dimanche 2 avril 2017

Anciens objets promotionnels pour l'élixir végétal (2)

Suite avec cette fois des objets plus récents des années 1960...

Flask de poche
Ce kit semble conçu pour partir en randonnée : peu encombrant, un petit étui en pastique où sont insérés un flacon d'élixir en relief d'une contenance de 5cl, deux sucres et un beau dépliant recto-verso en couleur. "Spécialement conçu pour les sacs de dames, il est aussi utilisé pour le voyage, le sport, la montagne, la mer."
 

L'objet date de la période fin années 1950 - début années 1960 et on constate que le message publicitaire et la présentation visuelle se sont perfectionnés.

Porte-clés fiole miniature
Un minuscule flacon à bouchon à vis vert contenant de l'élixir végétal est attaché à un porte-clé, objet publicitaire alors très répandu. On rapporte l'anecdote suivante : il fallut les remplir manuellement, tache très laborieuse, et qui plus est une quantité disproportionnée de flacons auraient été commandés.

On retrouva certaines de ces fioles attachées au goulot de chartreuses vertes dans le cadre d'une campagne commerciale “La clé de la pleine forme". La forme de la bouteille avec son cabochon en relief permet d'en connaître la datation précise, à savoir 1964-1966... A noter le passage du titrage de 68 à 71°.
 
Dans les deux cas, c'est le produit lui-même qui constitue l'objet promotionnel !
 
A suivre, des flacons et conditionnements d'élixir peu communs...

Voir aussi :

dimanche 19 février 2017

Anciens objets promotionnels pour l'élixir végétal

A produit très particulier, des objets publicitaires parfois spéciaux, voire insolites, d'autant plus qu'ils commencent à dater...

Série de scènes illustrées à découper
Il s'agit de planches en couleur à découper puis à plier et assembler pour reconstituer des petites scénettes évoquant l'élixir végétal des Chartreux. Peu commune de nos jours, ces publicités-découpages l'étaient davantage autrefois.
Pour l'élixir végétal, on en dénombre au moins cinq. Une première série illustre : le monastère de la Grande-Chartreuse, l'explorateur Stanley, frère Charles distribuant l'élixir à dos d'âne, l'épidémie de cholera de 1832.
 
Consultez les versions numérisées de deux de ces illustrations - le couvent de la Grande Chartreuse et frère Charles et son âne - et essayez de les reconstituer chez vous !
Nous avions déjà évoqué un autre découpage représentant trois personnages, flacon en main, en train de prendre du bon temps dans le massif de la Chartreuse, avec le monastère en arrière-plan.
Toutes mettent en avant les qualités et propriétés du fameux élixir des Chartreux.
 
Jeu du bon guide
Une approche ludique avec ce jeu dont les règles ne nous sont pas parvenues. Il s'agit vraisemblablement pour nos trois randonneurs de parvenir jusqu'au monastère de la Grande Chartreuse en suivant le bon chemin tout en évitant les embûches de la montagne.

Le visuel est l'œuvre de Louis Gougeon, illustrateur ayant réalisé de nombreuses publicités dans les années 1920-1930. Au verso figure un recueil de propos et de témoignages sur l'élixir si savoureux qu'il fera l'objet d'un article spécifique...
A noter ce commentaire didactique apposé en bas du plateau :  "En cas de malaise, demandez à vos parents un morceaux de sucre imbibé d'élixir végétal".
 
Puzzles
Plus classique, des pièces de puzzle à assembler qui illustrent deux scènes : une nouvelle fois les bâtiments de la Grande-Chartreuse et l'épisode de l'armée des Alpes avec la liqueur jaune, qu'ils contribuèrent à populariser.
A noter que dans les deux cas on retrouve des scènes et thématiques qui s'inscrivent dans l'imagerie de la campagne publicitaire autour du Secret de la Chartreuse.
 
Sur les flacons représentés dans cet article on retrouve la double-étiquette caractéristique de la période de l'entre-deux-guerres.
 (A suivre...)
Voir aussi :

mardi 10 janvier 2017

Entretien avec Enric Olivé-Serret (2/2)

Suite de l’entretien avec le professeur Enric Olivé-Serret autour de la chartreuse de Tarragone, sa distillerie, ses vieux flacons et son histoire...

Parlez-nous un peu de la distillerie de Tarragona.
Toutes les installations renvoyaient une image très frappante. L’extrême propreté, le rangement impeccable, la qualité des matériaux ... tout se référait à l'ordre des Chartreux. Le travail bien fait et les ouvriers qui travaillaient plus au sein d’une famille que dans une simple entreprise. Cela était évident lors de la sanglante guerre civile espagnole, lorsque les révolutionnaires ont tenté de saisir l'usine et que les ouvriers les en ont empêché, affirmant qu'elle était en territoire français (sic). En contrepartie, ils ont promis d'envoyer de la Chartreuse à l'avant pour les combattants !!!

Des anecdotes ou souvenirs de dégustation particuliers ?
Dans les années soixante-dix du siècle dernier, les visiteurs se régalaient avec le fameux cocktail « Episcopal » avec de la chartreuse et du « cava » (vin mousseux AOC catalan). Evidemment tout le monde en sortait heureux. C’est d’ailleurs ce cocktail qui souhaitait la bienvenue aux visiteurs de l’exposition sur la Chartreuse qui fut réalisé au musée d’Histoire de Tarragone en 1994. Exposition et musée dont j’étais moi-même le responsable.

L'ouvrage est richement illustré avec notamment un ensemble de documents et de clichés de la distillerie.

 
Connaissez-vous des collections de vieilles bouteilles et objets anciens en Espagne ?
Depuis que la communauté des Chartreux s’est installée à Tarragone et élaborait ses distillats (pas seulement la Chartreuse), la liqueur se consommait tous les jours à Tarragone. Cette consommation a baissé à partir de 1970 laissant place à de nouveaux goûts importés d'Amérique. A partir du moment où les Chartreux ont cessé de produire à Tarragone, la passion des collectionneurs et les consommateurs s’est ravivée et s’est transformée en une authentique obsession pour beaucoup. A Tarragone, il y a des dizaines de collectionneurs et de grandes réserves dans les mains d’amateurs anonymes.

Comment voyez-vous le lien entre la Chartreuse et Tarragone aujourd'hui ?
Malheureusement, l'intérêt pour la Chartreuse, ses produits et les vestiges industriels sont arrivés bien trop tard à Tarragone, de sorte que la dépossession subie par le magnifique patrimoine industriel a empêché la création d'un centre d'informations sur la Chartreuse. Une fois de plus, nous étions en retard pour protéger le patrimoine collectif.
Enric Olivé-Serret
Tarragona, novembre 2016


Voir aussi :