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dimanche 11 mai 2014

La Chartreuse Blanche

Aujourd'hui disparue, était commercialisée jusqu’à l’aube du 20ème siècle une Chartreuse Blanche dont peu de personnes soupçonnent l’existence de nos jours. Incolore, plus douce que ses deux homologues, elle complétait la gamme au 19ème siècle. Plus fabriquée depuis plus d’un siècle, elle fascine collectionneurs et amateurs.

Une des rares images de chartreuse blanche sur internet
1/2 litre - Collection de Claudie
La liqueur blanche des Pères Chartreux
En 1838, une nouvelle liqueur voit le jour : la "Mélisse", dont le nom deviendra Chartreuse Blanche.  Privée de l’étape de coloration lors de sa fabrication, on peut spéculer sur le fait qu’elle compte moins d’ingrédients que les autres chartreuses. Elle est également la moins coûteuse selon des bons de commandes de l'époque.
 
Deux périodes sont à distinguer quant à la liqueur blanche. Elle sera initialement produite de 1838 à 1880, titrant alors 43°. Sa fabrication est interrompue quelques années pour reprendre en 1886, cette fois-ci à 37°.

Les chartreux communiquent à ce sujet via un feuillet publicitaire :
"La liqueur blanche de la Grande Chartreuse à 43° alcoolique sera désormais remplacée par une nouvelle liqueur, blanche également, à 37° répondant aux nombreuses demandes faites d'une liqueur plus douce que la précédente. Les bouteilles contenant cette nouvelle liqueur seront munies d'une étiquette blanche rectangulaire, semblable à celle des autres couleurs. Le prix de cette liqueur sera le même que celui de la précédente, soit 4 francs le litre et 2 francs 25 le 1/2 litre."
Une chartreuse mythique
Un doute subsiste quant à la date exacte de l'arrêt définitif  de sa production : 1900 ou 1903 ? Toujours est-il qu'il n'en est plus question avec l'exil des Pères Chartreux à Tarragone en 1903. Il est même parfois dit que la recette de la chartreuse blanche aurait été alors perdue…
 
Inutile de préciser que cette mythique chartreuse blanche est extrêmement recherchée de nos jours ! Pour preuve cet exemplaire provenant de la cave des héritiers Nicolas ainsi décrite dans le catalogue de la vente aux enchères :
“Liqueur de la Grand Chartreuse L. Garnier - Fourvoirie - 1 litre (bouchon chevillé, niv. 10 cm. Étiquette fanée, de couleur beige, mention manuscrite "Blanche" au bas de l'étiquette. La couleur du liquide est très clair, translucide. Capsule cassée. Flacon portant un cartouche sablé, globe crucifère et 7 étoiles.”
Et le prix de la bouteille a littéralement explosé l’estimation de 2000 euro...

3 bouteilles de chartreuse du 19ème siècle dont une blanche
Voir aussi :
[merci à Claudie !]

dimanche 5 février 2012

La Chartreuse en 1900

Une activité économique florissante
Au terme du XIXème siècle qui vit le lancement des liqueurs jaunes et vertes, déclinées de la recette de l’élixir végétal et diffusées à plus grande échelle, la Chartreuse va acquérir l'appellation de “Reine des liqueurs”.
Dans les années 1860, du fait du développement de l’activité, la production s’industrialise et est déplacée dans une usine à Fourvoirie. “Les Chartreux vendaient 50 000 bouteilles par mois au moment de leur expulsion” précise Léon Poncet et avaient progressivement imposé leur domination sur le marché des liqueurs monastiques.

Les retombées locales
L’impact économique de l’activité des chartreux sur la région est important et il ne se limite pas aux seuls effets de la production de liqueurs. Non seulement les Pères Chartreux entretiennent un certain nombre d’actions caritatives dans les environs, portant secours et assistance aux plus démunis mais ils contribuent directement à financer un certain nombre de projets.
Par ailleurs ils participent aussi au développement local de par l’attrait que la Grande Chartreuse revêt aux yeux de nombreux visiteurs, avec un important flux de touristes via la ligne de chemin de fer qui dessert Fourvoirie.

La Chartreuse Blanche
Aujourd'hui disparue, était commercialisée jusqu’en 1903 une Chartreuse Blanche dont peu de personnes soupçonnent l’existence de nos jours... Privée de l’étape de coloration lors de sa fabrication, cette liqueur, moins coûteuse et plus douce que ses deux homologues complétait la gamme au 19ème siècle
Lancée en 1860, titrant alors 43°, la Chartreuse Blanche voit sa production interrompue quelques années en 1880 pour reprendre en 1886, cette fois-ci à 37°. L’arrêt définitif de sa fabrication a lieu avec le départ des chartreux pour Tarragone, il est vraisemblable qu’il s’agisse d’un choix délibéré au vu des enjeux de la reprise de la production en Espagne dans un contexte difficile... Inutile de préciser que cette mythique chartreuse blanche est extrêmement recherchée de nos jours !

A la veille de l’expulsion...
Prospère économiquement à l’aube du 20ème siècle, la chartreuse n’en voit pas moins planer l’ombre de la menace sur son existence. La convoitise de certains et le contexte national troublé suite aux lois de séparation de l’Eglise et de L’Etat allaient devoir conduire à l’exil de ces derniers à Tarragone. Toujours est-il qu’ils sont assimilés par les populations locales à des bienfaiteurs ce qui leur vaudra de multiples manifestations de soutien et de gratitude lors de leur expulsion par l’Etat français en 1903.

lundi 2 novembre 2015

Exceptionnelle vente aux enchères de Chartreuse

Importante vente aux enchères "Finest and Rarest Wines" chez Christie's à Genève, les 8 et 9 novembre prochain, présentant une incroyable collection de vieilles chartreuses.
 
Une vue d'ensemble éloquente... ©Christie’s, 2015

Le catalogue de la vente, richement illustré, est consultable en ligne et vaut le coup d’œil. Il précise : "La plus impressionnante collection de liqueurs de la Grande Chartreuse jamais mise en vente aux enchères, provenant d'une cave privée de la région des Alpes".

De très nombreux lots, dont des pièces uniques, rendent cette vente exceptionnelle. En effet la collection retrace l'histoire de la chartreuse et son évolution depuis le 19ème siècle. On y trouve des bouteilles de toutes les périodes, y compris les plus rares : une chartreuse blanche, une jaune 1869-1878 et des 1878-1903, d'autres Fourvoiries, divers cuvées exceptionnelles et de nombreuses Tarragones anciennes...
Aperçu en images :

Chartreuse 1878-1903 Verte, Blanche et Jaune 
©Christie’s, 2015
"Une Tarragone" ©Christie’s, 2015
Caisse bois de 6 flacons de Verte 1951-1956 ©Christie’s, 2015

vendredi 3 août 2012

Brandy CAR - Bouteilles et objets de collection

Différents modèles de Brandy CAR
Il existe au moins deux variantes dans la présentation de ce produit. La plus répandue est celle du Brandy CAR "extra", à droite sur la photo qui illustre cet article. Ces bouteilles comportent le plus souvent deux contre-étiquettes : une, au milieu, de couleur blanche avec le texte suivant :
“Este Brandy esta elaborado con los mismos alcooles, obtenidos por procedimientos especiales, que los que sirven a la preparacion del LICOR CHARTREUSE”
… une autre de couleur jaune-orangé en bas de la bouteille et où on peut lire :
“Excelente digestivo despues de las comidas. Fuera de las comidas, tomese mezclado con sifon o agua de seltz, al estilo de whisky.”
Il existe également un brandy “dulce” reserva de Do Alfonso XIII. L'étiquette est différente car il y est écrit en petits caractères noirs “muy añejo” sur les grosses lettres rouges de “Brandy” et le terme "CAR" n’apparait pas. Elle mentionne donc : Brandy "muy añejo" la Tarragonesa. A priori ce modèle ne comporte pas de contre-étiquette.

Brandy CAR Pères Chartreux

Publicités... et objets de collection
Sur certaines bouteilles de chartreuse contemporaines du brandy CAR, on peut trouver une contre-étiquette faisant la pub de ce dernier et dont le texte est le suivant :
“Prueba nuestro BRANDY-CAR “LA TARRAGONESA” fabricado con los mismos alcoholes que se emplean para nuestra CHARTREUSE. Es un excelente digestivo despues de las comidas. Fuera de las comidas, tomese mezclado con sifon o agua de seltz al estilo del whisky.”
Une petite bouteille, de 1/8 de litre, est destinée à faire connaître le produit ou à mettre dans la boîte à gants des voitures (cf le petit manuel des années 50 ). Sur sa contre-étiquette jaune, on peut lire le même texte que sur celle, jaune également, de la grande bouteille du brandy “extra”, couplé à sa traduction anglaise.
La petite bouteille “coñac n°2 bis” est un échantillon de brandy CAR à usage interne des moines distillateurs.
[Article & photo : Marc. Grand merci à lui !]

Voir aussi :

dimanche 17 octobre 2021

"Marseille" 1921-2021

Cuvée est commémorative du centenaire de l’installation d’une distillerie des Chartreux à Marseille. Il s’agit d’une chartreuse verte qui y fut mise en vieillissement, à l'instar de la cuvée Santa Tecla 2004 qui le fut à Tarragone. 

La contre étiquette indique : 

“Le retour des Pères Chartreux en France s’effectue de manière discrète en 1921. Alors qu’ils distillent encore à Tarragone et ne peuvent se réinstaller officiellement en France à cette époque. Cette Chartreuse verte a prolongé son vieillissement à Marseille. Elle rend hommage à cette cinquième distillerie, longtemps restée dans l’ombre de l'histoire de la liqueur.” 

Cette cuvée commémorative "Marseille" 1921-2021 jouit d'une présentation spéciale et titre à 51,7°. La bouteille cachetée de cire blanche est en verre soufflé avec un goulot prononcé en référence aux anciens flacons, comme le fait que le bouchon de liège soit apparent. Elle est accompagnée d’une boîte et livret explicatif. 

Les 760 exemplaires sont numérotés et nominatifs, le nom de l’acquéreur figurant sur la contre étiquette. Une belle pièce de collection assurément.

Voir aussi :

samedi 28 mai 2016

Entretien avec Michel Steinmetz (3)

Collectionnez-vous bouteilles et objets en rapport à la liqueur ?
Evidemment, comment écrire un livre sans être passionné par le sujet? J'ai glané des bouteilles au cours de mes recherches pour me faire une idée du goût des différentes bouteilles. J'ai eu de nombreuses occasions de faire des dégustations avec d'autres chartreusophiles et d'ailleurs je suis bien incapable de boire seul dans mon coin car il me manquerait alors la dimension du partage et la possibilité d'échanger nos impressions.
J'ai une belle série de menus, de cendriers, de porte clefs, etc... mais le clou de ma collection est une paire de bouteilles de la période 1904 de Tarragone: une jaune et une verte. Cette verte 1904 est arrivée chez moi presque par hasard après la publication du livre par une dame qui m'a demandé une estimation de ce qu'elle croyait être une Tarragone jaune, puis elle m'a proposé de me la vendre... Elle venait de ses grands parents qui l'avait achetée à la pharmacie Villard à Grenoble, le premier dépositaire des produits des pères Chartreux à Tarragone. Mais en comparaison de mon ami Marc, ma collection est très limitée...
 
Meilleurs souvenirs de dégustation, une ou plusieurs bouteilles mémorables ?

Une étonnante bouteille graduée
Je dirais que cela tient d'une certaine conjonction qui ne pourrait plus avoir lieu: cela s'est passé au bar de l'Albert 1er à Chamonix en compagnie de Marc et Sylvie B. et du sommelier des lieux, le talentueux Christian Martray. En fin de repas, pour nous régaler, il a sorti une demi bouteille de verte 1910 récemment ouverte et nous avons communié avec ce nectar en prenant le temps de savourer l'évolution des arômes et des goûts au fur et à mesure de l'aération de la liqueur. Une super bouteille partagée avec des supers amis, que rêver de mieux? 

Ce que j'aime bien aussi, c'est éduquer progressivement des amis aux subtilités de la Chartreuse en montant progressivement en gamme et tenter de leur faire apprécier toutes les subtilités des vieux flacons. C'est un peu mon "Festin de Babette" et je me régale de leurs mines réjouies au fil des dégustations.
Je ne peux pas oublier non plus le bonheur d'avoir pu goûter une Chartreuse blanche avec Emmanuel Renaud, une Chartreuse Cusenier avec l'ami Marco et des Tarragones avec des amis Tarragonais... Il est bien difficile d'établir une hiérarchie; une chose est sûre, cette liqueur sait créer des bons moments où le temps s'arrête et où l'on part en voyage dans ses souvenirs d'arômes, d'épices, d'herbes diverses...
Dernièrement, j'ai eu la chance de recevoir en cadeau une bouteille de "Une Chartreuse" jaune qui à mon sens contient "l'essence" de la Chartreuse jaune parfaite; j'avais les larmes aux yeux tellement elle était équilibrée et raffinée...

Un souvenir en particulier ou une anecdote associé à la chartreuse ?
Le souvenir est double et concerne l'ancienne distillerie de Tarragona. J'y suis allé 3 fois, les deux premières en contrebande avec la peur de croiser un squatteur patibulaire ou la Guardia Civil, où j'ai fait mes premiers clichés et récupéré quelques souvenirs. La troisième fois, c'était de façon officielle avec un employé municipal qui nous a ouvert les portes et accompagné. C'est un lieu magique chargé d'histoire avec un mélange de distillerie et de monastère. On passe ainsi des cellules à l'église puis à la salle des alambics... En sortant de là avec l'ami Marcel, un passionné espagnol de la Chartreuse, nous sommes allé manger au Restaurant "Barquet" et pour le dessert, j'ai pris des boules de glace Chartreuse jaune avec de la liqueur... J'ai un record à 18 boules ce jour là, ce qui est bien mieux que celui de Dom Benoit qui est aussi friand de ce genre de dessert... En sortant, nous chantions à tue -tête dans la rue, à l'heure de la sacro-sainte sieste catalane...
Pour moi, et cela se sent bien dans le livre, l'histoire des liqueurs de Chartreuse est indissociable de celle des Chartreux. On le ressent très fortement au Monastère de la Grande Chartreuse, à Fourvoirie ou à Tarragone avant la transformation des bâtiments. J'ai eu cette chance de visiter l'ancienne obédience de la distillerie du Monastère où se trouvait encore la cellule du frère distillateur, la joie de participer avec les amis "oeuvriers de Chartreuse" à la réhabilitation du site de Fourvoirie, le bonheur de marcher sur les traces des Chartreux à Tarragone et dans chacun de ces lieux le spirituel et le spiritueux se rejoignait. C'est leur foi intense qui les poussent vers la perfection. Ils faisaient les meilleurs mâts de bateaux, ils ont inventé le meilleur acier, ils ont réalisé la meilleure liqueur du monde... Si vous leur donnez du lait, ils vous feront un fromage divin ! C'est un grand privilège d'avoir pu les côtoyer un peu et d'avoir pu partager l'intensité de leur engagement monacal. Difficile après ça d'envisager la Chartreuse comme un simple breuvage; elle est chargée de toute l'histoire des Chartreux.

La situation de la chartreuse a évolué ces dernières années, elle bénéficie aujourd'hui d'une plus grande reconnaissance, comment voyez-vous la chose ?

Certificat de connaisseur signé par les Frères distillateurs !
La question est pertinente, ma réponse pourrait être impertinente… Eugène Modelski, qui a travaillé un temps dans les années 60 comme comptable pour la Compagnie Française de la Grande Chartreuse, était très ami avec le frère distillateur Laurent Dahinden (celui qui pose à cette époque avec ses lunettes rondes et son bouc) et avec le procureur en charge de la distillerie. Ils descendaient parfois ensemble pour la campagne d’hiver de distillation à Tarragona (ils allaient préparer les moutures de plantes pour l’année suivante et donner des consignes aux ouvriers) et avaient du temps pour discuter. Le père distillateur lui a dit un jour qu’il avait fait une demande au ministère de la santé pour que l’élixir soit vendu en pharmacie. On lui a dit que pour étudier le dossier il fallait donner la composition précise du breuvage et l’histoire s’est arrêtée là. Pour la liqueur, sa position était « en vendre juste assez pour faire vivre l’Ordre, mais surtout pas dans les bordels ni dans les boites de nuit ! ». Aujourd’hui, une immense part des ventes se fait dans les bars pour intégrer des cocktails. Alors ? Trahison ? Evolution inéluctable ? Pour ma part j’apprécie les cocktails à base de Chartreuse, même si je préfère déguster de vieux millésimes avec des amis.
Les Chartreuses récentes souffrent du remplacement de l’alcool vinique par de l’alcool de betterave qui est beaucoup trop neutre et ne possède pas les mêmes capacités d’extraction des substances odoriférantes et aromatiques des plantes, ni les mêmes aptitudes de restitution des subtilités des macérations. Un jour, on prendra mon avis en compte et les Chartreuses retrouveront plus de densité et de capacités de vieillissement. Mon autre remarque concerne le degré de la Chartreuse Jaune qui est redescendu en 1973 de 43° (degré optimal pour faire se fondre l’alcool et le sucre et ainsi faire vieillir la liqueur) à 40° pour des raisons de taxes. Il faudrait absolument remonter la Jaune à 43°, quitte à en augmenter le tarif. A 40°, elle est « molle du genou » et trop sirupeuse : inapte à vieillir. De nombreuses « séries limités » ont été faites ces dernières années, toutes à 42 ou 43° et c’est à chaque fois un bonheur.
Pour répondre à la question, je dirais que les grands flacons mythiques de Tarragona étaient des Chartreuses ordinaires à l’époque. Le temps et les conditions d’élevage leur ont donné un charme incroyable. Pour avoir laissé vieillir des bouteilles plus récentes (à compter des années 80), la plupart des connaisseurs s’accordent à dire qu’elles ne seront probablement pas des collectors pour nos enfants et petits enfants. Sans doute faudrait-il revenir au titre de 43° pour la jaune et renoncer à l’alcool de betterave pour retrouver un supplément d’âme et que les bouteilles d’aujourd’hui aient une reconnaissance demain. Après, pour faire des Chartreusitos, la question n’est plus la même…
Un dernier mot sur la « reconnaissance » : si elle devait se mesurer au prix que peuvent atteindre certains flacons de Chartreuse de Tarragona, cela serait bien désolant, d’autant que certains n’hésitent pas à spéculer plutôt que de déguster. Pour éviter cela, un caviste original du vieux Lyon casse la bague de la capsule en vendant une bouteille à un client : il ne lui reste plus qu’à la boire…
 
[Un grand merci à Michel !]
Voir aussi :

samedi 22 décembre 2012

Chartreuse Collection

Ici passion rime avec collection ! Laissons Gabriel de Genève nous présenter la sienne !

Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à la chartreuse ?
Ma première rencontre avec cette liqueur a été dans un restaurant à Genève avec mon meilleur ami.
Ce soir là, il m'a demandé si j’appréciais les liqueurs à base de plantes. Ma première réaction fut de lui répondre que je les avais en horreur... Me connaissant bien, il s'est tout de même permis d'insister et en fin de repas, il nous à commandé une Tarragone verte des années 60. A mon grand étonnement, j’ai adhéré à la finesse de cette liqueur dès la première gorgée. Le petit historique de la chartreuse par le patron du restaurant,  un collectionneur averti, ainsi qu’une 41-51 offerte pour l'occasion, m’ont définitivement convaincu !
Encore sous le charme de la découverte, je leur ai demandé ou je pouvais m’en procurer. Ce à quoi ils m’ont répondu que la distillerie (Tarragone) était fermée et qu’il était devenu très compliqué, voire impossible d’obtenir d’anciennes bouteilles ! Je ne pouvais évidemment pas en rester à cette réponse après avoir été initié à cette noble liqueur …
 

Depuis quand collectionnez-vous ces bouteilles ? Comment est-ce que cela a commencé ?
Quand je suis rentré à la maison après ce diner, j’ai tout de suite fait part de ma nouvelle passion à ma femme. C’était à quelques semaines de Noël…et qu’ai-je trouvé au pied du sapin ? Ma 1ère Tarragone verte 73-85 ! Ma femme, voulant me faire plaisir et ne connaissant pas du tout ce monde, a réussi non sans peine, m’en obtenir rapidement une.
Entre temps, afin de connaître la Chartreuse et ses différents flacons dans leurs moindres détails, j’ai fait l’acquisition du livre de M. Steinmetz. Depuis lors je n'ai cessé d’en rechercher à travers les ventes aux enchères, collections privées, sites de petites annonces et échanges avec les autres aficionados. J'ai aujourd'hui environ 130 flacons, principalement des grandes bouteilles des années 1890 à nos jours.

Quelles sont vos plus belles pièces ?
Pour les françaises :
 - Deux 19e siècle en 1L verte et jaune
 - Les marseillaises jaune 1L et ½ L
 - Les Fourvoirie 1L verte et jaune des années 32-35
 - Les VEP 72 1L verte et jaune
Pour les espagnoles :
 - Une Tarragone verte de 1907 export USA
 - Une Tarragone jaune des année 20 (bouteille de transition juste avant les marseillaises)
 - Une demi jaune export anglaise 1912-1913


Celles qui vous tiennent le plus à cœur ? Avez-vous des anecdotes relatives à certains objets, leur histoire, la façon dont vous vous les êtes procurés ?
Ce qui me passionne c’est l’histoire derrière chacune de ces bouteilles :
  • Une Tarragone jaune des années 40 retrouvée derrière un mur. Quand ils ont abattu le mur lors de travaux de rénovations, ils découvert un véritable trésor…malheureusement 4 caisses ont été détruites et seulement 2 ont survécu et j’ai pu acquérir une bouteille. Une miraculée ! Elle est intacte, prête à remettre sur une étagère d'un apothicaire.
  • Un Voironne 41-51 étiquette verte, le vert de la bouteille a un ton particulier. Il s’agit d’une bouteille que j’ai achetée à une personne vivant dans la région de la Chartreuse depuis plusieurs générations. La bouteille appartenait à son grand-père.
  • Une Tarragone jaune des années 20 portant une étiquette avec la mention spéciale "En raison des difficultés d'importation, la fabrication de cette liqueur est commencée à Tarragone et est provisoirement terminée en France"
Etes-vous toujours en recherche active de nouvelles pièces ? Y en a t il qui vous manquent cruellement ? Lesquelles ?
Plus que jamais !  Même si, depuis que j’ai obtenu mon premier flacon, il est de plus en plus difficile d’en trouver et que leurs prix atteignent des sommets.
S'il m'en manque ? Hélas oui, et pas des moindres !
 - Une Chartreuse blanche
 - Une 1ère édition 1840
 - Une marseillaise verte 1L
 - Une Tarragone 1910  verte 1L
Le reste ça se trouve !
[Un grand merci à Gabriel]
Après la collection, la dégustation ! A suivre donc...

Voir aussi :