mardi 28 décembre 2010

Une nouvelle cuvée spéciale : la Reine des liqueurs

La Reine des liqueurs est une cuvée spéciale de Chartreuse Jaune titrant à 43° et limitée à 1440 bouteilles numérotées.

A la fin du 19ème siècle la Chartreuse Jaune était connue comme la  «Reine des Liqueurs», tant elle faisait référence par sa qualité et en terme d’image de marque sur le segment des liqueurs monastiques, fort prisées alors. Voici ce que précise la contre-étiquette de cette nouvelle cuvée :
“Lorsque les Pères Chartreux mettent au point la Chartreuse Jaune, en 1838, celle-ci connaît rapidement un très grand succès. Digestive, plus douce que la Chartreuse Verte, elle s’impose à travers toute l’Europe, aidée en cela par les officiers de l’Armée des Alpes qui avaient su en apprécier toute la finesse et avaient promis aux Pères Chartreux de la faire connaître.
A la fin du 19ème siècle la Chartreuse Jaune est sur toutes les grandes tables, jusqu’à la Cour de Russie où le Tsar Nicolas II l’apprécie particulièrement. C’est alors qu’elle acquière son surnom : « La Reine des Liqueurs »
Commercialisée en 2010, courant décembre, cette Chartreuse est conditionnée en bouteilles de 70cl, avec une contre étiquette spécifique et un coffret en bois. La bouteille, avec l’inscription Grande Chartreuse, le globe crucifère et les sept étoiles en relief, est similaire à celle utilisée pour la cuvée commémorative de 2003. Si le tirage est limité et les bouteilles numérotées, la distribution aussi semble restreinte, cantonnée aux cavistes des régions grenobloises et lyonnaises. A noter qu’elle n’est pas vendue à la boutique de Voiron, sur le lieu de production.

Quelle est la réelle spécificité de cette liqueur ? On peut tout d’abord noter que cette cuvée diffère de la Jaune traditionnelle par son degré d’alcool, 43° au lieu de 40°, comme c’était le cas avant 1973 pour la Jaune. L’abaissement du titrage avait été imposé par des considérations d’ordre fiscales et commerciales du fait de taxes règlementaires ; cette évolution des qualités du produit ayant bien entendu eu un impact sur les caractéristiques de la liqueur. D'âpres certains amateurs ces 43° degrés font de cette Reine des liqueurs une Chartreuse particulièrement adaptée à une conservation prolongée et avec un potentiel de vieillissement prometteur, au même titre que les Tecla Jaunes depuis 2009.

Enfin voici ce que stipule la contre étiquette :
“Cette Chartreuse Jaune, comme son illustre ancêtre , vous est proposée à son titrage d’origine, 43%. Cette cuvée 2010 a été réalisée par les Pères Chartreux, comme en 1838, selon la même recette et les mêmes procédés de distillation.”
Il s'agirait donc d'une Chartreuse Jaune au process de fabrication spécifique, inspirée des prémices de la production au 19ème siècle... Reste-t-il quelque chose à ajouter si ce n'est après en avoir dégusté un verre ?!

jeudi 16 décembre 2010

Chartreuse VEP Jaune et Verte

La VEP, une Chartreuse haut de gamme
Comme l’indiquent ses initiales, la Chartreuse VEP  est une chartreuse à “Vieillissement Exceptionnellement Prolongé” ; elle se décline en VEP Jaune (parfois appelée Reine des liqueurs) et Verte.

Les VEP sont produites de la même manière que les chartreuses traditionnelles, c’est à dire selon un procédé resté secret et à base de plus de 130 plantes et herbes, mais leur spécificité réside dans la durée de la phase de vieillissement en fûts de chênes. Selon nos informations celle-ci serait d’une quinzaine d’années ; encore une fois pour ce qui concerne la liqueur des pères chartreux le mystère est de mise et il n’est pas impossible que cette durée ait pu légèrement varier au fil du temps.

Chaque année sont mises en vieillissement des quantités très limitées de Chartreuse Jaune et Verte, parmi les meilleures, sélectionnées par les pères chartreux et comme le stipule la contre étiquette elle n’est commercialisée que lorsqu’elle a atteint sa pleine maturité. Grâce à leur vieillissement, la teneur en alcool s’estompe légèrement (elles titrent respectivement 42° et 54°, soit un degré de moins que leurs homologues traditionnelles) et ces cuvées acquièrent un arôme, une saveur, une finesse et un moelleux supplémentaire. Toute en subtilité, la bonification de la liqueur sous l’effet du temps est indubitable, les VEP constituent ainsi le haut de gamme de la production actuelle.

Ces cuvées se présentent dans une bouteille identique à celle utilisée avant 1840, en verre sombre, avec un bouchon de liège cacheté à la cire et la contre étiquette est également cachetée avec l’emblème de la Grande Chartreuse. Elles sont conditionnées dans un coffret de bois marqué au fer. La VEP existent en 50 cl et un litre. Un nombre limité de bouteilles est produit chaque année et chacune est dotée d’un numéro d’identification.

Histoire de la production des VEP
Les VEP sont distribuées depuis 1963 mais elles ne constituent pas la première expérience de Chartreuse mise en vieillissement avant commercialisation. En quelque sorte elles viennent pérenniser la réalisation d’un certain nombre de cuvées anniversaires qui mirent en exergue les vertus du vieillissement et ses bienfaits relativement à la qualité des liqueurs. Ce furent les cuvées de 1932, 1940 et 1944, strictement limitées (environ 800 exemplaires) et qualitatives, qui au terme d’une décennie de conservation en “demi-muids de chêne plus que centenaires” furent mises en vente pour commémorer respectivement la reprise de la distillation à Fourvoirie, le retour des pères à la Grande Chartreuse et la libération de la France. Ainsi la plus ancienne de ces liqueurs fut produite à Fourvoirie.

Fort de ces précédents alliant finesse, excellence des liqueurs et prestige des éditions spéciales, il fut décidé de renouveler l’expérience. C’est à l’occasion du couronnement de la Reine d’Angleterre Elizabeth II, en juin 1953, que les pères chartreux mirent en vieillissement une cuvée ; celle-ci fut commercialisée 10 ans plus tard, marquant ainsi le début de la vente de VEP, liqueur d’exception, y compris parmi la production des chartreux. 

Quelques considérations

Au cours de leur production la datation des VEP a varié, fut un temps où l’année figurant sur la contre étiquette désignait l’année de mise en vieillissement et non celle de mise en bouteille comme c’est de nouveau le cas de nos jours.

Une tentative sera faite en Espagne pour essayer de lancer le produit sur ce marché, où en 1975, une édition de Chartreuse VEP présentée dans une bûche en bois sera proposée. Mais cette cuvée connaîtra un échec.

Il existe des VEP spéciales qui furent produites de façon ponctuelle en l’occasion d’un événement, comme par exemple celle de 1968, qui en l’occasion des JO d’hiver de Grenoble fut qualifiée de cuvée olympique, ou celle de 1976 pour célébrer le bicentenaire des États-Unis.

Du processus de fabrication découle le fait suivant : la réactivité de la production est impactée par la durée nécessaire au vieillissement, en conséquence il existe une latence en cas d’éventuelle hausse des quantités produites, avant que ces dernières ne soient commercialisées.

Enfin les VEP sont un des éléments notables du marché des vieilles Chartreuses, leur excellence en fait des bouteilles recherchées et prestigieuses avec l'âge.

[Article réalisé avec Vincent, je l'en remercie !]

lundi 29 novembre 2010

La Grande Chartreuse

Deux gravures anciennes de la Grande Chartreuse, haut lieu de l'ordre cartusien, illustrant des prospectus commerciaux anciens:


Au fil des supports de communication à travers le XXème siècle, l'image de la Chartreuse a de nombreuse fois été associée à celle du Massif et du monastère du même nom, lui conférant un enracinnement dans l'histoire et le patrimoine local. Les publicités pour la Chartreuse semblent précurseurs de l'usage de paysages dans les publicités pour les boissons alcoolisées. Elle a en outre donné lieux à des flux conséquents de touristes venant visiter les environs tant pour le cadre naturel que pour le monastère et les liqueurs des Pères Chartreux.


Une photographie de la Grande Chartreuse prise au cours du voyage des Fous de Chartreuse en 2005 par un des participants :


Des photos sont disponibles sur le site officiel :
http://www.chartreuse.fr/phpwebgallery/category.php?cat=4

Le site du musée de la Chartreuse :
http://musee-grande-chartreuse.fr/
...avec notamment un focus actuellement sur Les cartes de Chartreuse – Désert et architecture :
À la fin du XVIIe siècle, au temps où il construisait le monastère tel que nous le connaissons aujourd’hui dans sa splendeur intacte, Dom Innocent Le Masson, prieur de la Grande Chartreuse et ministre général de l’Ordre, faisait réaliser des peintures monumentales, dites «cartes de Chartreuse», figurant chacune des maisons cartusiennes.
Classées à l’inventaire des monuments historiques, les soixante-dix-neuf cartes parvenues jusqu’à nous font l’objet d’une restauration ambitieuse qui révèle peu à peu leur haute valeur artistique et historique. En parcourant la galerie qui leur est consacrée au musée de la Grande Chartreuse spécialement réaménagé, le visiteur découvrira un témoignage exceptionnel de la vie et de la foi des moines ermites, ainsi qu’un éclairage spectaculaire sur l’architecture commune à toutes les chartreuses.
Communiqué de presse
Page du site du comité département du Tourisme de l'Isère dédié aux caves de la Chartreuse :
http://www.isere-tourisme.com/articles/liqueur-caves-chartreuse-530-1.html

jeudi 11 novembre 2010

Géographie de la Chartreuse

A l'image de son histoire riche et mouvementée la production des liqueurs des pères chartreux a connu dans sa dimension géographique un certain nombre d'évolutions.


Agrandir le plan

Le monastère de la Grande Chartreuse est inaccessible au public, un musée est implanté non loin, à La Correrie, c'est ce dernier qu'indique la flèche dans la carte ci-dessus.

La Grand Chartreuse, haut lieu de l'ordre cartusien
Le monastère de la Grande Chartreuse tient son nom du massif alpin situé à cheval sur les départements de l'Isère et de la Savoie dans le Dauphiné. Il est construit à près de 1000m d'altitude, au pieds du grand Som, à l'endroit où St Bruno accompagné de six compagnons fonda en 1084 le berceau de l'ordre des Chartreux.

Cet emplacement, qualifié de désert, est enclavé, les villages les plus proches étant situés respectivement à 6,5 et 10 km de là. On y accède depuis Voiron par la route escarpée passant par Saint Laurent du Pont qui doit son nom à l'édifice que les Chartreux firent construire. Il fallut aussi forer la roche pour y pratiquer un accès. "L'entrée de Fourvoirie, rainure imperceptible entre deux rocs monstrueux, au-delà desquels la vie moderne paraît brusquement s'interrompre" (Léon Bloy).

Le massif semble à l'image de la vocation de l'ordre chartreux, solitaire et silencieux. La zone était initialement inhospsitalière car marécageuse et difficile d'accès ; les pères chartreux contribuèrent de façon importante à son développement et leur rôle de bienfaiteurs fut rapidement reconnu à travers la région.

Les batiments actuels datent de 1676, le monastère ayant été detruit à plusieurs reprises par des avalanches, incendies et autres avanies.

Lieux de production des liqueurs au fil du temps
Intialement réalisée à proximité immédiate du monastère et destinée à un marché local, la production des pères chartreux, élixir puis les liqueurs, du fait de leur essor commercial et puisque leur développement menancait de troubler le voeux monastique, fut déplacée en 1862 à Fourvoirie.

Ce complexe productif niché le long de la route en aval du monastère constituait une véritable usine comprenant des installation productives, jardins, salles des stockage et de conservation des plantes et épices, alambics, caves de vieillissements de 180m de long et annexes commerciales. L'implantation d'une gare férovière située non loin permis à la Grande Chartreuse de devenir une attraction touristique à même de drainer un flux important de touristes.

La production s'y déroula jusqu'à l'expulsion de l'ordre chartreux de France en 1903 et la confiscation de leur marque dans un contexte troublé. Les chartreux trouvèrent alors refuge en Espagne, à Tarragone, où la production fut transférée et repris dès 1904. La distillerie implantée dans la ville catalane, à la façade caractéristique, restera en activité jusqu'en 1989.

En 1932 les chartreux reviennent en France et la production repris à Fourvoirie comme au XIXème siècle jusqu'à ce que les batiments ne soient détruits, en novembre 1935, par un important glissement de terrain. En 1940 les pères chartreux regagnent définitivement le monastère de la Grande Chartreuse.

De visite à Voiron
A partir de 1936 la fabrication des liqueurs est transférée à Voiron en contrebas du monastère ; s'y trouvent aussi les caves de vieillisement de la Chartreuse, les plus longues au monde pour des spiritueux. Voiron constitue actuellement l'unique lieu de production et abrite les locaux de Chartreuse Diffusion ainsi qu'un ensemble touristique présentant un certain nombre d'attractions à visiter :
  • la distillerie et la salle des alambics où les plus anciens en cuivre cotoyent les plus modernes. Un système à base de capteurs sophistiqués permet aux moines en charges de la prodcution de suivre celle-ci depuis le monastère par le biais d'un système informatique
  • les caves de vieillissements, de 164 mètres de longs, où sont alignés les futs de chènes centenaires, il y règne l'odeur de plantes caractéristique de ces liqueurs 
  • un parcours muséographique où le visiteur se voit retracé l'histoire de l'ordre et de la production de liqueurs
  • la visite se termine par un passage en salle de dégustation et par la boutique souvenir.
Outre le plaisir de savourer un verre de Chartreuse dans un imposant bar, on peut y admirer deux vitrines impressionnantes, l'une retraçant l'évolution de la liqueur à travers un exemplaire de chaque modèle depuis le flacon initial de la période 1840-1860 et une autre compilant divers spécimens de contrefaçons, aussi nombreux qu'imaginatifs dans le mimétisme commercial .

dimanche 31 octobre 2010

le Secret de la Chartreuse - Publicités anciennes

Publicité parue dans le journal L'Illustration en 1935...

... et 1937 :

D'autres publicités sur le même thème seront mises en ligne ultérieurement.

Voir l'article complet - le Secret de la Chartreuse

La séquence suivante est réalisée à partir d'une publicité de 1951, elle aussi intitulée Le secret de la Chartreuse. A travers douze scènes illustrées elle survole l'histoire de la production des pères Chartreux au fil du temps et en mettant en avant un certain nombre d'épisodes notables. Ce sont par exemple la remise du manuscrit par le Maréchal d'Estrée, l'expulsion de France en 1903 ou encore le glissement de terrain de Fourvoirie... Certaines de ces scènes ont été déclinées sur d'autres documents promotionnels.

vendredi 15 octobre 2010

Degustation de Chartreuse aux Caves Bossetti

De nombreux amateurs s'étaient donnés rendez-vous ce samedi 9 octobre aux caves Bossetti à Paris pour une journée de dégustations et d'échanges autour de la liqueur des pères Chartreux !

Au programme des festivités : la grande classe
Dégustation de liqueurs : une verticale (dégustation antichronologique, cf ci-dessous) avec en bouquet final de la Taragone Jaune de 1967 dont trois bouteilles furent offertes par Chartreuse Diffusion pour l'occasion (merci !) :
   Chartreuse jaune Santa Tecla 2010
   Chartreuse verte Santa Tecla 2010
   Chartreuse jaune Santa Tecla 2006
   Chartreuse jaune Santa Tecla 2001
   Chartreuse jaune Santa Tecla 2000
   Chartreuse Episcopale 2009 fous de Chartreuse
   Chartreuse Episcopale 2005 fous de Chartreuse
   Chartreuse Tarragone jaune 1967

En parallèle un certain nombre de stands complétaient à merveille la dégustation :
  • Pâtisseries - Les créations audacieuses (guimauves maisons aux différentes chartreuses, éclair à l'angélique etc. - voir le programme) de la pâtisserie le Pain de sucre m'ont pour la plupart bluffées. Saveurs, couleurs et finesse était au rendez-vous avec une mention spéciale aux verrines à la crème d'hysope, remarquables.
  • Pains poilanes et brioches intégrant de la Chartreuse et divers ingrédients traditionnels susceptibles de rentrer dans la composition de cette dernière. Ils étaient accompagnés d'une sauce crème ciboulette à la mode cartusienne.
  • Et plus encore ! Cafés biologiques, réalisation de cocktails par le barman d'un établissement du quartier, dédicaces du livre "100 bouteilles extraordinaires de la plus belle cave du monde" par son auteur Michel Chasseuil... et surtout les caves Bossetti aux couleurs de l'événement, avec une très belle vitrine, des accessoires promotionnels nombreux et des bouteilles de Chartreuse absolument partout !
Retrouver le programme complet de la journée.

Outre le plaisir des bonnes choses, échanges et discussions entre passionnés
Moment convivial et bien achalandé, puisque tout au long de la journée la cave ne désemplit pas et qu'au delà des dégustations et des stands, les conversations allaient bon train autour du dénominateur commun de la journée : les liqueurs des pères chartreux ! Parmi l'assistance, se mêlaient aux amateurs, nombreux et aux profils variés, des personnes de Chartreuse Diffusion dont son directeur commercial, des sommeliers et des représentants de restaurateurs de renom ainsi qu'un certain nombre d'étrangers qui semblaient eux aussi fort réceptifs à la qualité de cette journée...

Peut on imaginer lieu plus propice aux discussions autour de la Chartreuse ? Passionnés, curieux, collectionneurs, simples amateurs voire professionnels, la discussion allait bon train, chacun y allant de son anecdote, de son récit de dégustation ou même de considérations plus larges Pouvait-on imaginer moment plus adapté pour aller à la pèche aux informations ?
Au final une bien belle journée et un succès...

Pour conclure, mille mercis
A Philippe, le maitre d'œuvre de cette superbe journée, pour l'organisation, son accueil et tout le reste !

A Chartreuse Diffusion, son directeur commercial et l'équipe présente, non seulement pour les trois trésors excavés et mis en dégustation (quel plaisir !) mais aussi pour leur disponibilité et leur accueil. Ceci est particulièrement vrai pour Monsieur Munoz que je tiens à remercier personnellement, ce fut un honneur de pouvoir échanger de la sorte.

A toute les personnes que nous avons rencontrées et à ceux qui nous ont fait part de leur encouragement concernant le blog ! Un salut tout spécial à Thierry, François, Philippe et les autres !

dimanche 12 septembre 2010

Festivités de la Santa Tecla 2010

L'édition 2010 des festivités de la Santa Tecla, fêtes annuelles populaires et traditionnelles de la ville de Tarragone, en Catalogne, se déroulera cette année du 13 au 23 septembre. Cet événement constitue un moment fort de la vie de la ville ainsi qu'une période de réjouissance et de célébrations, où la Chartreuse de par son histoire partagée avec la ville occupe une place à part.


Les festivités annuelles populaires de la ville de Tarragone
Durant la Santa Tecla, autour des événements festifs se nouent nombres éléments de folklore, des cérémonies religieuses et des rassemblements populaires, au cœur de la culture et du patrimoine catalan. Les spécificités et particuliarités de ces fêtes de Tarragone sont nombreuses et prennent leurs racines dans l'histoire et la tradition de la ville, dans un contexte vivant et coloré.

On fait remonter ces festivités dédiées au saint patron de la ville à l'arrivée de la relique de ce dernier en 1321 et, parmi les éléments caractéristiques de cette période de l'année consacrée à Sainte Thècle, sont à noter un certains nombres de pratiques parfois spectaculaires et participant en tout cas de l'intense période de célébrations.

De nombreuses processions populaires, vivantes et bigarrées, et où l'on danse au son des cuivres et des tambours. Au fils des jours des balls et parades se succèdent, aux thèmes et symboliques variées. Le feu y occupe un rôle central et l'on retrouve un véritable bestiaire de figures évocatrices parmi les tenues des participants et à travers les «gegants» (géants) et des «cabeçuts» (grosses têtes). Sont aussi à noter les «castellers», véritables pyramides humaines pouvant atteindre des hauteurs impressionnantes.
Le rôle et la fonction de la Santa Tecla vont au delà de l'aspect festif et à travers les processions, déguisements et les célébrations ritualisées c'est la cohésion, l'héritage et l'identité de la ville catalane qui s'exprime.

La Santa Tecla est l'occasion d'affirmer une relation privilégiée avec les liqueurs des pères Chartreux
En 2010 et pour la première fois, les éditions limitées de Chartreuse, vertes et jaunes, aux couleurs des festivités (l'affiche officielle en est la contre étiquette) seront déclinées en deux versions aux effigies de deux personnages du folklore de la ville : Negrito et Negrita. Ainsi cette année les collectionneurs devront se procurer quatre bouteilles de Chartreuse dédiées à la ville catalane!

Négrito et Négrita sont deux des figures des géants traditionnels qui participent aux folklores des festivités de la Santa Tecla depuis des décennies. Les géants sont au coeur du folklore et des festivités, ce sont une galerie de personnages qui constituent autant d'archétypes. Parmi ses figures récurrentes de la tradition locale cette année ce sont le couple Negrito et Negrita qui sont à l'honneur.

Cette année encore la Chartreuse sera la boisson officielle de la Santa Tecla, avec non seulement les éditions limitées et une présence via un stand mais aussi la fameuse Mamadeta, le breuvage festif traditionnel qui accompagne ces festivités. Il se compose d'1/10 de chartreuse verte et d'1/10 de jaune, le tout complété de granité de citron ; cette année encore il devrait se voir consommer dans des quantités impressionnantes.

Liens et sources d'informations sur l'édition 2010
Cet article n'est qu'une ébauche sur sujet des fêtes de la Santa Tecla, de nombreuses précisions se trouvent sur le site officiel de la ville :

http://www.tarragona.cat/lajuntament/conselleries/festes-i-joventut/festes/santa-tecla/

On y trouve notamment l'historique détaillé de cet événement ainsi que de nombreuses informations pratiques relative à l'édition 2010, dont le programme détaillé des festivités - [lien].

Enfin pour permettre au lecteur de percevoir on pourra consulter des photographies / vidéos de précédentes éditions ici, ou encore .

Pour se mettre dans l'ambiance le spot officiel des festivités :

video

vendredi 20 août 2010

le Secret de la Chartreuse

Elixirs, thiéraques et potions magiques
Dès l'Antiquité les plantes et leurs propriétés sont un objet de connaissance ; au Moyen Âge l'herboristerie constitue un volet d'un savoir précieux, en partie occulte, qui à chaque plante associe une ou plusieurs vertus mais aussi une symbolique et intégrant le tout en un jeu de correspondance complexe. La réalisation d’un élixir s’intègre donc dans une quête tant technique que spirituelle visant l’élaboration d’une potion à base de plantes, la recherche d ‘un dosage combinant leurs vertus et la réalisation d’un assemblage de composants multiples en un tout homogène et équilibré aux propriétés remarquables et non des moindres puisqu’il s’agit de réaliser la thiéraque, une potion de jouvence ou un élixir de longue vie...

Un document publicitaire des années 1940 met en avant cette dimension : "C'est en 1605 que le maréchal d'Estrée (...) remit la formule du secret aux Chartreux de Paris. De qui la tenait-il ?... D'un inventeur inconnu, d'un patient chercheur acharné comme tant d'autres à la recherche de la panacée ou de la pierre philosophale ?... Mystère !..." Et ce mystère recoupe tant les origines et la nature du manuscrit que les caractéristiques de la recette et les ingrédients qui la compose. Plus loin le même document publicitaire souligne aussi "la complexité de la formule" et "la difficulté à se procurer les nombreuses plantes nécessaires". Apolinaire aurait même prétendu tenir directement d’un chartreux que la formule comprenait de la peau de serpent pillée [lien].


De la mystique alchimique à la symphonie des plantes
Nous l’avons vu dans l’article sur l‘élixir végétal dont découlent les liqueurs jaunes et vertes, au moins 130 plantes aromatiques et médicinales rentrent dans la composition de la Chartreuse : "Il n'entre pas moins de 130 plantes et épices différentes venues de nombreuses contrées dans les dosages qui se font à la poignée, comme autrefois, destinés à la macération avec l'alcool, avant distillation" précise Dom Benoit. Il s’agit de plantes, feuilles, écorces, racines mais aussi d’épices et de graines (de sésame notamment) dont une partie sont originaires du massif de la Chartreuse, les oeillets des Chartreux justement, mais aussi l’absinthe, la gentiane, les bourgeons de sapin... Quant aux autres ingrédients ils doivent être importés (le safran rentrerait dans la l’étape de coloration de la liqueur Jaune).

La composition précise de la recette, les ingrédients rentrant dans sa composition et les procédés de fabrication constituent le véritable secret des chartreux et il n’est guère possible d’obtenir davantage de précisions à ce sujet de la part de ces derniers. Reste à l’amateur, outre les joies et les complexités de la dégustation, un certain nombre de pistes ; tout d’abord la première page du manuscrit, la seule qui fut dévoilée, stipule le début des espèces et quantités de plantes rentrant dans sa composition (mélisse, armoise, bétoine, matricaire, chardon bénit, petite centaurée, lavande, sauge, cassis (feuilles), marjolaine, hysope, mélilot, thym). On y retrouve les plantes composant les jardins médiévaux et sans doute la plupart des variétés connues à l’époque et c’est cette diversité et cette richesse qui constitue un des éléments caractéristiques de la Chartreuse par rapport aux autres boissons à base de plantes. A titre d’information on peut prendre connaissance des 14 plantes médicinales et de 9 épices qui rentrent dans la composition de l’Eau de mélisse des Carmes Boyer parfois dénommé Eau des Carmes qui est un digestif et vitalisant naturel.


Le secret de la Chartreuse, où se nouent les spécificités d’une liqueur
“Ce secret transmis du Moyen Age, est une merveille, car l'arôme de toutes les plantes est mêlé de façon si harmonieuse, qu'on ne peut en reconnaître aucune. Et le dosage des plantes médicinales et aromatiques est si bien étudié, que la Chartreuse est une liqueur hygiénique dont la bienfaisance est naturellement reconnue". Ces différentes considérations nous éclairent sur ce que recouvre exactement ce fameux secret de la Chartreuse : l’identité même du produit. En effet il en concerne à la fois l’origine, la conception même, via ses ingrédients, dosages et processus de fabrication mais aussi sa dimension historique et identitaire et en conséquence commerciale.

En effet une spécificité de la Chartreuse est qu’elle fut exploitée commercialement, depuis le début du XVIII ème siècle et avec un succès mondial, sans que sa recette ne fasse l’objet d’un dépôt ou d’un brevet. Ainsi avec sa formule jamais déposée ni protégée autrement que par le sceau du secret bien gardé, ces liqueurs restent inimitables, “souvent copiées mais jamais égalées”. L’histoire mouvementée de la Chartreuse retranscrit bien cette spécificité qui fait mesure d’exception parmi les produits alcoolisés.

Enfin le Secret de la Chartreuse est le titre d’une publicité récurrente, dès les années 1930 dans des supports de presse puis ensuite de nombreuses références y sont faites dans des prospectus commerciaux ou même dans le livret qui accompagne l’élixir végétal dans son étui protecteur... Elle prend la forme d’un récit où s’amalgament l’histoire de la production de Chartreuse, le détail d’un certain nombres d’épisodes ou faits notoires de cette histoire qui seront mis en avant de façon récurrente dans les publicités des pères chartreux et enfin une sorte d’argumentaire sur les qualités de la Chartreuse et en quoi elle est unique.
 

mercredi 11 août 2010

Elixir végétal - Publicités anciennes

Voici un certain nombre de publicités réalisées par les pères chartreux pour leur élixir végétal.

Un encart publicitaire de la période de production à Tarragone (avant 1930) :


Les trois documents suivantes datent de la période de double étiquetage (1929-1941). Il s'agit d'une P.L.V., d'un décors à découper et assembler et d'un puzzle.




Un buvard publicitaire plus récent. Il en existe des modèles différents et plus anciens, ces derniers constituant un support promotionnel courrant à l'époque. Il existe aussi des protèges cahiers dont un exemple, sur le thème du scoutisme, peut être trouvé sur ce lien.


Comme on l'a déjà noté les propriétés du produit constituent un argument commercial récurrent même si les bienfaits mis en avant peuvent varier selon les périodes. Différentes versions du prospectus inclus dans l'étui seront prochainement mises en ligne sur le blog.

lundi 26 juillet 2010

L'Elixir Végétal de la Grande Chartreuse

L'Elixir Végétal de la Grande Chartreuse de par son conditionnement caractéristique, son goût unique et ses propriétés constitue un produit remarquable, voire insolite.

Les secrets de la recette d'un élixir de longue vie
Le terme élixir renvoie aussi bien à un simple remède qu'à une potion aux propriétés extraordinaires, à un mélange de sirops avec des alcoolats qu'à une substance produite au terme d'un processus alchimique, mais dans le cas de celui des Pères Chartreux peut-on douter que ces différentes définitions se recoupent ?
 
Fabriqué par les Chartreux depuis 1737 selon la mystérieuse recette d'un élixir de longue vie offert par le maréchal d'Estrée, sa recette définitive est mise au point au terme de laborieuses recherches menées par le frère Jérôme Maubec. Plus de 130 plantes médicinales et aromatiques rentrent dans sa composition, ce qui n'est pas loin d'englober l'intégralité des espèces connues à l'époque.


Les prémices d'une industrie
Avant d'être réputée pour ses liqueurs, la Grande Chartreuse l'était pour son élixir végétal qui constitue le premier produit fabriqué par les pères et c'est de ce dernier que découlent les chartreuses désormais fameuses dont la recette est en fait une variante, dérivée de celle mise au point par Jérôme Maubec. En effet les Chartreuses Vertes et Jaunes ne seront élaborées respectivement qu'en 1764 et 1838. Il ne faut donc pas oublier qu'avant d'être une liqueur la Chartreuse désignait un élixir, un élixir de longue vie.

Jouissant initialement d'une réputation locale, la production était distribuée à dos du mulet dans les environ de la Grande Chartreuse, sur foires et marchés, par le frère Charles.L'élixir végétal constitue donc les prémices de l'histoire de la production de boissons alcoolisées par les Pères Chartreux, et la première étape d'un cheminement qui mène d'un remède à base de plantes à une liqueur consommée pour le plaisir.

Des vertus remarquables qui constituent un argument commercial récurrent
Ses caractéristiques et propriétés découlent de la complexité de son élaboration, selon un procédé tenu secret depuis plus de 400 ans, et surtout de la richesse et de la diversité des ingrédients qui le composent, assemblés pour constituer un ensemble homogène. Il se consomme pur, quelques gouttes sur un sucre, dans une infusion ou en grog...
 
D'après les Chartreux et les différents documents commerciaux vantant ses mérites, il s'agit d'un «cordial puissant», d'un «tonic» et d'un «digestif remarquable», "souverain contre les indigestions, maux d'estomac, syncopes, influenza, choléra et mal de mer" comme le stipule un encart commercial de la période Tarragone, avant 1929. Aujourd'hui encore on peut lire qu'il «prolonge l'effet bénéfique de vos vacances» et telle publicité ancienne de conclure : «indispensable aux familles».

Un conditionnement caractéristique et atypique
Le produit se présente sous la forme d'un flacon de 10 centilitres que protège de la lumière un étui caractéristique en bois qui en assure la bonne conservation. Ce dernier inclus en outre un prospectus racontant les grandes lignes de son histoires et mettant en avant ses propriétés.
 
Le produit en lui même varie peu depuis la fin du XIXème siècle (Qu'en est-il auparavant ? Je recherche activement toute information à ce sujet, merci de me faire part de toute information ou piste) et son évolution découle des circonstances historiques (installation à Tarragone, deuxième guerre mondiale...). Un certain nombre de clichés de différentes périodes figurent dans un précédent message.
 

Quelques spécificités sont à noter :
  • Fut un temps où le prix figurait sur l'étiquette : 2 francs au XIXème, puis 3 avant 1903 et 4 francs.
  • Du fait des rationnements liés au second conflit mondial l'étui en bois est remplacé par un cylindre en carton durant cette période. En outre pour s'en procurer un exemplaire il faut remettre un flacon vide en contrepartie.
  • De par son titrage alcoolique très élevé l'élixir n'évoluerait que peu ou pas du tout en bouteille ; il semble de plus que les bouchons en liège utilisés jusqu'au moins dans les années 1940 ne résistent guère au temps et seraient rongés de l'intérieur par le caractère corrosif et très alcoolisé du contenu de la fiole.
  • Le titrage alcoolique aurait varié au cours du temps, certaines publicités de la période de production à Fourvoirie mentionnent 69°. Par la suite, et à partir du moment où le degré apparaît sur l'étiquette, l'élixir titre à 71° ; ce n'est qu'à partir du 1er janvier 2010 et sous l'effet d'une directive européenne que le degré d'alcool est redescendu à 69°.
Voir aussi:

jeudi 8 juillet 2010

Publicités des années 1940 et 1950

En 1941, un an après le retour à la Grande Chartreuse, la liqueur retrouve sa présentation de la fin du XIXème siècle et l'étiquette de 1869, à la seule différence que les bouteilles font 75cl au lieu d'un litre précédemment.
 

A partir de 1951 s'ajoute un talon soulignant le mort 'CHARTREUSE' sous l'étiquette, la liqueur est officiellement dénommée de la sorte pour la première fois ; en effet jusqu'alors seuls les liquidateurs au début du XXème siècle avaient adopté cette pratique.

La gamme de 1951 à 1955:
Un document publicitaire (4ème de couverture d'un protège livre) invitant à la dégustation d'épiscopale:

lundi 28 juin 2010

Chartreuse, les étiquettes au fil du 20ème siècle

Après une période de relative stabilité de la présentation de la Chartreuse au XIXème siècle, en partie dictée par les problématiques de contrefaçons et de définition de l'identité visuelle des liqueurs de Pères Chartreux, la situation va être bien plus complexe au XXème siècle du fait de circonstances historiques troublées. Le présent article a pour objectif de donner un aperçu de cette évolution sans viser l'exhaustivité.

L'étiquette déposée par le Père dom Louis Garnier au XIXème siècle fut utilisée jusqu'en 1903 date à laquelle les Pères Chartreux furent expulsés de leur monastère. Ils emportèrent leur secret de fabrication en Espagne où la production démarra en 1904 et la chartreuse fut commercialisée sous une nouvelle présentation et avec l'appellation "Liqueur fabriquée à Tarragone par les Pères Chartreux". Ces événements ainsi que la confusion et les démêlés juridiques et commerciaux qui s'en suivirent et opposèrent les Chartreux à leurs liquidateurs feront l'objet ultérieurement d'un article dédié sur ce blog.

En France la marque avait été confisquée et les étiquettes des liqueurs produites par les liquidateurs reprenait en tous points les étiquettes traditionnelles, à la différence près que le nom de l'imprimeur Allier qui figurait sur les chartreuses antérieures à 1904 fut remplacé par l'inscription "Imp. Lith. Grenoble". Ce détail constitue le seul moyen de distinguer ces bouteilles alors commercialisées sous l'appellation "Chartreuse".


A partir de 1929, la société qui exploitait la Chartreuse en France cesse sa production et la liqueur, désormais uniquement fabriquée par les Pères Chartreux, est alors présentée sous une double étiquette, reprenant ainsi l'étiquette traditionnelle ainsi que celle de Tarragone avec ses deux triangles jaunes et verts composant un losange. Pendant ce temps la production en deux lieux différents se poursuit, ce qui sera le cas jusqu'à ce que l'usine catalane ferme ses portes en 1989.

Le 21 juin 1942 à l'occasion du premier anniversaire du retour des Pères au monastère de la Grande Chartreuse, la liqueur reprend sa présentation du XIXème siècle et l'étiquette traditionnelle déposée en 1869, seules les contenances des bouteilles permettent de les distinguer.

En 1951 s'y ajoute, en dessous, la mention Chartreuse dans un cadre noir, et pour la première fois la liqueur est officiellement dénommée de la sorte.

A partir de 1956, un cadre bleu entoure l'étiquette de 1869 que surplombe la mention 'Chartreuse" tandis qu''en dessous on peut lire "FABRIQUÉE PAR LES PÈRES CHARTREUX". (photo)

Enfin, en 1964, l'étiquette est désormais en aluminium et elle se rapproche de celle que nous connaissons aujourd'hui...

[Cette article fait suite à un premier poste sur l'étiquette de 1869.]

vendredi 18 juin 2010

Chartreuse - l'épiscopale

Une épiscopale est un mélange de chartreuses Vertes et Jaunes. «Toute la gamme des saveurs intermédiaires peut être réalisée en mêlant dans un verre les deux sortes de Chartreuse. Le mélange spécialement recommandé comprend : 1/3 de Verte, 2/3 de Jaune». Des documents publicitaires de la période de production à Fourvoirie du début des années 1930 mentionnent ainsi cette recette, qui figure aujourd'hui sur la contre étiquette. Le mélange de deux VEP constitue une Pontificale.

Un certain nombre de cuvées d'épiscopales furent commercialisées, toujours en séries limitées :

En 2000 la Chartreuse Episcopale du IIIème millénaire titrant 45° est vendue en bouteilles d'1L avec une étiquette spécifique, un sceau de cire jaune et un conditionnement de type VEP.

Deux épiscopales furent réalisées au nom du club des Fous de Chartreuse. En 2005 une première cuvée est conçue selon la traditionnelle recette 2/3 - 1/3 et titrant 45°. La contre étiquette précise : 
Cette épiscopale a été créée pour le club "Les fous de Chartreuse" de Paris, à l'occasion de sa visite aux caves de la Chartreuse le 13 juin 2005 et pour célébrer le 400ème anniversaire de la liqueur Chartreuse.
Il a été embouteillé 1000 bouteilles et jéroboams numérotés de 1 à 1000.

Suite à cette première expérience, une nouvelle cuvée est lancée en septembre 2009 avec un assemblage cette fois moitié Jaune moitié Verte, à 48°. Comme le dosage, l'étiquette change mais aussi les caractéristiques des liqueurs qui la composent puisqu'il s'agit, pour cette série limitée, de Chartreuses ayant vieillies de façon prolongée en foudre de chêne dans les caves de Voiron. Le mélange est équilibré, la qualité tend vers celle d'une VEP, cette épiscopale 2009 est remarquable.
Cette cuvée a été réalisée par les Pères Chartreux pour les 10 ans des "Fous de Chartreuse" de Paris.
Cette épiscopale d'exception est le fruit d'un assemblage de 50 % de Chartreuse Verte et de 50 % de Chartreuse Jaune, ayant vieillie longuement en foudre de chêne dans nos caves.
Mise de la cuvée en 1290 bouteilles :
   50 jéroboams numérotés de 1 à 50
   400 bouteilles litres numérotées de 51 à 450
   840 bouteilles 0,50 L numérotées de 451 à 1290
Mille mignonnettes ont été produites et des photos et témoignages concernant le lancement commercial de cette Chartreuse aux caves Bossetti à Paris figurent sur le forum La Passion du Vin...


Toute la palette des déclinaisons de dosage de l'épiscopale peut-être complétée par quelques gouttes d'élixir végétal ajoutées à même le verre...
 
Voir aussi :

vendredi 11 juin 2010

Cuvée des Meilleurs Ouvriers de France Sommeliers

Une nouvelle Liqueur au sein de la gamme
C’est à l'automne 2008 que Chartreuse diffusion dévoile la petite dernière de la gamme des liqueurs Chartreuse, nommée «Cuvée des Meilleurs Ouvriers de France sommeliers», dite la MOF. Ceci est un évènement puisque cette nouvelle Jaune est la quatrième création des moines Chartreux en trois siècles, après la Chartreuse Verte en 1764, la Chartreuse Jaune en 1838 et la liqueur du 9ème Centenaire de l’ordre en 1984. Cette Chartreuse Jaune est le fruit d’une collaboration d’un an entre les Meilleurs Ouvriers de France Sommeliers et les moines Chartreux, dont l’objectif était de créer une pièce unique. C’est chose faite !

Cuvée des MOF, histoire d’une collaboration :
L’aventure a débuté en 2007 lorsque les Meilleurs Ouvriers de France sommeliers proposent aux moines Chartreux d’élaborer une nouvelle liqueur, un « chef d’œuvre » pour reprendre leur terme. C’est avec une très grande joie que les moines acceptèrent. Un seul bémol, la recette de ce breuvage est secrète et doit le rester ! Alors comment procéder ? D’après différentes informations, les sommeliers ont fait plusieurs suggestions d’un point de vue goût, et les moines, en fonction de celles-ci, ont travaillé et proposé diverses recettes. Suite à ces propositions de recettes, les sommeliers ont donné leur avis, et l’opération s’est répéter plusieurs fois jusqu’à arriver au résultat souhaité. Après un an de travail (la prières des moines restant tout de même leur priorité), le résultat est une liqueur jaune, titrant 45 % (plus forte que ses petites sœurs), complexe en aromatique et frais en bouche.

Caractéristiques, couleur et arômes :
De couleur jaune-or avec des notes vertes, cette cuvée a l’aspect d’un nectar (car très épaisse). Elle est très fraîche en bouche et, par rapport aux autres Jaunes, elle est moins sucrée et plus complexe en arômes. Parmi ces derniers, on peut distinguer de la gentiane, du gingembre, des agrumes et du réglisse. Sa puissance en fait une liqueur très bien équilibrée entre jaune et verte. Cette nouvelle liqueur est vraiment une réussite et comme le souligne Chartreuse Diffusion "Le résultat brille et va permettre (...) de répondre à une attente d’aujourd’hui, singulière, identitaire : se retrouver autour d’un produit extrêmement typé, à la fois titré et moelleux, une liqueur nerveuse, toute en fraîcheur, suffisamment complexe en aromatiques pour assurer de la puissance en bouche, sans rien perdre de la race à laquelle elle appartient."

Plusieurs inconnues subsistent...
Concernant ce nouveau produit, plusieurs questions demeurent sans réponses. On peut notamment se demander combien de bouteilles nos bons moines ont-ils prévus de produire chaque année ? Comment cette nouvelle jaune va t-elle évoluer au cours du temps ? Enfin la MOF va-elle-être pérennisée au sein de la gamme Chartreuse ?
A ces questions nous n'avons à ce jour aucune réponse. Le tirage de cette liqueur est inconnu, nous ne savons pas quelles quantités en sont produites. Pour ce qui est du vieillissement, il faut d'ores et déjà mettre de côté quelques bouteilles afin d'en déguster au bout de 3, de 5 et de 10 ans, voire plus. Une chose est sûre, c'est que le temps devrait bonifier ce joyau, notamment grâce à ces 45 % qui devraient renforcer l'équilibre des arômes. En conclusion, mettez rapidement quelques bouteilles en cave !

Liens :
  - La page de présentation de la cuvée des MOF sur le site officiel :
http://www.chartreuse.fr/pa_reine_des_liqueurs.htm
  - Vidéo d'une dégustation pour le lancement de la nouvelle Chartreuse le 17 novembre 2008 à Voiron :



[Cet article a été rédigé par Vin's, qu'il en soit vivement remercié !]

jeudi 3 juin 2010

Chartreuse - l'étiquette de 1869 et ses symboles

L'étiquette de la chartreuse mentionne en son coin inférieur droit "déposé 01.07.69" en référence à la seconde version de l'étiquette, qui fit l'objet d'un dépôt au XIXème siècle, et qui est depuis devenue l'un des symboles à part entière de la liqueur des pères chartreux.

C'est l'étiquette de référence, à plus d'un titre, puisqu'il s'agit d'une de ses premières versions et qu'elle va pour la première fois rassembler un certain nombre de symboles et de signes distinctifs qui vont constituer l'identité de la chartreuse en tant que produit. En outre cette monture déposée en 1869 va être déclinée sur tous les modèles suivants, servant ainsi de base et créant une unité au fil de l'histoire de la liqueur des pères chartreux, de son conditionnement et de son identité visuelle.

Cette évolution fut en partie dictée par le nombre croissant de contrefaçons (quelques exemples figurent dans une des vitrines des caves de Voiron) dans un contexte d'essor commercial remarquable ("la Reine des liqueurs" au XIXème siècle) et d'émergence des législations protègeant la propriété industrielle.

L'étiquette dite de 1869 découle d'une version antérieure et les armes de l'ordre chartreux, notamment le globe crucifère (globe surmonté d'une croix) et les sept étoiles figrent directement sur certaines vieilles bouteilles, en relief ou sablées :
« La devise informelle de l'ordre des Chartreux, apparue tardivement, est « Stat Crux dum volvitur orbis » (La terre tourne mais la croix demeure). Elle n'a aucun caractère officiel.
Le blason de l’ordre, attesté dans des documents dès le XIIIe siècle, est beaucoup plus ancien que la devise. Il comporte un globe surmonté d’une croix entourée de sept étoiles. Par humilité, les étoiles sont parfois placées sous le globe. Elles symbolisent Bruno et ses 6 compagnons dont l’arrivée à Grenoble fut annoncée par un songe prémonitoire où l’évêque saint Hugues rapporte avoir vu sept étoiles. (source : wikipedia) »
Les caractéristiques de l'étiquette de 1869 :
   - mention "LIQUEUR FABRIQUÉE A LA GRANDE CHARTREUSE"
   - signature "L. Garnier" avec globe, à droite et à gauche
   - papier filigrané au motif des armes du couvent et du nom "L. GARNIER"
   - bordure perlée
   - date du dépôt ("déposé 01.07.69"), en bas à gauche
   - mention "Lith Allier Grenoble", en bas à droite


mardi 25 mai 2010

Chartreuse Tarragone la "Sinfonia de plantas" - publicités et bouteilles

"Sinfonia des plantas", la symphonie des plantes, ce slogan publicitaire pour la chartreuse de Tarragone du début des années soixantes désigne par extension le type de bouteilles caractéristiques de l'époque, que l'on appelle aussi parfois la "seisenta".





mercredi 19 mai 2010

Chartreuses anciennes et vieilles bouteilles

Des vertus du vieillissement sur la qualité des liqueurs
Une des spécificités des liqueurs des pères chartreux réside dans le fait qu'elles se bonifient avec le temps, si bien que l'on peut considérer ce dernier comme un ingrédient à part entière de la chartreuse et de son excellence. Dès le 19ème siècle certaines étiquettes précisent que "l'âge augmente considérablement la qualité de la liqueur de la Grande Chartreuse".

Si la chartreuse connaît durant son élaboration un premier vieillissement en fûts de chêne centenaires au cours duquel la liqueur acquiert certaines de ses qualités, une de ses spécificités est que cette évolution va se poursuivre en bouteille. En règle générale, liqueurs et spiritueux une fois conditionnés n'évoluent que très peu ou pas du tout du fait de leur degré d'alcool, ce n'est pas le cas de la chartreuse qui par la richesse et de la complexité de sa recette (process à base de 130 herbes et plantes, qualité des liqueurs sélectionnées) va poursuivre son évolution quoiqu'embouteillée et se bonifier.

En effet au fil du temps la liqueur travaille et gagne en finesse, le brûlant de l'alcool s'estompe tandis que ressortent davantage des arômes secondaires plus subtils. Les jaunes, plus recherchées de ce fait, évoluent plus rapidement et de façon plus notoire, une forme de patine se développant au terme d'une quinzaine d'années. Cette évolution est moins prononcée et plus lente pour la liqueur verte à cause de ses 55°.
Une bonne illustration de l'influence du temps consiste à comparer une liqueur de base à une chartreuse VEP (Vieillissement Exceptionnellement Prolongé (en fût)), si bien que cela se passe de commentaire tant la différence est éloquente.


Les vieilles bouteilles...
En conséquence, les bouteilles anciennes sont les plus recherchées des amateurs et des collectionneurs, mais aussi des spéculateurs. Sous réserve d'une conservation adéquate et d'une bouteille non gâtée (bouchon endommagé, évaporation...), la qualité d'une vieille chartreuse est potentiellement proportionnelle à son âge.

Les conditions de conservations sont primordiales puisque elles déterminent l'évolution de la liqueur : du fait de son histoire chaque bouteille au-delà d'un certain âge est potentiellement unique.
Ceux qui ont eu la chance d'en déguster sont formels : les vieilles chartreuse représentent le summum de ces liqueurs en terme de qualité et cela constitue une expérience unique.

La datation des bouteilles se fait en fonction de la combinaison des éléments suivants :
- l'étiquette, avec plusieurs variantes et déclinaisons selon les périodes
- la forme et la contenance de la bouteille
- le type de bouchon / capsule, courte ou longue, et sa couleur
- la cartouche, relief globe crucifère dans un carré quadrilobé ou sceau ovale
- le degré alcoolique sur l'étiquette, éventuellement absent ou en surcharge rouge ou noire...

De fait de leur age, de leur rareté et de leur caractère convoité les vieilles bouteilles peuvent atteindre un cours très élevé, aux enchères ou chez des cavistes, il suffit de surveiller quelques exemplaires mis en vente sur ebay pour s'en rendre compte. Il n'est d'ailleurs pas rare de voir certaines chartreuses antérieures aux années 1940 atteindre des prix parfois bien supérieurs au millier d'euro...

lundi 10 mai 2010

Cuvées commémoratives de 2003 à 2005

Il s'agit de chartreuses exceptionnelles produites en quantités limitées à l'occasion de fêtes et de commémorations célébrées entre 2003 (centenaire de l'installation à Tarragone) et 2005 (quatre centième anniversaire de la remise du précieux manuscrit aux chartreux). Ces éditions limitées sont bien entendu d'ores et déjà épuisées et font l'objet de la convoitise des amateurs et collectionneurs jusqu'aux spéculateurs vus les cours atteints par ces bouteilles seulement quelques années après leur commercialisation.

2003 - Bouteille commémorative de l'arrivée des pères chartreux à Tarragone

Une chartreuse, jaune uniquement, titrant à 42° et d'un tirage limité à deux fois 3000 exemplaires, respectivement pour les marchés français et espagnols. Il s'agit d'une cuvée remarquable, voire exceptionnelle, tant en terme de qualité que d'aptitude au vieillissement.
"Superbe robe jaune or aux reflets verts, ce n'est pas la plus lumineuse, mais elle est surement plus nuancée que la voiron classique. La palette aromatique est complexe, elle se définit par des nuances" épicées, curry, safran, gingembre, citronnelle, le coté génépi ressort à l'aération. L'harmonie des saveurs est totale, impressionnante malgré sa jeunesse. Les saveurs mielleuses et réglissées donnent une dimension et une persistance supplémentaire. Cette liqueur commémorative, élaborée façon Tarragone est une vraie merveille, c'est une des plus belles cuvées spéciales élabores à Voiron."
Une dégustation commentée par Olivier Poussier
Extrait de La revue du vin de France, dossier spécial "La chartreuse a 400 ans", septembre 2004 

2004 - Liqueur vieillie à Tarragone
 A l'occasion de la Santa Tecla, l'édition 2004 consiste en une cuvée exceptionnellement vieillie en fûts de chêne à Tarragone, tant pour en célébrer la ville et son rapport privilégié avec les pères chartreux que pour mettre en exergue les différences en terme de vieillissement et, par comparaison avec leur homologues de Voiron, mesurer son impact sur les caractéristiques des liqueurs.
Tout d'abord les conditions de vieillissement à Tarragone diffèrent de façon notoire avec celles des caves de Voiron en terme de température et d'hydrométrie : les amplitudes en sont beaucoup plus prononcées en Espagne où les fûts étaient conservés dans un entrepôt par comparaison aux caves de Voiron.
Parallèlement à l'expédition des fûts de la Tecla 2004 à destination de Catalogne des spécimens servant d'étalon furent mis en vieillissement en Isère. Au terme de comparaisons le verdict fut sans appel : les conditions de vieillissement s'étaient répercutées sur les liqueurs et l'environnement spécifique de Tarragone se traduit par une évolution plus rapide des liqueurs, décelable après environ 2 ans.
La cuvée 2004 se compose de deux séries limitées : une verte (785 bouteilles) et une jaune (4000 bouteilles, numérotées de 786 à 4786).




2005 – Cuvées 1605 - 2005

Il s'agit de cuvées spéciales commercialisées pour commémorer les 400 ans de la remise du manuscrit de la mystérieuse recette de l'Elixir de longue vie aux Chartreux par le maréchal d'Estrée.
1605 Verte - Liqueur d'Elixir des pères chartreux
Titrant à 56°, la 1605 verte ou "liqueur d'élixir" a comme son nom l'indique un gout qui se rapproche de celui de l'Elixir et "elle emprunte à la fabrication de l'époque, une impétuosité racée que les amateurs d'authentique seront très surpris de retrouver".

1605 Jaune - Cuvée réservée à Tarragone pour le 400ème anniversaire de la liqueur (43°)

Quid des prochaines cuvées commémoratives ? Faudra-t-il attendre 2014 et célébrer les 250 ans de la liqueur verte ?

samedi 1 mai 2010

Chartreuse et les fêtes de la Santa Tecla à Tarragone

Lieu de production de chartreuse de 1903 à 1989, Tarragone et la liqueur de la Chartreuse ont développé une histoire commune et une relation toute particulière et c'est pour la célébrer que depuis 1999 les Pères Chartreux participent aux festivités de la Santa Tecla qui ont lieu dans la ville catalane tous les ans au mois de septembre. Santa Tecla, Sainte Thècle, est la patrone de Tarragone, la cathédrale et les festivités annuelles de la ville lui sont dédiées.


Cette participation prend la forme d'un partenariat puisque chaque année est produitee une série limitée de Chartreuses Jaune et Verte, arborant une contre étiquette aux couleurs des festivités (affiche officielle). Ces bouteilles font le bonheur des collectionneurs du fait de leur nombre restreint (en 2009, 4000 exemplaires de jaune et 600 de verte) mais aussi des amateurs puisque dixit l'un d'entre eux "il y a toujours un petit plus dans la Tecla".

Boisson officielle de la Santa Tecla, la chartreuse rentre de la composition de la mamadeta, le breuvage traditionnel qui accompagne ces festivités ; il se compose d'1/10 de chartreuse verte et d'1/10 de jaune, le tout complété de limonade.


Parmi les éditions de Tecla depuis 1999, certaines sortent du lot :
En 2003, la Tecla est remplacée par une cuvée "1903-2003" commémorative du centenaire de l'installation des pères Chartreux à Tarragone.
En 2004, les cuvées destinées aux fêtes de la Tecla furent vieillies en futs à Tarragone, tant pour célébrer la ville que pour mettre en exergue l'influence des conditions spécifiques de vieillissements en Espagne.
En 2005, deux cuvées spéciales commémorent les 400 ans de la remise du manuscrit par le Maréchal d'Estrée ; il s'agit des cuvée de 1605 Verte (liqueur d'elixir, 56°) et 1605 Jaune (cuvée réservée à Tarragone, 43°).
En 2009 le titrage de la Jaune remonte à 43°, comme c'était le cas avant 1973, et il semble que ce soit désormais systématisé aux prochaines Tecla Jaune.

Les prochaines festivités : du 13 sept. 2010 au 23 sept. 2010
Fêtes de Santa Tecla, Tarragone
Les géants, la musique, le feu et les traditions populaires.
Cette fête évoque quelques-unes des coutumes les plus enracinées de Catalogne. Durant ces jours de fête, les rues et les places de Tarragone sont noires de monde. Le Cortège populaire en est l’événement central : à cette occasion, des grosses têtes et des figurants défilent au son d’une musique exécutée sur des instruments traditionnels. Le Correfoc, ou le « court-feu » est un autre spectacle qui suscite un grand engouement et qui met un point final à la fête. On y voit les participants courir et sauter au-dessus de personnages déguisés en diables et en dragons et transportant du feu. Les castellers, ou châteaux humains, sont un autre moment très attendu. Les châteaux peuvent atteindre une hauteur correspondant à un immeuble de neuf étages.
(lien)

jeudi 29 avril 2010

Vos remarques, anecdotes et photos

Ce poste est dédié aux interventions des lecteurs du blog. N'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires, questions, remarques au sujet de la Chartreuse, particulièrement en ce qui concerne vos témoignages, anecdotes et autres récits de dégustations...

A vos plumes !

PS : Si vous avez des photos envoyez les moi, je les posterai ici.

Photo soumise par Vin's (commentaire n°1):

mercredi 28 avril 2010

Chartreuse dans la littérature

Léon Bloy, Le désespéré
"Le surlendemain, Marchenoir commençait à pied l'ascension du Désert de la Grande-Chartreuse. Lorsqu'il eut franchi ce qu'on appelle l'entrée de Fourvoirie, rainure imperceptible entre deux rocs monstrueux, au-delà desquels la vie moderne paraît brusquement s'interrompre, une sorte de paix joyeuse fondit sur lui. Il allait enfin savoir à quoi s'en tenir sur cette Maison fameuse dans la Chrétienté, -- si bêtement entrevue, de nos jours, à travers les fumées de l'alcoolisme démocratique, -- ruche alpestre des plus sublimes ouvriers de la prière, de ceux-là qu'un vieil écrivain comparaît aux Brûlants des cieux et qu'il appelait, pour cette raison, les "Séraphins de l'Église militante !"
Les gens badigeonnés d'une légère couche de christianisme qui veulent que les pèlerinages soient commodes, affirment sous serment que le monastère est inaccessible dans la saison des neiges. L'effet heureux de ce préjugé est une restitution périodique de l'antique solitude cartusienne tant désirée par saint Bruno pour ses religieux !
L'énorme affluence des voyageurs, dans ce qu'on est convenu d'appeler la belle saison, doit être, pour les solitaires, une bien pesante importunité. La foi du plus grand nombre de ces curieux n'aurait certainement pas la force évangélique qui fait bondir les montagnes, et beaucoup viennent et s'en vont qui n'ont pas d'autre bagage spirituel que le très sot journal d'un touriste sans ingénuité. N'importe ! ils sont reçus comme s'ils tombaient du ciel, aérolithes mondains de peu de fulgurance, qui ne déconcertent jamais l'accueillante résignation de ces moines hospitaliers
La Grande-Chartreuse doit donc être visitée en hiver par tous ceux qui veulent se faire une exacte idée de cette merveilleuse combinaison de la vie érémitique et de la vie commune qui caractérise essentiellement l'Ordre cartusien, et dont la triomphante expérience accomplit, tout à l'heure, son huitième siècle.
Fondée en 1084, la famille de saint Bruno, -- rouvre glorieux qui couvrit le monde chrétien de sa puissante frondaison, -- seule entre toutes les familles religieuses, a mérité ce témoignage de la Papauté : "Cartusia nunquam reformata, quia nunquam deformata, l'ordre des Chartreux, ne s'étant point déformé, n'a jamais eu besoin d'être réformé."
Dans un siècle aussi jeté que le nôtre aux lamproies ou aux murènes de la définitive anarchie qui menace de faire ripaille du monde, il est au moins intéressant de contempler cet unique monument du passé chrétien de l'Europe, resté debout et intact, sans ébranlement et sans macule, dans le milieu du torrent des siècles."
Texte en ligne

J.K. Huysmans, A rebours
"La similitude se prolongeait encore : des relations de tons existaient dans la musique des liqueurs; ainsi pour ne citer qu'une note, la bénédictine figure, pour ainsi dire, le ton mineur de ce ton majeur des alcools que les partitions commerciales désignent sous le signe de chartreuse verte. "

Léon Daudet, Salons et journaux - souvenirs des milieux politiques, littéraires, artistiques et médicaux de 1880 à 1908
De temps en temps, trop rarement à mon gré, on apercevait, chez Foemina, le psychologue Antoine Bibesco. C'est un des plus amusants numéros que j'aie rencontrés. Ce grand garçon voûté, barbu, tenance, au visage plissé, qui semble ridé, s'approchait de vous et vous interrogais : "Quel age avez-vous ? Depuis combien de tempsfaîtes-vous de la littérature ?... Quand vous réfléchissez, voyez-vous un abîme à gauche, comme Pascal, ou une boule de feu comme Newton ?... Quel est le chiffre de vos revenus ?... Avez-vous une saveur amère dans la bouche, lorsque vous dites coloquinte ?... Quel était le prénom de votre bisaïeul ?... Préférez-vous la chartreuse ou la bénédictine?" On m'assure que, des notions ainsi recueillies, Antoine Bibesco - les plus inquisitorial des incohatifs - constitue des sortes de table baconniennes, d'où il extrait des lois de l'esprit."