anciens et/ou rares. Il est difficile de connaître l’apparition des premières mignonnettes de chartreuse et de savoir s’il en existent pour chaque modèle et chaque période. Nous sommes donc preneurs de toutes informations à ce sujet ! Photos bienvenues !

[Article rédigé par Vin's, merci !] 
Voir aussi:

mardi 28 décembre 2010

Une nouvelle cuvée spéciale : la Reine des liqueurs

La Reine des liqueurs est une cuvée spéciale de Chartreuse Jaune titrant à 43° et limitée à 1440 bouteilles numérotées.

A la fin du 19ème siècle la Chartreuse Jaune était connue comme la  «Reine des Liqueurs», tant elle faisait référence par sa qualité et en terme d’image de marque sur le segment des liqueurs monastiques, fort prisées alors. Voici ce que précise la contre-étiquette de cette nouvelle cuvée :
“Lorsque les Pères Chartreux mettent au point la Chartreuse Jaune, en 1838, celle-ci connaît rapidement un très grand succès. Digestive, plus douce que la Chartreuse Verte, elle s’impose à travers toute l’Europe, aidée en cela par les officiers de l’Armée des Alpes qui avaient su en apprécier toute la finesse et avaient promis aux Pères Chartreux de la faire connaître.
A la fin du 19ème siècle la Chartreuse Jaune est sur toutes les grandes tables, jusqu’à la Cour de Russie où le Tsar Nicolas II l’apprécie particulièrement. C’est alors qu’elle acquière son surnom : « La Reine des Liqueurs »
Commercialisée en 2010, courant décembre, cette Chartreuse est conditionnée en bouteilles de 70cl, avec une contre étiquette spécifique et un coffret en bois. La bouteille, avec l’inscription Grande Chartreuse, le globe crucifère et les sept étoiles en relief, est similaire à celle utilisée pour la cuvée commémorative de 2003. Si le tirage est limité et les bouteilles numérotées, la distribution aussi semble restreinte, cantonnée aux cavistes des régions grenobloises et lyonnaises. A noter qu’elle n’est pas vendue à la boutique de Voiron, sur le lieu de production.

Quelle est la réelle spécificité de cette liqueur ? On peut tout d’abord noter que cette cuvée diffère de la Jaune traditionnelle par son degré d’alcool, 43° au lieu de 40°, comme c’était le cas avant 1973 pour la Jaune. L’abaissement du titrage avait été imposé par des considérations d’ordre fiscales et commerciales du fait de taxes règlementaires ; cette évolution des qualités du produit ayant bien entendu eu un impact sur les caractéristiques de la liqueur. D'âpres certains amateurs ces 43° degrés font de cette Reine des liqueurs une Chartreuse particulièrement adaptée à une conservation prolongée et avec un potentiel de vieillissement prometteur, au même titre que les Tecla Jaunes depuis 2009.

Enfin voici ce que stipule la contre étiquette :
“Cette Chartreuse Jaune, comme son illustre ancêtre , vous est proposée à son titrage d’origine, 43%. Cette cuvée 2010 a été réalisée par les Pères Chartreux, comme en 1838, selon la même recette et les mêmes procédés de distillation.”
Il s'agirait donc d'une Chartreuse Jaune au process de fabrication spécifique, inspirée des prémices de la production au 19ème siècle... Reste-t-il quelque chose à ajouter si ce n'est après en avoir dégusté un verre ?!

jeudi 16 décembre 2010

Chartreuse VEP Jaune et Verte

La VEP, une Chartreuse haut de gamme
Comme l’indiquent ses initiales, la Chartreuse VEP  est une chartreuse à “Vieillissement Exceptionnellement Prolongé” ; elle se décline en VEP Jaune (parfois appelée Reine des liqueurs) et Verte.

Les VEP sont produites de la même manière que les chartreuses traditionnelles, c’est à dire selon un procédé resté secret et à base de plus de 130 plantes et herbes, mais leur spécificité réside dans la durée de la phase de vieillissement en fûts de chênes. Selon nos informations celle-ci serait d’une quinzaine d’années ; encore une fois pour ce qui concerne la liqueur des pères chartreux le mystère est de mise et il n’est pas impossible que cette durée ait pu légèrement varier au fil du temps.

Chaque année sont mises en vieillissement des quantités très limitées de Chartreuse Jaune et Verte, parmi les meilleures, sélectionnées par les pères chartreux et comme le stipule la contre étiquette elle n’est commercialisée que lorsqu’elle a atteint sa pleine maturité. Grâce à leur vieillissement, la teneur en alcool s’estompe légèrement (elles titrent respectivement 42° et 54°, soit un degré de moins que leurs homologues traditionnelles) et ces cuvées acquièrent un arôme, une saveur, une finesse et un moelleux supplémentaire. Toute en subtilité, la bonification de la liqueur sous l’effet du temps est indubitable, les VEP constituent ainsi le haut de gamme de la production actuelle.

Ces cuvées se présentent dans une bouteille identique à celle utilisée avant 1840, en verre sombre, avec un bouchon de liège cacheté à la cire et la contre étiquette est également cachetée avec l’emblème de la Grande Chartreuse. Elles sont conditionnées dans un coffret de bois marqué au fer. La VEP existent en 50 cl et un litre. Un nombre limité de bouteilles est produit chaque année et chacune est dotée d’un numéro d’identification.

Histoire de la production des VEP
Les VEP sont distribuées depuis 1963 mais elles ne constituent pas la première expérience de Chartreuse mise en vieillissement avant commercialisation. En quelque sorte elles viennent pérenniser la réalisation d’un certain nombre de cuvées anniversaires qui mirent en exergue les vertus du vieillissement et ses bienfaits relativement à la qualité des liqueurs. Ce furent les cuvées de 1932, 1940 et 1944, strictement limitées (environ 800 exemplaires) et qualitatives, qui au terme d’une décennie de conservation en “demi-muids de chêne plus que centenaires” furent mises en vente pour commémorer respectivement la reprise de la distillation à Fourvoirie, le retour des pères à la Grande Chartreuse et la libération de la France. Ainsi la plus ancienne de ces liqueurs fut produite à Fourvoirie.

Fort de ces précédents alliant finesse, excellence des liqueurs et prestige des éditions spéciales, il fut décidé de renouveler l’expérience. C’est à l’occasion du couronnement de la Reine d’Angleterre Elizabeth II, en juin 1953, que les pères chartreux mirent en vieillissement une cuvée ; celle-ci fut commercialisée 10 ans plus tard, marquant ainsi le début de la vente de VEP, liqueur d’exception, y compris parmi la production des chartreux. 

Quelques considérations

Au cours de leur production la datation des VEP a varié, fut un temps où l’année figurant sur la contre étiquette désignait l’année de mise en vieillissement et non celle de mise en bouteille comme c’est de nouveau le cas de nos jours.

Une tentative sera faite en Espagne pour essayer de lancer le produit sur ce marché, où en 1975, une édition de Chartreuse VEP présentée dans une bûche en bois sera proposée. Mais cette cuvée connaîtra un échec.

Il existe des VEP spéciales qui furent produites de façon ponctuelle en l’occasion d’un événement, comme par exemple celle de 1968, qui en l’occasion des JO d’hiver de Grenoble fut qualifiée de cuvée olympique, ou celle de 1976 pour célébrer le bicentenaire des États-Unis.

Du processus de fabrication découle le fait suivant : la réactivité de la production est impactée par la durée nécessaire au vieillissement, en conséquence il existe une latence en cas d’éventuelle hausse des quantités produites, avant que ces dernières ne soient commercialisées.

Enfin les VEP sont un des éléments notables du marché des vieilles Chartreuses, leur excellence en fait des bouteilles recherchées et prestigieuses avec l'âge.

[Article réalisé avec Vincent, je l'en remercie !]

dimanche 12 septembre 2010

Festivités de la Santa Tecla 2010

L'édition 2010 des festivités de la Santa Tecla, fêtes annuelles populaires et traditionnelles de la ville de Tarragone, en Catalogne, se déroulera cette année du 13 au 23 septembre. Cet événement constitue un moment fort de la vie de la ville ainsi qu'une période de réjouissance et de célébrations, où la Chartreuse de par son histoire partagée avec la ville occupe une place à part.


Les festivités annuelles populaires de la ville de Tarragone
Durant la Santa Tecla, autour des événements festifs se nouent nombres éléments de folklore, des cérémonies religieuses et des rassemblements populaires, au cœur de la culture et du patrimoine catalan. Les spécificités et particuliarités de ces fêtes de Tarragone sont nombreuses et prennent leurs racines dans l'histoire et la tradition de la ville, dans un contexte vivant et coloré.

On fait remonter ces festivités dédiées au saint patron de la ville à l'arrivée de la relique de ce dernier en 1321 et, parmi les éléments caractéristiques de cette période de l'année consacrée à Sainte Thècle, sont à noter un certains nombres de pratiques parfois spectaculaires et participant en tout cas de l'intense période de célébrations.

De nombreuses processions populaires, vivantes et bigarrées, et où l'on danse au son des cuivres et des tambours. Au fils des jours des balls et parades se succèdent, aux thèmes et symboliques variées. Le feu y occupe un rôle central et l'on retrouve un véritable bestiaire de figures évocatrices parmi les tenues des participants et à travers les «gegants» (géants) et des «cabeçuts» (grosses têtes). Sont aussi à noter les «castellers», véritables pyramides humaines pouvant atteindre des hauteurs impressionnantes.
Le rôle et la fonction de la Santa Tecla vont au delà de l'aspect festif et à travers les processions, déguisements et les célébrations ritualisées c'est la cohésion, l'héritage et l'identité de la ville catalane qui s'exprime.

La Santa Tecla est l'occasion d'affirmer une relation privilégiée avec les liqueurs des pères Chartreux
En 2010 et pour la première fois, les éditions limitées de Chartreuse, vertes et jaunes, aux couleurs des festivités (l'affiche officielle en est la contre étiquette) seront déclinées en deux versions aux effigies de deux personnages du folklore de la ville : Negrito et Negrita. Ainsi cette année les collectionneurs devront se procurer quatre bouteilles de Chartreuse dédiées à la ville catalane!

Négrito et Négrita sont deux des figures des géants traditionnels qui participent aux folklores des festivités de la Santa Tecla depuis des décennies. Les géants sont au coeur du folklore et des festivités, ce sont une galerie de personnages qui constituent autant d'archétypes. Parmi ses figures récurrentes de la tradition locale cette année ce sont le couple Negrito et Negrita qui sont à l'honneur.

Cette année encore la Chartreuse sera la boisson officielle de la Santa Tecla, avec non seulement les éditions limitées et une présence via un stand mais aussi la fameuse Mamadeta, le breuvage festif traditionnel qui accompagne ces festivités. Il se compose d'1/10 de chartreuse verte et d'1/10 de jaune, le tout complété de granité de citron ; cette année encore il devrait se voir consommer dans des quantités impressionnantes.

Liens et sources d'informations sur l'édition 2010
Cet article n'est qu'une ébauche sur sujet des fêtes de la Santa Tecla, de nombreuses précisions se trouvent sur le site officiel de la ville :

http://www.tarragona.cat/lajuntament/conselleries/festes-i-joventut/festes/santa-tecla/

On y trouve notamment l'historique détaillé de cet événement ainsi que de nombreuses informations pratiques relative à l'édition 2010, dont le programme détaillé des festivités - [lien].

Enfin pour permettre au lecteur de percevoir on pourra consulter des photographies / vidéos de précédentes éditions ici, ou encore .

Pour se mettre dans l'ambiance le spot officiel des festivités :

mercredi 11 août 2010

Elixir végétal - Publicités anciennes

Voici un certain nombre de publicités réalisées par les pères chartreux pour leur élixir végétal.

Un encart publicitaire de la période de production à Tarragone (avant 1930) :


Les trois documents suivantes datent de la période de double étiquetage (1929-1941). Il s'agit d'une P.L.V., d'un décors à découper et assembler et d'un puzzle.




Un buvard publicitaire plus récent. Il en existe des modèles différents et plus anciens, ces derniers constituant un support promotionnel courrant à l'époque. Il existe aussi des protèges cahiers dont un exemple, sur le thème du scoutisme, peut être trouvé sur ce lien.


Comme on l'a déjà noté les propriétés du produit constituent un argument commercial récurrent même si les bienfaits mis en avant peuvent varier selon les périodes. Différentes versions du prospectus inclus dans l'étui seront prochainement mises en ligne sur le blog.

lundi 26 juillet 2010

L'Elixir Végétal de la Grande Chartreuse

L'Elixir Végétal de la Grande Chartreuse de par son conditionnement caractéristique, son goût unique et ses propriétés constitue un produit remarquable, voire insolite.

Les secrets de la recette d'un élixir de longue vie
Le terme élixir renvoie aussi bien à un simple remède qu'à une potion aux propriétés extraordinaires, à un mélange de sirops avec des alcoolats qu'à une substance produite au terme d'un processus alchimique, mais dans le cas de celui des Pères Chartreux peut-on douter que ces différentes définitions se recoupent ?
 
Fabriqué par les Chartreux depuis 1737 selon la mystérieuse recette d'un élixir de longue vie offert par le maréchal d'Estrée, sa recette définitive est mise au point au terme de laborieuses recherches menées par le frère Jérôme Maubec. Plus de 130 plantes médicinales et aromatiques rentrent dans sa composition, ce qui n'est pas loin d'englober l'intégralité des espèces connues à l'époque.


Les prémices d'une industrie
Avant d'être réputée pour ses liqueurs, la Grande Chartreuse l'était pour son élixir végétal qui constitue le premier produit fabriqué par les pères et c'est de ce dernier que découlent les chartreuses désormais fameuses dont la recette est en fait une variante, dérivée de celle mise au point par Jérôme Maubec. En effet les Chartreuses Vertes et Jaunes ne seront élaborées respectivement qu'en 1764 et 1838. Il ne faut donc pas oublier qu'avant d'être une liqueur la Chartreuse désignait un élixir, un élixir de longue vie.

Jouissant initialement d'une réputation locale, la production était distribuée à dos du mulet dans les environ de la Grande Chartreuse, sur foires et marchés, par le frère Charles.L'élixir végétal constitue donc les prémices de l'histoire de la production de boissons alcoolisées par les Pères Chartreux, et la première étape d'un cheminement qui mène d'un remède à base de plantes à une liqueur consommée pour le plaisir.

Des vertus remarquables qui constituent un argument commercial récurrent
Ses caractéristiques et propriétés découlent de la complexité de son élaboration, selon un procédé tenu secret depuis plus de 400 ans, et surtout de la richesse et de la diversité des ingrédients qui le composent, assemblés pour constituer un ensemble homogène. Il se consomme pur, quelques gouttes sur un sucre, dans une infusion ou en grog...
 
D'après les Chartreux et les différents documents commerciaux vantant ses mérites, il s'agit d'un «cordial puissant», d'un «tonic» et d'un «digestif remarquable», "souverain contre les indigestions, maux d'estomac, syncopes, influenza, choléra et mal de mer" comme le stipule un encart commercial de la période Tarragone, avant 1929. Aujourd'hui encore on peut lire qu'il «prolonge l'effet bénéfique de vos vacances» et telle publicité ancienne de conclure : «indispensable aux familles».

Un conditionnement caractéristique et atypique
Le produit se présente sous la forme d'un flacon de 10 centilitres que protège de la lumière un étui caractéristique en bois qui en assure la bonne conservation. Ce dernier inclus en outre un prospectus racontant les grandes lignes de son histoires et mettant en avant ses propriétés.
 
Le produit en lui même varie peu depuis la fin du XIXème siècle (Qu'en est-il auparavant ? Je recherche activement toute information à ce sujet, merci de me faire part de toute information ou piste) et son évolution découle des circonstances historiques (installation à Tarragone, deuxième guerre mondiale...). Un certain nombre de clichés de différentes périodes figurent dans un précédent message.
 

Quelques spécificités sont à noter :
  • Fut un temps où le prix figurait sur l'étiquette : 2 francs au XIXème, puis 3 avant 1903 et 4 francs.
  • Du fait des rationnements liés au second conflit mondial l'étui en bois est remplacé par un cylindre en carton durant cette période. En outre pour s'en procurer un exemplaire il faut remettre un flacon vide en contrepartie.
  • De par son titrage alcoolique très élevé l'élixir n'évoluerait que peu ou pas du tout en bouteille ; il semble de plus que les bouchons en liège utilisés jusqu'au moins dans les années 1940 ne résistent guère au temps et seraient rongés de l'intérieur par le caractère corrosif et très alcoolisé du contenu de la fiole.
  • Le titrage alcoolique aurait varié au cours du temps, certaines publicités de la période de production à Fourvoirie mentionnent 69°. Par la suite, et à partir du moment où le degré apparaît sur l'étiquette, l'élixir titre à 71° ; ce n'est qu'à partir du 1er janvier 2010 et sous l'effet d'une directive européenne que le degré d'alcool est redescendu à 69°.
Voir aussi:

lundi 28 juin 2010

Chartreuse, les étiquettes au fil du 20ème siècle

Après une période de relative stabilité de la présentation de la Chartreuse au XIXème siècle, en partie dictée par les problématiques de contrefaçons et de définition de l'identité visuelle des liqueurs de Pères Chartreux, la situation va être bien plus complexe au XXème siècle du fait de circonstances historiques troublées. Le présent article a pour objectif de donner un aperçu de cette évolution sans viser l'exhaustivité.

L'étiquette déposée par le Père dom Louis Garnier au XIXème siècle fut utilisée jusqu'en 1903 date à laquelle les Pères Chartreux furent expulsés de leur monastère. Ils emportèrent leur secret de fabrication en Espagne où la production démarra en 1904 et la chartreuse fut commercialisée sous une nouvelle présentation et avec l'appellation "Liqueur fabriquée à Tarragone par les Pères Chartreux". Ces événements ainsi que la confusion et les démêlés juridiques et commerciaux qui s'en suivirent et opposèrent les Chartreux à leurs liquidateurs feront l'objet ultérieurement d'un article dédié sur ce blog.

En France la marque avait été confisquée et les étiquettes des liqueurs produites par les liquidateurs reprenait en tous points les étiquettes traditionnelles, à la différence près que le nom de l'imprimeur Allier qui figurait sur les chartreuses antérieures à 1904 fut remplacé par l'inscription "Imp. Lith. Grenoble". Ce détail constitue le seul moyen de distinguer ces bouteilles alors commercialisées sous l'appellation "Chartreuse".


A partir de 1929, la société qui exploitait la Chartreuse en France cesse sa production et la liqueur, désormais uniquement fabriquée par les Pères Chartreux, est alors présentée sous une double étiquette, reprenant ainsi l'étiquette traditionnelle ainsi que celle de Tarragone avec ses deux triangles jaunes et verts composant un losange. Pendant ce temps la production en deux lieux différents se poursuit, ce qui sera le cas jusqu'à ce que l'usine catalane ferme ses portes en 1989.

Le 21 juin 1942 à l'occasion du premier anniversaire du retour des Pères au monastère de la Grande Chartreuse, la liqueur reprend sa présentation du XIXème siècle et l'étiquette traditionnelle déposée en 1869, seules les contenances des bouteilles permettent de les distinguer.

En 1951 s'y ajoute, en dessous, la mention Chartreuse dans un cadre noir, et pour la première fois la liqueur est officiellement dénommée de la sorte.

A partir de 1956, un cadre bleu entoure l'étiquette de 1869 que surplombe la mention 'Chartreuse" tandis qu''en dessous on peut lire "FABRIQUÉE PAR LES PÈRES CHARTREUX". (photo)

Enfin, en 1964, l'étiquette est désormais en aluminium et elle se rapproche de celle que nous connaissons aujourd'hui...

[Cette article fait suite à un premier poste sur l'étiquette de 1869.]

jeudi 3 juin 2010

Chartreuse - l'étiquette de 1869 et ses symboles

L'étiquette de la chartreuse mentionne en son coin inférieur droit "déposé 01.07.69" en référence à la seconde version de l'étiquette, qui fit l'objet d'un dépôt au XIXème siècle, et qui est depuis devenue l'un des symboles à part entière de la liqueur des pères chartreux.

C'est l'étiquette de référence, à plus d'un titre, puisqu'il s'agit d'une de ses premières versions et qu'elle va pour la première fois rassembler un certain nombre de symboles et de signes distinctifs qui vont constituer l'identité de la chartreuse en tant que produit. En outre cette monture déposée en 1869 va être déclinée sur tous les modèles suivants, servant ainsi de base et créant une unité au fil de l'histoire de la liqueur des pères chartreux, de son conditionnement et de son identité visuelle.

Cette évolution fut en partie dictée par le nombre croissant de contrefaçons (quelques exemples figurent dans une des vitrines des caves de Voiron) dans un contexte d'essor commercial remarquable ("la Reine des liqueurs" au XIXème siècle) et d'émergence des législations protègeant la propriété industrielle.

L'étiquette dite de 1869 découle d'une version antérieure et les armes de l'ordre chartreux, notamment le globe crucifère (globe surmonté d'une croix) et les sept étoiles figrent directement sur certaines vieilles bouteilles, en relief ou sablées :
« La devise informelle de l'ordre des Chartreux, apparue tardivement, est « Stat Crux dum volvitur orbis » (La terre tourne mais la croix demeure). Elle n'a aucun caractère officiel.
Le blason de l’ordre, attesté dans des documents dès le XIIIe siècle, est beaucoup plus ancien que la devise. Il comporte un globe surmonté d’une croix entourée de sept étoiles. Par humilité, les étoiles sont parfois placées sous le globe. Elles symbolisent Bruno et ses 6 compagnons dont l’arrivée à Grenoble fut annoncée par un songe prémonitoire où l’évêque saint Hugues rapporte avoir vu sept étoiles. (source : wikipedia) »
Les caractéristiques de l'étiquette de 1869 :
   - mention "LIQUEUR FABRIQUÉE A LA GRANDE CHARTREUSE"
   - signature "L. Garnier" avec globe, à droite et à gauche
   - papier filigrané au motif des armes du couvent et du nom "L. GARNIER"
   - bordure perlée
   - date du dépôt ("déposé 01.07.69"), en bas à gauche
   - mention "Lith Allier Grenoble", en bas à droite